Les scènes des musiques actuelles vent debout contre les concerts assis

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Depuis le 27 décembre, les concerts debout ne sont plus autorisés. Au détriment des scènes actuelles qui doivent reporter des dates sinon les annuler. Une pétition vient d’être lancée pour réclamer le retour à la normale.

La pétition, initiée par la fédération des scènes des musiques actuelles (Fedelima), et largement relayée par les programmateurs, a recueilli plus de 10 000 signatures en quelques jours.

"Les concerts assis, ça ne tient toujours pas debout"

Depuis bientôt un mois, les concerts peuvent se tenir en présence de spectateurs "assis". Une solution au rabais qui oblige les scènes à reporter des concerts sinon à les annuler. Le Bâteau ivre à Tours a fermé ses portes pour au moins trois semaines estimant la situation intenable économiquement.

À Orléans, l’Astrolabe maintient le concert de Malik Djoudi le 27 janvier mais reporte celui de La Rue Ketanou et de Jok’air.


couter assis la musique festive de la Rue Ketanou, ou du hip hop, n’a pas de sens" explique Mathieu Duffaud, programmateur à l’Astrolabe. "Organiser un concert nécessite beaucoup de préparation à l’avance avec le producteur, l’équipe technique, les musiciens, nous ne voulons pas leur faire perdre leur temps".

D’autant que la jauge de spectateurs se réduit à peau de chagrin avec les nouvelles restrictions. La scène des musiques actuelles orléanaise doit se contenter de 160 places assises au lieu des 580 "debout", "staff compris", mettant en péril l’équilibre budgétaire.

En Indre-et-Loire, la scène du Temps Machine a tout bonnement annulé le festival "Allotropiques" qui devait se tenir en février.

 

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Le Temps machine

Navigation en eaux-troubles

L’interdiction d’assister aux concerts debout vaut jusqu’au 24 janvier. Et après ? Le ministère de la Culture s’est abstenu de répondre à cette question qui lui a été posée cette semaine à l’issu d’une réunion avec la fédération des musiques actuelles.

"Nous proposons d'assister aux concerts debout - masqués" avance Mathieu Duffaud. "Dans tous les secteurs, le maintien de l’activité est la priorité du gouvernement. Dans les transports en commun, les supermarchés, la proximité est tolérée, pourquoi elle ne l'est pas pour les concerts ?"

Ereintés par plusieurs épisodes de confinement et de couvre-feu, les programmateurs de salles de musiques actuelles, réclament – "d’urgence"  le retour à la normale. Mais plus encore : de la visibilité.