Tests Covid-19 : dans le Loiret, des campagnes de dépistage qui posent question

Dans des communes peu touchées par le Covid-19 dans le Loiret, des campagnes massives de dépistage interrogent sur leur utilité. Objectif affiché des professionnels de santé à l'origine de l'opération : éviter les foyers de contamination et détecter les cas asymptomatiques.

Des tests sont proposés à la mairie de Malesherbes (Loiret) dans une salle mis à la disposition par la mairie.
Des tests sont proposés à la mairie de Malesherbes (Loiret) dans une salle mis à la disposition par la mairie. © France Télévisions
“Le virus circule encore : l’idée est de faire un dépistage des patients, même asymptomatiques, pour casser les chaînes de contamination et d’éventuels clusters”, tels sont les propos du Dr Latifa Myqiass, présidente de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Beauce-Gâtinais, pour expliquer l’opération de dépistage massif du Covid-19 proposées à la population du Loiret.

La Ferté St Aubin, Chécy, Malesherbes, Pithiviers… Depuis quelques jours, des journées de dépistage du Covid-19 sont effectivement organisées dans ces communes où la situation sanitaire n’est pas alarmante. Ce dépistage repose sur des tests virologiques, ces grandes tiges à enfoncer profondément dans le nez pour effectuer le prélèvement.

Une initiative locale à l'encontre de la stratégie nationale 

Sur place, chaque patient bénéficie d’une ordonnance établie par un médecin. Le test est ainsi remboursé. Un choix assumé par la CPTS Beauce-Gâtinais, communauté de professionnels de santé du secteur à l'initiative de cette opération. Le Dr Latifa Myqiass avance l’argument des déserts médicaux dans le territoire : “Près de 10 000 patients n’ont pas accès à des médecins traitants”, assure cette médecin généraliste à Bazoches-les-Gallerandes. “Donc, pour eux, c'est l'une des seules solutions pour avoir accès à une ordonnance.”

Cette stratégie de décontamination a été approuvée par l’Agence régionale de santé (ARS) du Centre-Val de Loire. Pourtant, elle va à l’encontre de celle établie par le gouvernement, qui vise à tester seulement la population présentant des symptômes. De plus, le prélèvement nasal permet de savoir si la personne est porteuse du virus au moment du test : il n’indique pas si le patient a été, ou non, atteint par le virus quelques semaines plus tôt. 

Une solution pour écouler les stocks ?

Appuyée par les laboratoires locaux, l’opération serait une aubaine pour écouler des stocks reçus tardivement selon François Blanchecotte, président national du Syndicat des biologistes, et biologiste à Joué-lès-Tours. “Aujourd’hui, on découvre trois à quatre cas contact par personne positive, au lieu des 20 à 25 attendues”, analyse le biologiste.
 

Sur l’objectif du gouvernement de 700 000 tests par semaine, on est entre 200 000 et 250 00 tests. Donc aujourd’hui, les laboratoires ont une capacité énorme de faire des tests !

François Blanchecotte, président national du Syndicat des biologistes et biologiste à Joué-lès-Tours

 
Mais Christine Vergez, pharmacienne-biologiste et responsable du laboratoire d'analyses médicales Medibiolab de Malesherbes, l’assure : cette campagne n’a pas pour but d’écouler les stocks. “Nous ne sommes pas à l’origine de cette opération, c’est la CPTS qui nous a sollicités. Nous avons même augmenté nos commandes de tests auprès de notre laboratoire principal.”

D’autres journées de dépistage sont prévues dans des communes du Loiret ces prochains jours : samedi 27 juin, il sera possible de se faire tester à Malesherbes, ainsi que les 8 et 11 juillet à Pithiviers.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter