Orléans : les résidents d'un Ehpad se mettent à l’art en copiant des peintures de grands maîtres

Les résidents et le personnel d'un Ehpad d'Orléans ont choisi une oeuvre d’art et se sont mis en scène pour la revisiter avec des objets du quotidien. Une agréable façon d'oublier le confinement !

La laitière de Vermeer et l'interprétation d'une résidente de l'Ehpad
La laitière de Vermeer et l'interprétation d'une résidente de l'Ehpad © Wikipedia / Ehpad Nazareth
À l’Ehpad Nazareth à Orléans, les résidents et le personnel se mettent à l’art. Ils ont relevé "l'Art challenge" que leur avait lancé Céline Michelet, la psychologue de l’établissement.

Pour les résidents et le personnel, il s’agissait de choisir une œuvre d’art puis de se mettre en scène avec des objets du quotidien pour reproduire l’œuvre.

Faire travailler l'imagination

Les résidents, aidés du personnel ont ainsi librement adapté des œuvres de grands peintres. Ils ont laissé courir leur imagination.

Aucune consigne n’a été donnée, la liberté était totale : l’oeuvre pouvait naître dans un jardin, une chambre… tout a été possible.

Le résultat est assez surprenant : c’est ainsi que ces artistes qui s'ignoraient ont revisité "Le déjeuner des canotiers" d’Auguste Renoir, "La laitière" de Johannes Vermeer, "La liberté guidant le peuple" d’Eugène Delacroix, "Napoléon Ier sur le trône impérial" par Jean-Auguste-Dominique Ingres ou bien encore le "Brodway boogie woogie" de Mondrian et même l’album des Beatles "Abbey Road" et bien d'autres peintures... 

Le confinement, une période difficile dans les Ehpad

Le confinement est pour tout un chacun une période délicate. C'est peut-être encore plus le cas dans les établissements qui accueillent des personnes âgées. Pour Céline Michelet, la psychologue de l’établissement : "Les organisations dans les Ehpad ont été modifiées brutalement car tout s’est arrêté à un instant "T" et de façon subite... sans qu’on puisse le prévoir. Tout cela a influé personnellement sur les soignants et sur leur façon d’accompagner les résidents et sur les résidents aussi"
 
Chaque résident a été consigné dans sa chambre, les visites des familles se sont arrêtées. Les maisons de retraite ont payé un lourd tribut : certains établissements ont été décimés. A l’Ehpad Nazareth à Orléans, il y eu des malades et on déplore le décès de résidents.

Le mortifère était présent, tout le temps, entraînant avec lui une certaine peur. La mort était dans toutes têtes, il y avait de l’angoisse et de l’appréhension. Il fallait trouver de quoi occuper les esprits et distraire les résidents et les soignants totalement obnubilés par le covid 19. Céline Michelet, psychologue

Les soignants ont dû se réorganiser dans le quotidien pour faire face à ce virus, protéger les résidents et faire tenir l’institution. "L’art challenge" s’est donc imposé : il était devenu urgent de proposer un projet collectif "pour permettre au personnel de réfléchir et aux résidents de se mettre en scène, résister, d’être actif en pensée et dans le corps."

"Créer, c’est résister. Résister, c’est créer" disait Stéphane Hessel

Pour la psychologue, "quand il se passe quelque chose de terrible et qu’on reste à l’observer, c’est encore plus terrible. Alors quand on essaie de voir ce qu’on peut faire dans ces moments-là, on vit vraiment." Elle a fait sienne cette phrase de Sénèque : "La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie."

Assez vite, les familles ont été associées à "l’ Art challenge" et elles aussi, elles se sont pris au jeu. Les créations ont été mises sur les réseaux sociaux. Une exposition a été installée dans l’Ehpad. Dès que les visites seront à nouveau permises, les résidents inviteront leurs familles à venir "admirer" les œuvres.

Anne Akerkane, la responsable de site Ehpad Nazareth, estime que ce projet a soudé les équipes :

L'art challenge a fédéré résidents et soignants. Il était important de se lancer dans un projet à court terme, facile à mettre en place. Les sourires sont revenus !

L’Ehpad Nazareth
L’Ehpad Nazareth est un établissement associatif à but non lucratif gérée par la Sainte Famille. Une cinquantaine d’employés accueillent 77 résidents.
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