Loiret : un viticulteur bio de Cléry-Saint-André lutte contre la reconstruction d’une déchetterie en face de ses vignes

Un viticulteur du Loiret proteste depuis six mois contre l’implantation de la nouvelle déchetterie de Cléry-Saint-André. Elle se reconstruit à deux pas de son futur chai et menace de faire fuir ses clients.

Panneaux indiquant l'extension de la déchèterie de Cléry-Saint-André
Panneaux indiquant l'extension de la déchèterie de Cléry-Saint-André © France Télévisions

Le bras de fer dure depuis le mois de novembre dernier. A cette époque, Reynald Héaulé, viticulteur qui cultive en bio, découvre le projet de reconstruction de la déchetterie de Cléry-Saint-André (Loiret). La rénovation d’une infrastructure déjà existante et très vétuste qui va passer de 2500 à 9000 mètres carrés. Problème : le nouveau terrain de la déchetterie se retrouve pile en face du lieu où le viticulteur a prévu de construire son chai ainsi que son habitation.

"Je souhaitais construire au milieu de mes vignes, comme ça je n’étais pas trop loin et cela faisait un atout commercial pour recevoir les gens. J’ai eu un permis de construire il y a deux ans et demi et, une fois mes travaux commencés, j’ai appris que la déchetterie de Cléry allait s’agrandir de façon considérable juste en face de mes futurs bâtiments", explique Reynald Héaulé.

Vignes de Reynald Héaulé situées en face de l'extension de la déchetterie de Cléry-Saint-André
Vignes de Reynald Héaulé situées en face de l'extension de la déchetterie de Cléry-Saint-André © France Télévision

Lorsqu’il comprend l’ampleur du projet, Reynald Héaulé se manifeste auprès de la communauté de communes des Terres du Val de Loire et auprès de la mairie de Cléry-Saint-André.

"La communauté de communes m’a dit qu’ils n’étaient pas au courant de mon projet et qu’ils étaient stupéfaits !"

Ouverture de la déchetterie prévue cet été

Un défaut de transmission de l’information qui ne trouve pas d’explication concrète. Les deux demandes de permis de construire ont semble-t-il été formulées en parallèle sans qu’aucune des deux parties ne soient au courant du projet de l’autre. Le viticulteur a entamé ses démarches en vue de l’obtention de son permis de construire en 2014 avant d’obtenir le certificat d’urbanisme en janvier 2018 et le permis accordé le 7 janvier 2019. La communauté de communes aurait quant à elle commencé ses démarches administratives après, en 2018.

Selon Pauline Martin, la présidente de la communauté de communes des Terres du Val de Loire, la reconstruction de la déchetterie de Cléry est pourtant prévue depuis longtemps déjà. "Monsieur Héaulé faisait déjà son chai dans un secteur où la déchetterie était présente, donc en effet la mairie de Cléry ne nous a pas signalé qu’il y a avait ce projet. Mais quand on construit une infrastructure comme celle-là, il y a des réunions publiques, il y a des concertations, la question a même été débattue lors des élections municipales, monsieur Héaulé ne pouvait pas ignorer l’existence de ce projet", affirme-t-elle.

Une déchetterie flambant neuve qui devrait être mise en service cet été et qui se veut plus moderne et plus respectueuse de l’environnement selon la mairie de Cléry-Saint-André et la communauté de communes. Reynald Héaulé qui cultive ses vignes en bio reste pourtant très sceptique.

"J’ai un contrôle tous les ans par un organisme bio, s'ils voient un tas de papiers dans mes vignes cela pourrait poser problème !"

Des négociations au point mort

Pour tenter de trouver une solution au problème, des négociations ont tout de même eu lieu entre les deux parties. Reynald Héaulé s’est ainsi résolu à modifier son projet pour construire un peu plus loin.

"Pour apaiser le débat, nous avons lancé une recherche de terrain, donc on ne fait pas rien, on prend en compte sa problématique ! Mais monsieur Héaulé exige aussi de construire sa maison sauf que cela est interdit en zone agricole", explique Pauline Martin.

Selon Reynald Heaulé, la mairie de Cléry aurait pourtant envisagé de modifier son PLU (Plan Local d’Urbanisme). Aujourd’hui, les négociations sont au point mort. Le dénouement de l’histoire sera peut-être finalement trouvé par la justice. Le viticulteur a déposé deux recours devant le Tribunal Administratif d’Orléans.

 

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