Affaire France Eoliennes : “J'attends la reconnaissance de l'abus de confiance”

Patrick Maliet n'attend plus vraiment une indemnisation financière / © Marine Rondonnier - France 3 Centre Val de Loire
Patrick Maliet n'attend plus vraiment une indemnisation financière / © Marine Rondonnier - France 3 Centre Val de Loire

Le délibéré de l'affaire France Eoliennes sera rendu le 15 mai par le tribunal correctionnel d'Orléans. 600 personnes se sont portées parties civiles contre le vendeur d'éoliennes basé à Fay-aux-Loges (45). Parmi les plaignants, Patrick Maliet, maraîcher bio dans le Loir-et-Cher. 

Par Marine Rondonnier

J'ai du dormir dans une cabane dans ma serre pendant 10 ans. C'était du camping. Mais j'ai survécu.

Patrick Maliet relative aujourd'hui ses dix ans de galère mais l'arnaque ont il a été victime l'a profondément marqué. 

En 2008, alors salarié dans la ferme d'à côté, il décide de s'installer à son compte : "Je voulais être complètement autonome concernant l'eau et l'électricité pour produire mes légumes". Pour ce maraîcher bio installé en Sologne, rien de plus important que d'avoir le moins d'impact possible sur la nature quand on est agriculteur.
Alors il fait faire des devis pour installer une éolienne. "Celui de France éoliennes était plus intéressant que celui d'EDF et surtout cette entreprise me proposait d'être autonome avec des batteries. C'était plus cohérent avec mon projet." Il commence à payer. 
Mais à peine le mat installé, l'entreprise fait faillite. 
C'est alors qu'une deuxième entreprise le démarche, lui assurant d'être plus sérieuse. Il s'agit de Wind Electric. Il s'avérera que sont les mêmes personnes derrière un nouveau nom. Là, Patrick Maliet doit repayer du nouveau matériel pour remplacer l'autre, déclaré défectueux. 

Les pales menaçaient de faire exploser l'aérogénérateur

En 2010, l'éolienne est terminée mais elle ne fonctionnera jamais. "Regardez ces pales. Elles sont molles et fragiles. Quand elles tournaient elles risquaient à tout moment prendre feu ou s'envoler. J'ai du les démonter car c'était trop dangereux", explique Patrick en touchant ce qu'il reste de son éolienne en pièces détachées dans sa remise. 

Il  finira par se raccorder à ERDF. Coût total de l'arnaque : 55.000 euros

Reportage à Millançay (41) de Marine Rondonnier et  Sanaa Hasnaoui : 

 

Délibéré du jugement le 15 mai prochain

Le 15 mai prochain, sera rendu le jugement de l'affaire France Eoliennes à Orléans. 600 personnes ont porté plainte contre le vendeur français d'éoliennes installé à Fay-aux -Loges (45)  pour abus de biens sociaux, escroquerie et tromperie sur la marchandise. Le procès s'est tenu au tribunal correctionnel d'Orléans du 19 au 21 mars dernier.

France éoliennes, spécialiste de l'éolienne domestique

Tout commence en 2006 avec la création de France Éoliennes à Fay-aux-Loges dans le Loiret. A la tête de l'entreprise, un homme d'affaires orléanais, Frédéric Benedite. Très rapidement, cette société devient le numéro 1 de l'éolien domestique.  La société vend des micro-éoliennes qui produisent de l'électricité à consommer tout de suite ou que l'on peut revendre à EDF. Seulement, les éoliennes sont défectueuses, la puissance est non-conforme, certaines ne sont jamais livrées.

Du matériel importé de Chine

Au plus fort de son activité, 50 commerciaux travaillent pour France Éoliennes. Les acomptes versés par les clients sont vite encaissés. Il faut compter entre 20 et 30 000 euros, certains exploitants agricoles ont parfois dépensé jusqu'à 70.000 euros. La société est placée en liquidation judiciaire en 2009, mais ça ne s'arrête pas là.
Le nom de Frédéric Benedite réapparaît à Brest derrière l'entreprise Wind Electric qui a les mêmes pratiques. Le matériel était importé de Chine par une société installée en Dordogne. Shops Discount France est liquidée à son tour en 2010.

 

France éoliennes, un procès exceptionnel :

  1. France Eoliennes : société qui vendait des micro-éoliennes à des particuliers, des agriculteurs, des entreprises dans toute la France.
  2. Les victimes sont originaires de 40 départements, principalement en Bretagne, Nouvelle Aquitaine, Alsace, région parisienne et en région Centre.
  3. On compte près de 600 parties civiles dans ce dossier et un préjudice estimé à 9 millions d'euros.
  4. Il aura fallu sept ans d'enquête et quatre juges d'instruction pour que cette affaire arrive devant la justice. 

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