Indre : le secteur de la maroquinerie se porte bien et il recrute

© Pixabay
© Pixabay

Dans l'Indre, c'est actuellement le mois du cuir. Dans ce département, la maroquinerie est une tradition assez ancienne, orientée de nos jours vers l'excellence. Le secteur est très dynamique et il recrute. 

Par Isabelle Racine

Le travail du cuir, la confection et le département de L'Indre, c’est une histoire ancienne. L’Indre a une "tradition" de la confection qui remonte à la création de la Manufacture royale de draps à Châteauroux dans le courant du XVIIIème siècle devenue par la suite les usines Balsan, à qui l'on doit les fameux uniformes bleu horizon de l'armée française lors de la première Guerre mondiale.
Quant à la maroquinerie, les débuts remontent très certainement au 19ème siècle avec la mégisserie Bodin-Joyeux à Levroux créée en 1860. Ensuite, nait en 1917 la maroquinerie de l'Indre à Issoudun. Elle est rachetée par Vuitton en 1983.

Un secteur qui recrute

Le secteur est en plein essor, il recrute. Dans le département de l’Indre, la filière « textile-cuir-habillement », ce sont 50 entreprises et 2 000 salariés (chiffres 2019 de la Chambre de Commerce et d’industrie de l’Indre) qui travaillent, en autres, pour des sociétés comme les ateliers Louis Vuitton en maroquinerie de luxe, Balsan Confection pour la confection d’uniformes de prestige et vêtements d’image et Bodin Joyeux pour la mégisserie haut de gamme.

Berry Cuir Confection

La Chambre de Commerce et d’Industrie de l'Indre a lancé Berry Cuir Confection, un dispositif pour accompagner toutes les entreprises liées au travail du cuir et du textile. La filière est en plein boom et elle recrute. 500 emplois ont été créés dans ce secteur ces trois dernières années.
300 est le nombre de postes à pourvoir d’ici 2020. 
Berry Cuir Confection aide au recrutement et mène des actions de communication collective pour promouvoir ces entreprises et leur savoir-faire.

Un travail est également entrepris pour favoriser l’émergence d’une filière de valorisation de peaux dans le Berry :
► la fourniture de peaux de mouton par l’abattoir de Valençay,
► le tannage végétal des peaux par la mégisserie Rousseau de Levroux
► la fabrication de petite maroquinerie en « Cuir du Berry » par une quinzaine d’artisans de l’Indre et du Cher.

«L’ambition est de valoriser des ressources locales, et des savoir-faire des entreprises et artisans de l’Indre et du Cher, auprès des jeunes et du public pour que ces derniers intègrent les perspectives de développement des secteurs concernés et aient envie d’y travailler». Claude Unterhalt, conseiller à la CCI de l’Indre.

Près de quarante entreprises interviennent dans les secteurs de la mégisserie, de la maroquinerie, de la confection et du textile dans le département. Les principales sont positionnées sur le segment du haut de gamme et du luxe : Vuitton, Bodin Joyeux, Rioland, Charvet… Ces activités professionnelles connaissent par ailleurs une production très diversifiée qui se décline en de nombreuses spécialités : maroquiniers, relieurs, chapeliers, fabricants de pantoufles, créateurs de vêtements.

Les principaux employeurs de la filière mégisserie - maroquinerie :

Louis Vuitton (Condé / Issoudun, 491 salariés) : Fabricant de produits de maroquinerie de luxe pour le marché mondial.
21 500 collaborateurs - 460 magasins dans plus de 60 pays.
Plus de 20 unités de production et de développement dans le monde dont deux dans l’Indre.

Bodin Joyeux (Levroux, 85 salariés) : mégisserie très haut de gamme destinée à l’industrie mondiale de luxe (confection de vêtements, gants, chaussures et maroquinerie).
Produits : agneau plongé, agneau velours ; agneau végétal, parchemin.

SAMB : fabrication d’articles de maroquinerie de luxe 202 salariés.
Maroquinerie Rioland : fabrication d’articles de grande et de moyenne maroquinerie. 137 salariés
Bodin Joyeux : mégisserie très haut de gamme. 85 salariés
Lucay Maroquinerie : fabrication de ceintures, bijoux et accessoires en cuir. 82 salariés
Les maroquineries du Haut-Berry : fabrication d’articles de maroquinerie. 70 salariés
Maroquinerie Hanna : fabrication de maroquinerie de luxe. 56 salariés
Guyard Chesneau et cie : tannerie, mégisserie. 26 salariés
L'atelier castelroussin : fabrication d’articles de maroquinerie. 19 salariés
IJM Maroquinerie : fabrication d’articles de maroquinerie. 19 salariés
Mégisserie Jullien : mégisserie. 18 salariés
Mégisserie Rousseau : fabrication d’ameublement, fauteuils club, gainerie, maroquinerie et d’orthopédie (doublure de chaussures). 14 salariés Sereniseat : fabrication d’articles de maroquinerie (secteur paramédical, aéronautique, automobile,…). 13 salariés
 

 

Rioland, une histoire de famille

Depuis plus de 80 ans, l’entreprise de production maroquinière Rioland développe une tradition d’une fabrication de qualité qui lui permet d’être un maroquinier reconnu et en fait un sous-traitant proposant un artisanat de haute qualité pour les grandes marques françaises. Avec 5 sites, le groupe Rioland est un poids-lourd du secteur.
Rioland, une affaire familiale : l’histoire commence dans les années 30. Narcisse Rioland fonde un atelier de bourrellerie. Achille, son fils, développe l’activité de fabrication de ceintures. Il lance sa propre marque de sacs à main. Les collections de la maroquinerie Rioland sont alors distribuées dans les plus belles boutiques de France  explique Jean-François Rioland, dirigeant, qui a repris avec Dominique, son frère, l’entreprise familiale. Différents produits maroquiniers comme les sacs, la petite maroquinerie, les bagages y sont fabriqués avec un haut niveau d’exigence. Une production qui nécessite un long et patient travail manufacturier sur les matières associées à ces produits (cuirs et peaux exotiques, textiles, tissus techniques). Le métier de maroquinier, issu d’une ancienne tradition de savoir-faire français de haute qualité, s’est adapté aux nouvelles exigences de technicité et de créativité.

Sur le même sujet

Réaction de Marc Sarreau après sa victoire sur le Tour de Vendée

Les + Lus