Coronavirus : à Blois, FO appelle les chauffeurs de bus à exercer leur droit de retrait

Selon le syndicat FO, les chauffeurs de bus de Blois ne sont pas assez protégés. / © Sanaa Hasnaoui / France Télévisions
Selon le syndicat FO, les chauffeurs de bus de Blois ne sont pas assez protégés. / © Sanaa Hasnaoui / France Télévisions

Depuis ce lundi 30 mars, le syndicat Force Ouvrière appelle les chauffeurs de bus de Blois à faire usage de leur droit de retrait. Certains salariés dénoncent le manque de mesures prises par Kéolis pour les protéger de la contagion au covid-19. La Direction dément.

Par Luc Perot

Selon Éric Gondy, le secrétaire général Force Ouvrière du Loir-et-Cher, de nombreux témoignages indiquent que la procédure standard prise par Kéolis – le groupe concessionnaire des transports urbains de Blois – est insuffisante : "Lorsque des salariés constatent que les barres de maintien des voyageurs sont noires, alors que l’intérieur des bus est censé être nettoyé et désinfecté de fond en comble quotidiennement, ce n’est pas acceptable" explique-t-il.

Certains bus transportent 50 personnes pour 25 m2.

"De même, les distances de sécurité préconisées entre les passagers ne peuvent, bien souvent, pas être respectées quand certains bus transportent 50 personnes pour 25 m2 » explique le syndicaliste, qui poursuit : « Il est même arrivé qu’un enfant se retrouve à côté du chauffeur, alors qu’une chaîne est censée laisser une distance de sécurité entre le conducteur et les passagers !."

Le syndicat a donc appelé les chauffeurs à exercer leur droit de retrait, en attendant que Kéolis leur apporte des garanties.

La Direction de Kéolis prête à prendre des sanctions

De son côté, la Direction dément catégoriquement et assure avoir fait tout le nécessaire : "Nous faisons désinfecter les bus tous les soirs. La totalité des points de contacts avec le public est nettoyé avec les produits désinfectants adaptés", affirme Sylvain Lemarchand, le directeur de Kéolis Blois, qui poursuit : "c’est vrai, nous avons moins de bus en circulation, mais nous avons très peu de clients actuellement, et l’affluence est donc très faible. Hier nous avons eu 400 tickets validés contre 16 800 pour un jour normal ; les bus tournent presque à vide."

Une mesure de chômage partiel pour l’ensemble de l’entreprise a été décrétée. Les salariés sur le terrain le sont donc par roulement. D’après la Direction de Kéolis, sur les 110 conducteurs, 20 sont sur le terrain chaque jour.

Quant à l’exercice du droit de retrait, selon le Directeur de Kéolis Blois "il n’est pas reconnu concernant le covid-19, dans la mesure où nous avons pris toutes les mesures nécessaires."

La Direction de Kéolis se dit prête à prendre des sanctions à l’encontre des employés qui se risqueraient à l’exercer malgré tout.

 

Droit de retrait : ce que dit la loi

C’est l’article L4131-1 du Code du travail qui détermine et régit l’exercice du droit de retrait.

Dans le contexte du coronavirus, si l'employeur met en œuvre les recommandations du gouvernement, les conditions d'exercice du droit de retrait ne sont pas réunies, sous réserve de l'appréciation souveraine des tribunaux. En principe, le travailleur n'a pas alors un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

Si ces recommandations ne sont pas suivies par l'employeur, alors le travailleur peut exercer son droit de retrait , jusqu'à ce que celles-ci soient mises en œuvre.

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