Indre : ces maires qui ont choisi de ne pas attendre pour vacciner les enseignants contre le Covid-19

Alors que le gouvernement annonçait que les enseignants seraient vaccinés contre le Covid-19 mi-avril, Emmanuel Macron aurait laissé entendre qu'ils devraient patienter mi-juin comme les moins de 50 ans. Dans l'Indre, des maires ont choisi de ne plus attendre pour ne pas jeter de doses. 

Image d'illustration de vaccination
Image d'illustration de vaccination © Céline Durchon - FranceTV

L’essentiel est de ne pas jeter des doses de vaccin, c’est tout ce qui compte 

Alexis Rousseu-Jouhennet, maire de Levroux dans l'Indre

Une liste de réserve d’urgence pour ne pas jeter la 7ème dose

Alexis Rousseau-Jouhennet est le maire la commune de Levroux : 3000 habitants, deux écoles et un collège soit environ 70 enseignants. Depuis bientôt deux semaines, les personnels encore non prioritaires comme les enseignants, agents de la collectivité, élus et commerçants, tous ceux dont la profession exige un contact avec le public peuvent s'inscrire sur une liste de réserve d'urgence. 

"Quand nous avons des doses qui nous restent, la fameuse septième dose, on appelle les gens inscrits sur la liste de réserve d'urgence et ils sont là dans les trente minutes. On part de la personne la plus âgée à la plus jeune. On respecte bien les critères d’âge du gouvernement. Mais ce serait idiot de jeter ces doses parce que ces gens ont moins de 75 ans*", explique le maire de Levroux.

En un peu moins de deux semaines, 70 personnes ont été vaccinées grâce à ces doses supplémentaires. 

A la question, "Connaissez-vous d'autres maires qui font la même chose que vous ?" Alexis Rousseau-Jouhennet répond : " On le fait à peu près tous. Dans les centres de vaccination, il y a plus ou moins d'adaptation au cas par cas". 

*Depuis le 27 mars 2021, se sont ajoutés les citoyens âgés de 70 à 74 ans autorisés à être vaccinés. 

►Au départ, cinq doses de vaccin pouvaient être prélevées dans le flacon livré par Pfizer/BioNtech. Mais le 8 janvier 2021, l’Agence européenne du médicament (EMA), a estimé qu’il était finalement possible d’extraire six doses. Puis, le 22 février dernier, une pharmacienne a révélé que sept doses étaient potentiellement prélevables. Un constat largement partagé par de nombreux médecins et pharmaciens dans les centres de vaccination. 

A Villedieu-sur-Indre, enseignants, assistantes maternelles et personnels municipaux au contact des enfants peuvent prendre rendez-vous

A Villedieu-sur-Indre, l’objectif est le même qu'à Levroux mais la méthode diffère.

Xavier Elbaz, le maire de la commune, a décidé il y a trois semaines en accord avec le médecin-chef du centre de vaccination d’accorder des rendez-vous aux enseignants et à tous ceux qui sont en contact avec les enfants dans leur profession : personnels municipaux, ATSEM, AESH, personnels de crèches...

Cela représente 42 personnes. 29 d'entre elles sont volontaires pour se faire vacciner. 

" Cela paraît être du bon sens surtout quand on voit que les deux tiers des pays de l’OCDE ont décidé de vacciner leurs enseignants de façon prioritaire."

Sur les 13 enseignants que compte la commune, 11 ont pris rendez-vous.

Un "jeu" permanent pour ne perdre aucune dose

Le médecin généraliste qui dirige le centre de vaccination de Villedieu-sur-Indre explique comment il procède pour anticiper le nombre de doses disponibles afin de donner des rendez-vous supplémentaires :

" Sur dix flacons, on suppose qu'on va avoir dix doses supplémentaires, une par flacon. Les cinq premières personnes en plus sont mises en surbooking sur Doctolib et ces gens sont prévenus que leur rendez-vous peut être annulé. Ensuite si il y a encore cinq doses supplémentaires, on appelle des gens qui peuvent être hors critères mais qui peuvent se déplacer rapidement."

Pour le Dr Benoît Le Gargasson, la méthode est assez fiable surtout depuis qu'ils utilisent toujours les mêmes aiguilles. 

Les personnes de plus 70 ans qui peuvent être vaccinées ont presque toutes reçu leur première injection : " Je suis content parce qu'on vaccine bien et vite. On a bien avancé sur nos patients les plus à risques. Il ne reste que quelques personnes de plus de 70 ans à vacciner". 

Vacciner les enseignants pour assurer la continuité du service public

 Pour Xavier Elbaz, le maire de cette commune de 2800 habitants qui compte trois écoles, le fait de vacciner ces personnels est aussi une façon d’assurer la continuité du service public. Son objectif est que dans trois semaines tous les personnels volontaires en contact avec des enfants aient été vaccinés. 

"Nous avons bien vu, avant ce confinement, la multiplication des cas dans les écoles et les difficultés que cela engendre. J’ai une école qui a fermé avant le confinement parce que 10 % des enfants étaient positifs au Covid-19. Donc cette mesure est juste pour ma commune. Il faut que ceux qui s'occupent de nos enfants soient protégés."

"Le Préfet m'a tapé sur les doigts mais on continue"

Chaque semaine, le maire de Villedieu-sur-Indre rencontre le Préfet et les instances sanitaires locales.

" Bien sûr le Préfet m'a tapé sur les doigts. Il ne souhaite pas que cela prenne de l'ampleur. Il est dans son rôle quand il me dit que si on vaccine les enseignants, il faudrait aussi le faire pour les policiers et les gardiens de prison. Mais je n'ai ni commissariat ni centre pénitentiaire dans ma commune. En revanche, j'ai des écoles," se justifie l'édile. 

 

Qui peut se faire vacciner en ce moment ? 

La liste est consultable sur le site de l'assurance maladie. 

  1. Les personnes qui peuvent être vaccinées dès maintenant sont, d'une part :

 

      2. D'autre part, les professionnels du secteur de la santé et du secteur médico-social appartenant aux catégories suivantes :

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vaccins - covid-19 santé société témoignage