"Les violences patriarcales ne s'arrêtent pas" : à Tours, des collages virtuels pour les droits des femmes

Le confinement n'a pas mis sur pause l'action militante du collectif "Collages féministes Tours". Après s'être adapté au confinement, le groupe qui lutte pour la visibilisation des luttes féministes prépare la suite.

Les collages virtuels réalisés par les militantes de Tours.
Les collages virtuels réalisés par les militantes de Tours. © Collages Féministes Tours
Et si, en passant Place Plume, vous aviez découvert au fronton d'un bar un grand message : "Etat passif, tueurs actifs" ? Un collectif tourangeau l'a fait, du moins virtuellement. Depuis plusieurs mois, le groupe "Collages féministes Tours" sillonne la ville pour apposer ses messages au papier et à la colle, et visibiliser la lutte pour le droit des femmes. Une initiative de sensibilisation stoppée nette par l'annonce du confinement.


"Même confinées, vous n'êtes pas seules"


"On s'est adaptées à la situation en utilisant les réseaux sociaux, explique Malia*, membre du collectif.  L'objectif de ces collages virtuels, c'est de montrer que notre combat ne s'est pas arrêté pendant le confinement, parce que les violences patriarcales ne s'arrêtent pas non plus. On a fait un collage sur le tramway de Tours avec un slogan : "Même confinées, vous n'êtes pas seules" Cette femme enterrée près d'un terril, dans le nord. Cette jeune femme poignardée 72 fois. Cette autre, percutée en voiture par son conjoint. Depuis janvier 2020, déjà 33 femmes sont mortes, tuées par leur compagnon ou ex-compagnon, dont "14 pendant le confinement", rappelle Malia*.

Autre message d'alerte, un "Mon corps, mes choix", virtuellement collé sur le pont Wilson, pour rappeler l'importance du droit à l'avortement, en recul pendant le confinement. "On essaie d'utiliser nos réseaux sociaux pour informer et soutenir ces personnes, qui se sont retrouvées sans accès aux professionnels ou aux brochures, parfois sans accès à internet, avec des numéros d'information souvent surchargés" confirme Malia*.

Le retour au terrain


La solution virtuelle a triplement porté ses fruits. En plus de la continuité de leur action, les féministes tourangelles ont assuré leur audience et plus encore, une pérennité. "Les réseaux sociaux permettent d'avoir des traces indélébiles de nos collages. Dans la rue, à Tours, ils ne restent pas longtemps. Il arrive qu'on passe coller, et que sur le chemin du retour, ce soit déjà arraché par un passant. Sinon, ce sont les services de la ville qui les décollent en début de matinée".

Pourtant, dès le 11 mai au soir, les messages au papier et à la colle ont repris du service, en petits groupes. Dans les prochaines semaines, le collectif organisera aussi dans sa ville une action destinée aux victimes de violences sexuelles. "Le but, ce sera de tordre le cou aux stéréotypes sur le viol" annonce Malia*. Une manifestation inspirée des féministes chiliennes, spécialistes de la "manifestation statique", et dont les images ont fait le tour du monde. 

 
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