"Je suis en confiance, je peux faire ce que je veux", quand la pratique du cheval devient thérapeutique

Devant une délégation venue d'Allemagne et de Hongrie, Sandra et Arnaud Régent ont présenté leur savoir-faire de l'équithérapie dans les écuries de Chouzy dans le Loir-et-Cher.

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En pleine campagne, au sud de Blois et au cœur des bois, le centre équestre de Chouzy propose de l'équithérapie depuis une quinzaine d'années. Une pratique essentiellement destinée aux personnes en situation de handicap mais pas que.

Nathalie Andréo 56 ans, passionné d'équitation depuis toute petite, se rend à l'écurie de Chouzy à Valloire-sur-Cisse depuis près d'un an pour pratiquer l'équithérapie. Une activité qui lui permet d'allier passion et rééducation. En effet, Nathalie Andréo est atteinte d'une ataxie cérébelleuse causant notamment la perte de l'équilibre et dont "les symptômes ressemblent à la sclérose en plaques". 

Pour elle, la nécessité était d'avoir "une selle adaptée permettant de me tenir devant et derrière", avoue-t-elle. À Chouzy, "ça a été un petit peu le coup de foudre, c'est vraiment ce que je recherchais".

Ça me permet de bouger et de renforcer mes muscles qui ne bougeaient plus, de faire une sorte de kiné. J'espère qu'un jour, je remonterai normalement à cheval.

Nathalie Andréo

Interrogée sur sa relation avec le cheval, elle s'explique : "C'est mon animal préféré, c'est comme un amour. Avoir un cheval avec qui je peux monter et faire ce que je veux. Je suis en confiance avec le cheval. Je ne sais pas comment expliquer, il y a trop d'émotions, trop d'énergie qui se dégage"

Un public venu de loin

Sandra Régent, monitrice diplômée dans le domaine depuis plus de 10 ans semble être envahi d'une certaine émotion lorsque vient le moment de parler des chevaux. "Ils ont un sixième sens. Dès qu'ils sont en contact avec eux (les personnes en situation de handicap) [...] Ils ont une attitude qui est complètement différente. Ils sont plus calmes, plus patients, je pense qu'ils prennent beaucoup sur eux mais ça les épuise beaucoup aussi". Des activités spécifiques qui les fatiguent, d'où l'importance de continuer à être monté par des personnes valides, souligne la monitrice.

La majorité des chevaux qui font de l'enseignement sont capables de pouvoir avoir un cavalier en situation de handicap sur le dos.

Sandra Régent, monitrice du Centre Equestre de Chouzy

Les chevaux pourraient donc être dressés différemment pour accueillir ce public en particulier ? "Pas du tout, nos chevaux font toutes les équitations", répond Sandra Régent. "En une semaine ou quinze jours, on les a adaptés au matériel spécifique", poursuit-elle. Pour Arnaud Régent, la formation complète est longue, "c'est trois ou quatre ans de travail tous les jours", affirme-t-il.

Ce jour-là, Sandra Régent était observée, scrutée, par un public venu de loin. Une soixantaine de visiteurs français, mais surtout des Allemands et des Hongrois sont venus voir la monitrice à l'œuvre pour assister aux méthodes pratiquées par l'enseignante et aux résultats qui en découlent.

"Un petit réseau de bouches à oreilles"

Le centre équestre de Chouzy accueille des personnes des institutions locales. "On fonctionne sur un petit réseau de bouches à oreilles", informe Sandra Régent. L'animatrice et son mari proposent de l'équithérapie à une quarantaine de personnes en situation de handicap physique et/ou mental, à des patients de centres médicaux psychologiques depuis une quinzaine d'années. "Ça a été une accroche professionnelle où l'on a été démarché par une infirmière de l'hôpital qui voulait mettre en place cette activité. On a adoré et on a développé le concept. On a trouvé notre place dans le côté aidant et humain", affirme Sandra Régent. 

Une adaptation au(x) pathologie(s) du public reçu

L'équithérapie, c'est "un moyen de développer la communication avec les animaux qui n'est pas forcément évidente avec l'humain. Elle peut être sous plusieurs casquettes, notamment être un moyen de rééducation ou de détente", explique-t-elle.

Une activité qui a commencé "avec les moyens du bord"  avoue Sandra Régent. L'équitation adaptée nécessite du matériel spécifique pour permettre à chacun d'effectuer l'activité en toute sécurité et dans un confort optimal. Un matériel qui coûte très cher. Ainsi, une selle adaptée, une sorte de dossier à l'avant et l'arrière permettant de maintenir le corps du cavalier, sur une selle classique, coûte déjà entre 1500 et 2000€.

Pour l'autre matériel désormais indispensable, l'équilève, une sorte d'ascenseur manuel permettant aux personnes d'arriver à hauteur du dos de cheval, le prix s'élève autour de 5 000€. Un achat permis en 2016 avec l'aide de plusieurs associations comme Telmah, Rotary ou le Lions Club. Concrètement, ce matériel permet notamment de mettre à cheval des personnes en fauteuil sans difficultés ou presque. 

"Nous ne sommes pas des soignants"

L'équithérapie apparaît comme une solution médicale mais pour autant, Arnaud Régent, le directeur des écuries de Chouzy rappelle son rôle. "C'est le Centre Médico Psychologique qui va nous dire comment est l'enfant, s'il est agité, comme si ou comme ça, nous, on va essayer de trouver des moyens pour arrêter ça. On est en binôme avec le soignant, on travaille pour ensemble pour arriver aux soins".

Bientôt en compétition ?

Coupé par le Covid, la participation à des compétitions, notamment à un championnat de France de sport adapté, refait surface "mais on ne sait pas encore par quels moyens pour l'instant", dévoile Sandra Régent. Emmener certains de ses élèves en compétition sonnerait comme un aboutissement de quelques années de travail : "On a une équipe qui est vraiment motivée et je voudrais les emmener au bout. On attend que ça avec impatience !", conclut-elle.