Blois : le mannequin Jérémy Bellet décoré de la médaille des Arts et de la Culture pour son court-métrage

Le mannequin originaire de Blois, Jérémy Bellet a reçu la médaille des Arts et de la Culture internationale le jour de la sortie digitale de son court métrage "Un dernier souffle". Avec Fiona Gélin et Pascal Soetens dit "Le grand frère", le film dénonce toutes les formes de discrimination.  

Jérémy Bellet avec l'équipe du court-métrage "Un dernier souffle" lors de la remise de la médaille d'argent des Arts et de la Culture internationale à Paris le 3 avril 2021.
Jérémy Bellet avec l'équipe du court-métrage "Un dernier souffle" lors de la remise de la médaille d'argent des Arts et de la Culture internationale à Paris le 3 avril 2021. © Jérémy Bellet

Si grâce à cette médaille, le film et mon combat peuvent rayonner encore plus, c'est formidable.

Jérémy Bellet, réalisateur de "Un dernier souffle"

Depuis ses années lycée, Jérémy Bellet utilise sa notoriété afin de lutter contre les discriminations et le harcèlement. Sa dernière réalisation est un court-métrage "Un dernier souffle", avec Fiona Gélin et Pascal Soetens dans lequel les deux comédiens confient leurs souffrances.

Fiona Gélin raconte son sentiment de honte lorsqu'elle était victime de violences conjugales et Pascal Soetens, connu sous le nom de Pascal le Grand frère, témoigne du harcèlement qu'il a subi plus jeune, alors qu'il était plus petit que les autres.

"C'est un film entre réalité et fiction qui raconte l'histoire d'un jeune homme agressé parce qu'il était différent. Avant de mourir, il va raconter à une écrivaine son histoire", résume Jérémy Bellet.

Il le dit lui-même : "Je ne suis pas un réalisateur. Je n'ai pas été récompensé pour la qualité de mon film, mais pour souligner mon combat, mon engagement et le message que j'ai voulu faire passer dans ce film. Trop de jeunes souffrent encore de discriminations et de harcèlement scolaire. Et les conséquences sont terribles. Cela concerne tout le monde. Il faut que cela cesse." 

Récompensé pour son engagement contre les discriminations et le harcèlement

C’est au cours d’une présentation presse que le film "Un dernier souffle" a été dévoilé, le 3 avril dernier. A cette occasion, la médaille d’argent des Arts et de la Culture internationale a été remise à Jérémy Bellet par le Président du Comité International des Arts et de la Culture, Jean-Eric de Saint- Luc, aux côtés des acteurs principaux, Fiona Gélin et Pascal Soetens.

Patricia Charpentier et Scarlett Kevhoney, deux actrices ayant un rôle dans ce court-métrage, étaient présentes également. 

"Cette médaille apporte plus de poids à mes paroles. Avec les médias notamment, elle m'a ouvert plus de portes pour parler de mon engagement", raconte le jeune homme de 22 ans. 

La médaille d'argent des Arts et de la Culture : une récompense attribuée par la Fédération internationale du tourisme 

La médaille des Arts et de la Culture est remise chaque année par le Comité international des Arts et de la Culture, fédération composante de la Fédération internationale du tourisme. Créé en 1985, cet organisme à but non lucratif a pour objectif de faire connaître, d'aider des artistes débutants, ou et de distinguer les plus confirmés d'entre eux. Pour ce comité, les artistes sont les porte-paroles et les prescripteurs de leurs pays.   

L'origine de son film : des années de harcèlement lié à son homosexualité

Jérémy Bellet est un jeune mannequin de 22 ans qui vit aujourd'hui à Paris. Pendant sa scolarité à Blois, au collège et au lycée, il a été victime de harcèlement scolaire.

"Je n'ai jamais subi de violences physiques. Mais les mots peuvent être aussi durs que les coups à cet âge-là. J' ai toujours assumé mon homosexualité et à 14 ans-15 ans c'était très mal vu. Dès que quelqu'un sort de l'ordinaire, il est pointé du doigt. Je ne passais plus par le parvis. J'étais obligé de passer par l'entrée des profs pour aller en cours sinon je me faisais insulter", raconte le jeune homme. 

Le théâtre, un cocon contre le harcèlement scolaire

Jérémy Bellet a failli abandonner ses études, mais sa rencontre avec le milieu artistique l'a sauvé. "Heureusement, j'ai intégré une section théâtre au lycée. C'est ce qui m'a sauvé. C'était mon cocon. Je pouvais être moi-même."  

Parallèlement aux cours de théâtre, Jérémy Bellet découvre la vie nocturne parisienne et son milieu culturel. Il s'y sent tout de suite chez lui. Et c'est dans ce milieu-là, de la mode et des arts, qu'il s'épanouit aujourd'hui : "J'ai rencontré Pascal Soetens et Fiona Gélin. Pascal est devenu mon ami. Fiona est ma marraine dans le métier. Ce milieu m'a encouragé et m'a accepté tel que je suis." 

 Le court-métrage de Jérémy Bellet, "Un dernier souffle", est sorti sur les plateformes digitales le 3 avril dernier. Il a été vu 2 000 fois. 

Aller dans les écoles, les collèges et les lycées avec son film pour sensibiliser aux effets du harcèlement scolaire

Jérémy Bellet souhaite maintenant prolonger son travail dans les écoles, les collèges et les lycées. " Je suis en pourparler avec des élus de la région et avec Marc Gricourt, le maire de Blois, pour aller rencontrer des élèves afin de les sensibiliser aux effets du harcèlement. Il faut en parler, même en primaire, car les discriminations commencent très tôt". 

Ces rencontres dans les écoles devaient initialement avoir lieu courant avril. Elles ont été reportées en raison du nouveau confinement. " Cela se fera. Marc Gricourt me soutient. Je ne perds pas espoir. Quand cela sera possible, je viendrai avec mon film et Fiona Gélin. "

Reportage à Blois de Marine Rondonnier, Pascal Epée et Laurent Vaury quelques semaines avant la sortie du court-métrage : 


 

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