Coronavirus : un collectif du Loiret réclame un plan d’urgence pour limiter la contagion parmi les jeunes réfugiés

Soumis comme tout à chacun au confinement, les jeunes réfugiés le sont dans des conditions critiques de promiscuité. Un collectif d’associations du Loiret appelle l’Etat à réquisitionner des structures vidées de ses occupants depuis l’épidémie de Covid-19.

Un jeune mineur étranger nous livrait son témoignage après la mort d'un de ses amis dans une chambre d'hôtel. Orléans (Loiret) - juillet 2019
Un jeune mineur étranger nous livrait son témoignage après la mort d'un de ses amis dans une chambre d'hôtel. Orléans (Loiret) - juillet 2019 © F3
Hébergés pour la plupart dans des hôtels, les jeunes majeurs étrangers, qui sont près de 300 dans le Loiret, doivent vivre leur confinement... collectivement.

Au delà du paradoxe, les associations dénoncent dans un communiqué les risques de contagion encourus par une telle promiscuité.

Dans l'ancien Formule 1 de la métropole orléanaise transformé en lieu d’accueil,

Les jeunes réfugiés y sont deux par chambre, sans placard, ni chaise. Les WC et les douches sont communs à tout le monde,

dénoncent des membres de la FCPE, SUD éducation, SUD Santé Sociaux, qui font partie du Réseau Education Sans Frontières (RESF) et du Collectif des Jeunes isolés étrangers du Loiret (COJIE 45).

Les jeunes cohabitent avec des familles elles-mêmes entassées dans des chambres. Les enfants courent dans les couloirs.

Les associations interpellent donc l’État sur l’urgence à intervenir pour limiter le risque de contagion. Elle suggèrent de réquisitionner des établissements désertés par leurs occupants, des centres-médico sociaux, des internats où il serait également possible de préparer ses repas dans de meilleures conditions d’hygiène.

À défaut, des plateaux repas

Les jeunes étrangers sont placés dans des hôtels où le coin cuisine se résume le plus souvent à des micro-ondes, sans évier ni plan de travail.

Ils ont peur d’y aller par crainte d’être contaminés,
témoignent les bénévoles.

Ils redonnent l'exemple de l’ancien Formule 1 orléanais, où 150 personnes au moins se côtoyeraient chaque jour à l’heure des repas.

Les colis alimentaires que les jeunes réfugiés reçoivent contiennent parfois des denrées périssables comme de la salade. Qu’en faire alors qu’il n’y a aucun frigo pour les stocker ?

Face à l’urgence sanitaire, les associations réclament le portage de plateaux-repas et la désinfection systématique des cuisines collectives quand elles existent.

Pour les jeunes scolarisés, "c’est le système D"

Privés d’école, les jeunes majeurs confinés dans leur structure d’hébergement rencontrent les plus grandes difficultés à suivre leur enseignement à distance. Ils disposent au mieux d’un smartphone avec une connexion très limitée.

Certains prennent leur devoir manuscrit en photo et l’envoient à leur professeur. C’est le système D,
explique Ségolène Petit du réseau RESF.

Faire ses devoirs sans l’aide de l’enseignant, sans ordinateur, sans connexion, relève de la gageure.

C’est mission impossible, c’est pourquoi nous avons demandé au rectorat de se montrer clément,
ajoute Ségolène Petit.


 
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