Régionales 2021 : la sécurité, "préoccupation du peuple", fer de lance du candidat LR Nicolas Forissier

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Écrit par Yacha Hajzler
Le député Nicolas Forissier à la fête de la violette, en septembre 2020.
Le député Nicolas Forissier à la fête de la violette, en septembre 2020. © MAXPPP

Pour les régionales 2021, qui se tiendront les 20 et 27 juin, le candidat Les Républicains Nicolas Forissier défend une vision de la sécurité extensive, au-delà des forces de police. Il se risque aussi sur des thématiques plus nouvelles à son parti, comme l'environnement.

"Je considère que le conseil régional, qui est une assemblée élue par le peuple, doit répondre aux préoccupations du peuple, en l'occurrence la sécurité. D'autres régions l'ont fait : Xavier Bertrand, dans les Hauts-de-France, Laurent Wauquiez, en région Rhônes-Alpes, Valérie Pécresse dans la région parisienne..." Nicolas Forissier, lui, rêve de la même dynamique pour le Centre-Val de Loire.

Un candidat bien implanté

Le candidat Les Républicains aux régionales 2021 est bien connu du paysage politique régional. Il a été maire de La Châtre, dans l'Indre, de 1995 à 2017. Il y avait déjà repris deux entreprises menacées de faillite : l'imprimerie Georges Sand et surtout le journal L'Echo du Berry, pour lequel il a passé la main en 2001. Il est également député de la 2ème circonscription de l'Indre, presque sans interruption depuis 1993. En 2017, lors de sa dernière réélection, il a abandonné son poste de maire, conformément à la loi sur le cumul des mandats.

Après cette carrière bien remplie, Nicolas Forissier s'attaque désormais à la région. Alors que la candidature du numéro 2 des Républicains, Guillaume Peltier, semblait entendue, c'est finalement l'homme d'expérience qui se lance dans la course. Nicolas Forissier a-t-il senti un vent favorable ? Selon un sondage réalisé par IPSOS, la "délinquance" est effectivement une des principales préoccupations des habitants du Centre-Val de Loire.

Ça tombe bien, la sécurité est le cheval de bataille de LR depuis des décennies. Nicolas Forissier a même déjà déniché son "Monsieur sécurité", le général Lizurey, qui devrait être nommé vice-président régional en charge de la sécurité et de la protection.

La sécurité, "ce n'est pas simplement les forces de police"

Pourtant un problème se pose a priori : la sécurité n'est pas une compétence de la région. "La région, c'est la collectivité qui doit donner l'impulsion sur énormément de sujets, elle doit s'engager. Mais sans sécurité, pas de vie apaisée, riche, et ouverte sur le monde. La question aujourd'hui n'est pas simplement les alarmes et les forces de police. Ça, c'est du ressort de l'Etat ou des municipalités" reconnaît d'emblée le candidat Forissier.

Il présente donc ce qu'il appelle un "bouclier régional de sécurité", un ensemble de mesures que lui et son équipe ont voulu concrètes, et surtout multiformes. Trois grands volets composent cette politique :

  • Les questions qui relèvent directement des compétences de la région (transports, lycées...)
  • Les questions portées par les collectivités, où la région peut s'engager via un partenariat
  • L'aspect prévention

Pour chaque axe, Nicolas Forissier développe des exemples précis. Pour la sécurisation des lycées, il envisage notamment des portiques de sécurité à l'entrée des établissements. Le député présente cela comme un outil de lutte contre les trafics, ou contre la présence d'armes à feu. "Ce qui se passe aux Etats-Unis peut un jour se passer chez nous", envisage-t-il. Le président de la région Rhônes-Alpes, Laurent Wauquiez, avait mis en place et fortement communiqué autour de cette mesure. Une enquête menée par Libération montrait pourtant en 2017 que l'élu LR avait dû revoir ses ambitions bien à la baisse sur le plan technique et technologique.

Sur les possibilités de partenariat avec les collectivités, le député montre qu'il connaît son public et son territoire. "Aider les communes à développer une vidéoprotection intelligente, protectrice des libertés, et qui permet de sécuriser les quartiers et les flux de délinquance, c'est évidemment possible pour la région, soutient Nicolas Forissier. Quand vous avez un entrepreneur qui n'en peut plus parce qu'on lui vole du fioul sur ses camions de chantier, ou un agriculteur qui se fait sans cesse voler son GPS, il y a des choses qui peuvent être fait. En l'occurrence, j'élargirais les possibilités de financement pour une vidéoprotection, en mettant le paquet les premières années."

Le député embarque également avec lui une thématique portée par la sphère féministe : le harcèlement de rue, et les violences faites aux femmes. Nicolas Forissier souhaite de grandes opérations de prévention, en partenariat avec les associations. "On peut imaginer aider très concrètement certaines communes à rénover ou entretenir des bâtiments dédiés au logement d'urgence" illustre-t-il encore.

Fin 2019, LR avait pris les autres partis de vitesse en proposant un grand texte sur les violences conjugales. LREM a dû se résoudre à voter une série de mesures, tout en introduisant sa propre loi quelques mois plus tard. Nicolas Forissier n'était pas présent lors du vote du texte. Son parti garde en revanche des positions plus traditionnalistes sur d'autres revendications féministes. En janvier 2021, la majorité LR au Sénat avait par exemple bloqué un texte prévoyant l'allongement du délai légal de l'IVG.

Entreprises, tourisme, écologie... : "on va changer de système"

Invité à citer les autres lignes directrices de son programme, Nicolas Forissier en mentionne deux : le soutien économique aux entreprises, et particulièrment dans l'industrie, le tourisme, et l'agriculture ; et l'environnement.

On attendait la droite sur ces thématiques rurales et de proximité, où son ancrage local est un argument de poids. "Il faut que la région Centre-Val de Loire redevienne une région puissante, stratège, hyperactive en matière de développement économique et de soutien aux entreprises. Le conseil régional doit être beaucoup plus moteur dans la structuration des filières industrielles. Un autre sujet, ce sont les niveaux de soutien aux agriculteurs plus élevés pour assurer une modernation, une transition. Et le tourisme ! Je ne suis pas en train de tout casser, mais on pourrait faire 10 fois mieux !" s'enthousiasme le député Forissier.

Sans surprise, Nicolas Forissier fustige la présence des écologistes au conseil régional, estimant que leur présence mène à des situations de blocages. Moins traditionnel : il a lui aussi réservé une place phare à l'environnement dans ses thématiques de campagne. "Tout ce qui est environnement, transports propres, multimodalité, cite-t-il, mais aussi des actions en faveur de la biodiversité. Par exemple trouver des partenariats avec des propriétaires de moulins, ou de barrages, pour préserver le patrimoine tout en favorisant une activité piscicole. On va changer de système complètement, avec une méthode qui repart du terrain."

La biodiversité est effectivement un sujet important dans notre région : 30% du territoire est occupé par des forêts et des milieux naturels, mais une espèce sur 5 y est menacée, particulièrement les oiseaux et amphibiens.

Avec un programme aussi ambitieux, nous avions une dernière question pour Nicolas Forissier : tout cela va-t-il rentrer dans le budget ? "C'est une question de réorganisation des dépenses. Toute nouvelle majorité le fait, c'est un travail de plusieurs années" établit le candidat. Ce budget, il compte d'ailleurs le faire élargir. Tout comme son homologue en région Sud-Paca, Nicolas Forissier souhaite monter une équipe complète, direction Bruxelles, "pour aller chercher des fonds dans les programmes européens, les appels à projet qui sont lancés en dehors de des fonds structurels [que la région perçoit déjà]".

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