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La Loire à vélo, histoire d’un succès économique

Les cyclotouristes dépensent en moyenne euros par jour / © Marine Rondonnier-F3CVDL
Les cyclotouristes dépensent en moyenne euros par jour / © Marine Rondonnier-F3CVDL

Un million de cyclotouristes en 2017, la vélo route qui va de Cuffy dans le Cher à Saint-Brévin en Loire-Atlantique voit sa fréquentation augmenter chaque année. Les retombées économiques sont colossales : 30 millions d'euros. Rencontre avec les acteurs de cette économie florissante. 

Par Marine Rondonnier

En moyenne, les cyclotouristes dépensent 80 euros par jour en hôtellerie, restauration et location de matériel. C'est plus que les touristes en voiture ou en bus. "Avec la Loire à vélo, nous avons multiplié par huit notre chiffre d'affaires", explique Patrick Fargues, propriétaire de l'hôtel Biencourt à Azay-le-Rideau (37).

Du cyclo-café à Bréhémont (37) à l’entreprise de transport de bagages à Tours en passant par les espaces dédiés dans les campings comme à Cheverny (41), la Loire à vélo a permis de créer de nouvelles activités mais aussi d’accélérer la croissance de l’hôtellerie et de la restauration dans la vallée de la Loire et du Cher.

En 2017, la Loire à vélo a généré 30 millions d'euros de retombées économiques.
La Loire à vélo est devenue un véritable levier pour l'aménagement du territoire.


► Une enquête de Marine Rondonnier, Sanaa Hasnaoui et Christophe Person pour "Enquêtes de région" nous explique le succès de La Loire à vélo à travers des exemples concrets et la rencontre de cyclotouristes.
 

 

578 professionnels du tourisme sont labellisés "Loire à vélo": une marque convoitée qui garantit une augmentation de la fréquentation

Les cyclotouristes dépensent en moyenne 80 euros par jour. / © Marine Rondonnier -F3 CVDL
Les cyclotouristes dépensent en moyenne 80 euros par jour. / © Marine Rondonnier -F3 CVDL
Un matin de juin à Bréhémont en Indre et Loire. Il fait frais, le ciel est couvert mais les cylo touristes sont là. Un peu moins nombreux que l'année dernière en ce début de saison.
Dominique Raclin a monté un cyclo-café dans ce petit village de près de 800 habitants. Le seul en France. " A Londres, c'est très courant. C'est un concept qui marche bien. J'ai créé celui de Bréhémont il y a deux ans. Je répare les vélos, propose une petite restauration avec des produits locaux, informe les gens sur les itinéraires," explique l'ancien restaurateur  qui parle plusieurs langues. Ce matin-là, il accueille un groupe d'Américains au fort pouvoir d'achat. " Pendant notre randonnée à vélo de deux semaines, nous ne regardons pas à la dépense. Le budget vin est d'environ 150 euros par jour. Même chose pour manger. Notre budget quotidien est d'environ 500 euros, confie David venu avec sa famille en Indre-et-Loire. 
  

Un million de cyclotouristes en 2017

Les cyclistes représentent les deux tiers de la fréquentation sur la Loire à Vélo, comme en 2010. Les autres utilisateurs sont principalement des piétons (28% des usagers), puis des joggeurs, etc.
Le nombre de cyclistes a augmenté de 23 % en 5 ans. 

D'où viennent-ils ? 2/3 des touristes sont français. 1/3 sont des étrangers. Leur fréquentation a progressé de 35 % depuis 2010. La majorité des Allemands et des Suisses sont itinérants. Les Néerlandais et les Britanniques empruntent plutôt l'itinéraire en loisirs au cours de leur séjour.
30 % des cyclotouristes sont des cyclotouristes étrangers / © Marine Rondonnier -F3 CVDL
30 % des cyclotouristes sont des cyclotouristes étrangers / © Marine Rondonnier -F3 CVDL
 

Des retombées économiques multipliées par deux en 7 ans

15 millions en 2010. 30 millions en 2017. Les cyclotouristes dépensent en moyenne 80 euros par jour. Ce qui bénéficie aux hôteliers, restaurateurs mais aussi aux petits commerces comme la boulangerie de Savonnières (37)  qui a pu engager un apprenti et une vendeuse en plus pour servir en continu les clients de la Loire à vélo. Savonnières est au bord du Cher et le nombre de demande d'installations de commerces augmente chaque année. Savonnières, commune au bord du Cher est la commune qui voit le plus de cyclotouristes passer : 100 000 en 2017. 
Savonnières (37), commune au bord du Cher qui voit le plus de cyclotouristes passer : 100 000 en 2017 / © Marine Rondonnier -F3CVDL
Savonnières (37), commune au bord du Cher qui voit le plus de cyclotouristes passer : 100 000 en 2017 / © Marine Rondonnier -F3CVDL


Des nouveaux services créés pour la Loire à vélo

" Ils nous fournissent les vélos, les cartes, les équipements. Même nos bagages sont transférés d'un hôtel à l'autre pendant que nous roulons entre deux étapes", sourie Marcia, cyclotouriste américaine qui découvre le parcours de la Loire à vélo entre Orléans et Angers. Avec l'augmentation de la fréquentation de la vélo route, de nouveaux services ont été inventés. Deux frères tourangeaux ont créé l"entreprise Bagafrance pour répondre à une demande croissante. " Nous avions un gîte qui accueillait des cyclotouristes. Ils nous demandaient souvent si quelqu'un pouvait transporter leurs bagages entre deux escales. Le concept n'existait pas alors nous l'avons créé sur tout l'itinéraire," raconte Jean-Louis Clique, co-gérant de Bagafrance. La société tourangelle emploie une dizaine de saisonniers d'avril à octobre et génère 150 000 euros de chiffre d'affaires. 
 

Au camping de Cheverny (41), des espaces dédiés ont été créés pour les cyclotouristes / © Marine Rondonnier -France 3 CVDL
Au camping de Cheverny (41), des espaces dédiés ont été créés pour les cyclotouristes / © Marine Rondonnier -France 3 CVDL


Les viticulteurs commencent à s'intéresser aux cyclotouristes de la Loire à vélo

Le domaine des Pierrettes à Rilly-sur-Loire ( 37) a engagé une personne à plein temps pour recevoir les cyclotouristes. / © Marine Rondonnier-F3 CVDL
Le domaine des Pierrettes à Rilly-sur-Loire ( 37) a engagé une personne à plein temps pour recevoir les cyclotouristes. / © Marine Rondonnier-F3 CVDL

Les viticulteurs commencent à s'intéresser à ce flot de touristes. " Au départ, on n'y est pas allé parce que cela prend trop de temps d'accueillir les cyclotouristes. On ne pensait pas qu'ils achetaient du vin. En fait on voit bien que c'est une clientèle potentielle", confie Cyril Geffard, viticulteur à Rilly-sur-Loire (41). L'itinéraire de la Loire à vélo traverse ses vignes. Du coup, depuis juillet, une personne à plein temps a été engagée pour accueillir les cyclotouristes. 

La Loire à vélo crée de l'emploi et de nouvelles activités. Tous les professionnels du tourisme à proximité de l'itinéraire bénéficient ou tentent de bénéficier des retombées économiques en pleine croissance. Et ce n'est qu'un début. Ils sont tous d'accord sur un point : il faut prendre soin des touristes à vélo. S'ils ne font que passer un ou deux jours et qu'ils sont bien accueillis, ils reviendront plus longtemps. 




 

Les chiffres d'un succès économique :

  • 30 millions d'euros de retombées économiques
  • 1 million de cyclotouristes
  • 578 professionnels du tourisme labellisés "Loire à vélo"
  • 80 euros en moyenne par jour

Source des chiffres : Étude réalisée en 2015 par Inddigo et Symetris, pour le compte du Comité Régional du Tourisme Centre-Val de Loire et de l’Agence régionale - Pays de la Loire Territoires d’Innovation. Cette étude est co-financée par l’Union Européenne. L’Europe s’engage sur le bassin de la Loire avec le FEDER.

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