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Des réfugiés engagés comme saisonniers agricoles dans le Loir-et-Cher

Ihsan (20 ans) et Armani (27 ans) ont commencé à travailler chez Marionnet début juin / © Marine Rondonnier -F3CVDL
Ihsan (20 ans) et Armani (27 ans) ont commencé à travailler chez Marionnet début juin / © Marine Rondonnier -F3CVDL

Dans le Loir-et-Cher, des réfugiés ont été embauchés comme saisonniers par des exploitants agricoles. L'enjeu est double : pallier le manque de main-d'oeuvre et intégrer les réfugiés par le travail. Exemple à Soings-en-Sologne dans l'entreprise Marionnet, spécialisée dans les fraises. 
 

Par Marine Rondonnier

J'ai demandé un logement quand j'ai eu mon statut de réfugié mais ils voulaient un contrat de travail. Maintenant que j'ai un contrat je vais pouvoir avoir mon propre logement

 

Armani a 27 ans. Après 4 mois d'apprentissage de français, il parvient à s'exprimer. Il désherbe depuis 6 heures du matin, comme tous les jours depuis 2 mois. " J'ai besoin de travailler, pour avoir un peu d'argent. Mais aussi parce cela faisait trop longtemps que je n'avais pas le droit de travailler. Aujourd'hui je suis content. "

Pourtant la tâche est très difficile. Désherber à genoux, 7 heures par jour en plein soleil.

A côté de lui, Ihsan vient lui aussi d'Afghanistan. 20 ans, un sourire radieux, il raconte comment il est arrivé là. Il ne parle pas encore français. C'est Armani qui traduit " J'ai dû quitter mon pays  à cause de la guerre. Je viens d'avoir mon statut de réfugié. Pour moi avant il n'y avait ni travail, ni école, ni argent. J'ai demandé à l'aide sociale qui m'a proposé que je vienne ici chez Marionnet". Et d'ajouter : "Agriculture, commerces, restaurants. Je peux tout faire tant que je travaille". 
 
Le pépiniériste Marionnet a engagé 17 réfugiés pour trois mois pour le désherbage des champs de fraisiers / © Marine Rondonnier-F3CVDL
Le pépiniériste Marionnet a engagé 17 réfugiés pour trois mois pour le désherbage des champs de fraisiers / © Marine Rondonnier-F3CVDL


17 réfugiés engagés pour la saison


L’entreprise Marionnet à Soings-en-Sologne est spécialisée dans les fraises et les framboises. Elle emploie 17 réfugiés depuis début juin.
" Nous avons besoin de beaucoup de main d'oeuvre : 90 saisonniers en plus des 80 permanents. Jusque-là nous prenions des salariés espagnols, mais avec la reprise de l'activité chez eux, ils ne viennent plus en France".

Franck Dindault est le directeur de l'exploitation Marionnet en Sologne. Après deux mois de travail avec ces nouveaux salariés, il constate :  " Ils sont super motivés et ils travaillent bien. Nous devons faire tourner l'entreprise. Et le faire en aidant ces gens qui ont fui la guerre c'est valorisant. On apprend beaucoup d'eux."
Le Préfet du Loir-et-Cher et les acteurs de l'expérimentation sont venus sur l'exploitation Marionnet pour rendre visite aux réfugiés ce matin. / © Marine Rondonnier- F3CVDL
Le Préfet du Loir-et-Cher et les acteurs de l'expérimentation sont venus sur l'exploitation Marionnet pour rendre visite aux réfugiés ce matin. / © Marine Rondonnier- F3CVDL
 

Une expérimentation au niveau départemental


Dans le département du Loir-et -Cher, les réfugiés sont actuellement embauchés dans le cadre d'un partenariat entre l'Etat, Pôle emploi, les entreprises agricoles, le Département et les élus locaux.

" L'enjeu est double, explique le Préfet du département, Jean-Pierre Condemine : pallier les manques de main-d'oeuvre dans l'agriculture et mettre le pied à l'étrier à ces hommes et ces femmes. Ils ont le statut de réfugiés. Nous nous devons de les protéger et de les intégrer. L'intégration passe par le travail et le logement".

L'idée est que cette expérimentation s'étende à d'autres exploitations. 

Le reportage de Marine Rondonnier et Juliette Roché
 

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