Violences urbaines à Blois : stop aux rumeurs, aucune crèche attaquée ni de coup de feu lors de la course-poursuite

A la suite des violences urbaines qui ont émaillé la nuit du 16 au 17 mars dans les quartiers Nord de Blois, plusieurs fausses informations circulent sur les réseaux sociaux. Voici un tour (non exhaustif) des rumeurs infondées.

A la suite de l'accident de la circulation à Blois en fin de journée (à gauche), des violences ont éclaté et des véhicules incendiés (à droite).
A la suite de l'accident de la circulation à Blois en fin de journée (à gauche), des violences ont éclaté et des véhicules incendiés (à droite). © France Télévisions

L’hélicoptère de la gendarmerie qui survole en pleine nuit le Nord de Blois et un camion projeté sur les forces de l’ordre sont des images marquantes et impressionnantes.

Mais ces faits – avérés – ne suffisent visiblement par à certains internautes qui n’hésitent pas à diffuser de fausses informations.

Première "infox" : une crèche a été visée. C'est tout simplement faux, d'après la ville de Blois qui s’est même fendue d’un communiqué de presse pour tordre le cou à cette rumeur, pourtant diffusée (trop ?) rapidement par des médias nationaux.

Lors de la conférence de presse organisée ce mercredi midi, le procureur et le préfet ont énuméré les dégâts mais n'ont à aucun moment fait mention d'une crèche visée ou endommagée.

"De source policière"

L’Agence France Presse (AFP), connue pour sa rigueur et qui diffuse l'information nationale et internationale aux médias, tweete ce matin : "Supermarché vandalisé, crèche dégradée et station-service incendiée: la nuit a été marquée par de nombreuses violences urbaines à Blois, après un refus d'obtempérer suivi d'un accident de la route, a-t-on appris de source policière."

Quelle est cette source ? En cherchant rapidement sur Twitter, on s’aperçoit que le premier compte a faire mention d'une crèche visée est un syndicat indépendant de commissaires de police.

Il affirme qu'un camion a été projeté sur les policiers (information confirmée par le parquet), qu'un magasin Aldi a été saccagé et pillé (là aussi c'est confirmé par le procureur), qu'une crèche a été visée (faux d'après la ville), qu'une station service a été attaquée (aucun élément à ce sujet), et enfin que trois véhicules ont été brûlés (si l'on ignore le nombre exact, ce fait est avéré).

On le voit, ces informations sont curieusement proches de celles diffusées par l'AFP. Or ce syndicat de commissaires est national et son siège n’est pas basé à Blois mais dans le Val-d'Oise. Il y aussi le syndicat Alternative Police Nationale qui relaye sur son compte Facebook le même message, à peu près au même moment.

Qu'il s'agisse ou non de ces sources, le problème reste que cette information - démentie - a été publiée par l'AFP et reprise par plusieurs médias nationaux et régionaux.

2e infox : des tirs pendant la course-poursuite

Les violences urbaines ont éclaté 1h30 après un accident de la circulation. Un conducteur a échappé à un contrôle et pris la fuite, et les policiers se sont lancés à sa poursuite.

Sur les réseaux sociaux, certains affirment qu’un "flic a tiré"lors de cette course-poursuite sur la voiture, crevant les pneus et provoquant l’accident.

Là encore, cette affirmation n’est fondée sur rien. Le procureur de la République déclare même l’inverse à savoir que les policiers ont préféré cesser leur poursuite, s’apercevant que le fuyard prenait tous les risques et menaçait de créer un grave accident avec son véhicule.

Marc Gricourt, le maire de Blois, l’affirme d’ailleurs :

Contrairement aux rumeurs, il n'a pas été fait usage d'armes à feu pour intercepter le véhicule.

Un mineur décédé 

Cet accident grave a fait un mort, un mineur de "15-16 ans", affirment des anonymes qui présentaient ce mardi soir sur Twitter leurs condoléances à la famille.

Sauf que le jeune, âgé de 15 ans, n’est pas décédé le mardi soir, mais ce jeudi 18 mars. La collision avait en effet fait deux blessés graves, un majeur et un mineur. En conférence de presse le mercredi midi, le procureur de la République de Blois a précisé que le jeune était alors "dans un état d'urgence absolue".

Transporté à l’hôpital de Blois puis à celui de Tours, ce dernier est mort ce jeudi après 13h, a confirmé à l'AFP le procureur.

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