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Nos territoires en crise ? Le blues des maires ruraux

Nos territoires en crise ? Le blues des maires ruraux / © J. Roché
Nos territoires en crise ? Le blues des maires ruraux / © J. Roché

Les maires sont en colère. Les maires sont aussi résignés. D’après une enquête du CEVIPOF, près d’un maire sur deux ne veut pas rempiler en 2020. Un chiffre inquiétant pour des communes rurales touchées plus durement par la perte de vocation.

Par Juliette Roché

Dans nos campagnes, les édiles sont surtout fatigués. Si certains ont décidé de démissionner, d’autres ont préféré rester en poste. Tous font le même constat, le manque de moyens, l’accroissement des normes et des lois, la centralisation de la prise de décision à Paris, un transfert des compétences aux communautés de communes rendent le travail de plus en plus difficile.
 

La loi qui a mis le feu aux poudres, c’est celle sur les 80km/h

Si monsieur le premier ministre est capable de savoir à quelle vitesse il faut qu’on roule chez nous, il va continuer à faire le reste. On ne va pas nous associer. Ce sont des décisions verticales qui son vexatoires car elles reposent sur un pouvoir unique,

déclare le maire de Lion-en-Sullias dans le Loiret, Gilles Lepeltier.

Ce que les maires dénoncent, c’est un pouvoir centralisé qui impose des décisions sans tenir compte des spécificités du territoire. La loi NOTRe en particuliers est régulièrement décriée. Votée en août 2015, cette loi nouvelle organisation du territoire de la République transfert une parties des compétences des communes aux communautés de communes et agglomérations. Le but est de donner plus de pouvoir aux régions et moins aux départements. Seulement, les compétences en développement économique, la promotion du tourisme ou la compétence en eau et assainissement passent à l’intercommunalité. Les maires se sont sentis dépouillés.
 
Maire de Lion-en-Sullias dans le Loiret, Gilles Lepeltier / © J. Roché
Maire de Lion-en-Sullias dans le Loiret, Gilles Lepeltier / © J. Roché
 

Un pouvoir qui vient « d’en haut »

Une perte de pouvoir sur certain dossier très mal perçue par les édiles en région. Et pour cause, cette décentralisation voulue sous François Hollande n’a pas que du bon. La mutualisation des moyens à travers l’intercommunalité non plus…

Pour Maryse Rouillard, maire de la Motte-Feuilly dans l’Indre, ce serait une perte de trois emplois sur sa commune. 

Moi, je me marie avec Champillé, Montvicq… qui ont déjà leur personnel communal. Ils ne prendront pas mon personnel. Et mes trois emplois seront absorbés par plus gros. 

Selon la même étude CEVIPOF de novembre 2018, près de 80% des maires considèrent que les intercommunalité ont beaucoup d’influence sur la gestion de leur commune. A l’inverse, seul un quart des maires pensent que leur commune a une influence sur la communauté de communes.
 
Maryse Rouillard, maire de la Motte-Feuilly / © J. Roché
Maryse Rouillard, maire de la Motte-Feuilly / © J. Roché

Des administrés très exigeants

Sans compter sur les administrés de plus en plus exigeants. Et le constat est clair selon Guy Bergerault, maire de Chateaumeillant dans le Cher.

Ce qu’on gère actuellement, ce sont surtout les querelles de voisinage, les problèmes de crottes de chiens, les problèmes sociaux. Cela c’est très chronophage.

Dans les petites communes, le maire est à portée de téléphone. Il est le premier maillon de la chaine démocratique. Et c’est aussi pour cela que les administrés font facilement appel à lui. En première ligne, les maires ruraux l’ont été pendant la crise des gilets jaunes. Sur le terrain, ils ont été des intermédiaires privilégiés par les citoyens notamment au travers des cahiers de doléances. Faire remonter en haut lieu la parole des simples citoyens, les maires ont peut-être retrouvé leur rôle charnière dans la démocratie du quotidien.

 

Guy Bergerault, maire de Chateaumeillant / © J. Roché
Guy Bergerault, maire de Chateaumeillant / © J. Roché

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