Affaire Sauvage : les associations de défense des femmes répondent à la lettre du procureur de Blois

Jacqueline Sauvage a pris pour la première fois la parole publiquement sur France 2, vendredi soir. / © FTV
Jacqueline Sauvage a pris pour la première fois la parole publiquement sur France 2, vendredi soir. / © FTV

Dans une tribune publiée dans Le Monde samedi dernier, le collectif national pour le droit des femmes et l’instigatrice de la pétition pour la grâce de Jacqueline Sauvage répondent au procureur de Blois, Frédéric Chevallier. La tribune n'est pas accessible aux non-abonnés. 
 

Par Juliette Roché

« Monsieur l’avocat général, vous n’avez pas compris le ressort des violences conjugales », voilà le titre de la tribune. Il résume le propos de Karine Plassard, initiatrice de la pétition pour la grâce de Jacqueline Sauvage, et de Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes. Lundi 1er octobre, l’avocat général lors du procès de Jacqueline Sauvage, Frédéric Chevallier, avait adressé une lettre au journal Le Monde soulignant la complexité du dossier et la personnalité de l’accusée. Après la réaction des avocates de Jacqueline Sauvage, c'est au tour des militantes féministes.
 


Karine Plassard et Suzy Rojtman dénoncent les arguments et le portrait que dresse le procureur de Blois de l'accusée.

« Vos propos sous-tendent que pour être une victime acceptable, il faudrait être une femme totalement soumise. Vos mots sont très culpabilisants pour les femmes qui vivent en ce moment des violences de la part de leur conjoint, les faisant passer pour des incapables à réagir. »


Les deux militantes féministes expliquent aussi que la violence conjugale est insidieuse. Une violence qui fonctionne par cycle et qui s’inscrit dans un quotidien difficile à fuir.
« Avoir du caractère ne protège ni des coups ni de l’emprise », précisent-elles. Jacqueline Sauvage a connu l’enfer selon Karine Plassard et Suzy Rojtman. Une situation de souffrance où l’accumulation des brimades a été très peu prise en compte lors du procès.  


« La justice ne juge que sur le crime ou le délit à propos duquel on a porté plainte. Le contexte global n’est souvent pas du tout pris en compte, […]»

Des solutions pourraient voir le jour. Ici, elles ne défendent pas la proposition de loi sur la légitime défense différée, voyant la possibilité d’amener les femmes « à faire justice [elles]-même[s]. »
Karine Plassard et Suzy Rojtman proposent de prendre le sujet des violences faites aux femmes à la base. Plus de prévention, plus de places en centre d’hébergement pour femmes battues et une meilleure application de l’ordonnance de protection des femmes victimes de violence conjugale et de mariage forcé.

Elles voudraient cependant qu’un « délit spécifique de violences conjugales » voit le jour. Une dénomination pour englober tout type de violences conjugales (physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, administratives) et qui créerait un historique sur six ans de ce genre de violences. Et de conclure cette tribune en soulignant la difficulté de porter plainte encore aujourd’hui en cas de violences conjugales.


« La société a été bouleversée par la parole prise avec les mouvements #metoo, #balancetonporc. Mais à l’heure actuelle, la justice, dans sa grande majorité, reste hermétique et n’est pas apte à entendre. »

A lire aussi

Sur le même sujet

Réaction de Marc Sarreau après sa victoire sur le Tour de Vendée

Les + Lus