TEMOIGNAGES "Covid oblige", les taxis orléanais rongent leur frein en attendant mieux

En cette journée froide et ensoleillée du 20 avril, plusieurs taxis sont à l’arrêt devant la gare d’Orléans. Le temps est long et les clients rares. Les membres de la profession attendent avec impatience la reprise des commerces, bars et restaurants.

Ludovic Rextoueix dans son taxi à Orléans à côté de la gare.
Ludovic Rextoueix dans son taxi à Orléans à côté de la gare. © T. Mbaka / France Télévisions

Ludovic Rextoueix, 44 ans n'observe pas de repos dominical. Les habitudes ont la vie dure. Chauffeur de taxi indépendant depuis 17 ans, il a vécu très durement le premier confinement.

La clientèle se limitait aux agents de la SNCF. Il fallait les ramener à leur dépôt ou à leur hôtel. Pour le reste, il n’y avait rien. Rien à faire. Mes pertes se sont élevées à 80% de mon activité.

Les 2ème et 3ème confinement ont été pour lui "un léger mieux", avec une perte d'activité chiffrée à 50%. "Quelques hôtels sont désormais ouverts. On fait aussi des déplacements professionnels même s’il y a beaucoup de télétravail."

Ludovic a toujours travaillé le dimanche. Il savait pouvoir compter sur sa clientèle de familles venues déjeuner sur les bords de Loire. Il a conservé ses réflexes."Désormais les dimanches sont plus calmes. Avec le confinement, les gens roulent moins. Il y a moins de pannes sur l’autoroute. Et donc, moins de clients. En ce moment, on fait plutôt les centres de vaccination. On prend en charge les personnes âgées."

Par trois fois, ce chauffeur de taxi indépendant a bénéficié des aides gouvernementales lors du premier confinement. Son activité est désormais maintenue à flot, ce qui ne le rend pas éligible aux nouvelles aides mises en place. Il le regrette, mais c’est ainsi : parfois, la différence se joue sur quelques dizaines d’euros.

"Nous avons tous augmenté nos horaires de travail, Covid oblige."

Freddy Vanuxem, président des Taxis orléanais, qui regroupe 64 chauffeurs indépendants, raconte les dures journées de ses confrères. "Ceux qui ont payé leur licence peuvent se permettre de faire moins de chiffre d’affaires. 50% de nos collègues sont entrain de rembourser leurs crédits. Les aides conviennent à ceux qui n’ont plus de charges."

Pour les autres, les horaires sont plutôt à rallonge. Au volant de leur taxi, 7j/7, à raison de 12 heures par jour pour les anciens, 15h pour les nouveaux venus. "Nous avons tous augmenté nos horaires de travail, Covid oblige."

"Les collègues sont en gare ou font le médical pour ceux qui ont une convention avec la sécurité sociale. Ils accompagnent les patients à l’hôpital pour leur cure de chimio ou autre. Cette fois-ci, les opérations chirurgicales ne sont pas déprogrammées. Pour nous, c’est une activité qui sauve les meubles."

Quand on lui demande comment il envisage l’avenir, Freddy Vanuxem répond dans un grand rire : "qu’on se débarrasse du Covid. J’espère comme le dit le gouvernement qu’à la mi-mai, les activités vont reprendre progressivement. Que les bars et les restaurants vont ouvrir..." Une bouffée d'oxygène et une délivrance très attendues par les taxis indépendants orléanais, comme par tous leurs collègues de l'agglomération.

 

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