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Salon du cheval : travail en liberté, saut à la corde, Poste Hongroise, Elisa Laville, une artiste équestre différente

Elisa Laville, installée au Marais Vernier (76) animera la carrière assurera des animation tous les jours au salon du cheval. / © F-m.L
Elisa Laville, installée au Marais Vernier (76) animera la carrière assurera des animation tous les jours au salon du cheval. / © F-m.L

« Je n’ai jamais décidé d’apprendre des tours à mes poneys. J’ai juste eu envie d'être connectée avec eux ». Elisa Laville est devenue artiste équestre, en construisant un monde de libertés dans lequel elle invite les autres. Rien ne l'arrête.

Par Frédérique-marie Lamouret

Elisa Laville a 21 ans. Elle vient tout juste d’arrêter ses études commerciales.

C’était difficile de concilier les deux .

Et il faut dire que son emploi du temps est chargé, comme son planning à venir. « J’ai déjà plus d’une trentaine de dates calées pour 2019. Je me dis que vu l’accélération je n’aurais vraiment pas pu continuer. »

Cette profession de foi en elle, la jeune normande installée au Marais Vernier, a des raisons de l'affirmer. La petite dernière de 4 enfants suit ses grandes soeurs monter à cheval. Sans enthousiasme débordant d'ailleurs.  « Le saut d’obstacle j’en ai fait bien sûr. L’ambiance, les amis, les déplacements plusieurs jours, notamment à Lamotte Beuvron aux Championnats de France… Mais ce n’était pas fait pour moi. Il me manquait une dimension : la relation étroite, de confiance avec les chevaux. »

un chemin tracé par l'inné

Alors très vite, elle enchaîne les découvertes. Avec « Pony » le bien nommé, 27 ans, son ami depuis 21 ans... Elle tient presque à cheval avant de savoir marcher. Avec lui, elle tisse ces fameux liens ; elle lui apprend des "trucs". A enlever sa couverture, à sourire, faire une jambette. « La relation a toujours été très forte ».  Sans réfléchir, à l'instinct, sans jamais rien n’avoir appris des uns ou des autres.

Je n’ai jamais pris un cours.

On sent que la question elle l’a entendue des centaines de fois et qu’elle sait que sa réponse paraît décalée. « Je n’ai jamais pris de cours. Je me suis contentée de profiter des spectacles de certains grands noms de la spécialité, comme Lorenzo ou Pignon. J’étais impressionnée. Mais je n’ai pas pour autant essayé de comprendre leur technique. Je me suis lancée, à ma façon. »

Maturité, calme et liberté

Ce qui marque le plus chez cette très jeune femme, c’est sa maturité quand elle entre dans sa carrière avec les poneys. La maturité et le calme. La zénitude de la séance de travail en ce petit matin de novembre. Il fait froid près de la Seine à deux encablure du Havre.

Petits et grands poneys sont libres de leurs mouvements. Ils ne sont pas formatés, empêchés, contraints… Ils expriment leur personnalité. Ô combien quand il s’agit de Nuage, 10 ans, le clown de service. Cet empêcheur de tourner en rond, jaloux et possessif, très inventif pour garder la position centrale qu’il affectionne et détourner le regard de ses semblables…
 
 

Ma relation avec eux est très structurée. Je leur donne un cadre. Mais dans ce cadre, ils sont libres, ils sont vrais… Je n’ai aucune envie de plaquer un modèle… Ils sont eux-mêmes et nos échanges sont denses. Si je ne donnais pas, ils ne me rendraient pas autant. Ils ont envie de faire ce que je leur demande. Ils le montrent clairement. 

Elisa Laville : "Ils sont eux-mêmes et nos échanges sont denses. Si je ne donnais pas, ils ne me rendraient pas autant. Ils ont envie de faire ce que je leur demande. Ils le montrent clairement." / © F-m.L
Elisa Laville : "Ils sont eux-mêmes et nos échanges sont denses. Si je ne donnais pas, ils ne me rendraient pas autant. Ils ont envie de faire ce que je leur demande. Ils le montrent clairement." / © F-m.L
 

Poste hongroise, travail en liberté… mais aussi saut à la corde


Elisa est attendue tous les jours pour son spectacle sur la carrière show (hall 5A) au salon du cheval de Villepinte. Un programme aujourd’hui très complet. Les visiteurs pourront tous les jours de la semaine la voir enchaîner ses spécialités : travail en liberté, voltige, Poste Hongroise. Avec la manière aussi : sans filet, sans enrênements.

A Villepinte elle est en terres connues. L’an passé, elle a été invitée pour participer à la nuit du Cheval… Mais surtout, c’est le salon du cheval qui l’a lancée. Non pas par hasard mais d'avantage par un heureux concours de circonstance. « Voyant ce que je parvenais à obtenir de mes poneys, mes sœurs et des amies m’ont inscrite à Equistar, il y a 3 ans » dit-elle avec simplicité. Sa mère, qui suit la petite dernière dans ses déplacements,  poursuit

Elle n’était pas consciente de ce qu’elle faisait, ni du niveau de ce qu’elle obtenait déjà à l’époque. 

Et c'est vrai que le flashback donne déjà l'ampleur du travail réalisé même si elle ne le vit pas ainsi. Avec une spécialité incroyable qu'elle ne cesse de perfectionner depuis : le saut à la corde du cheval au galop ( à 4' sur la vidéo Youtube à suivre)
 

 Après Equistar, les choses se sont enchaînées et Elisa est devenue professionnelle. Avec davantage de contrats, plus gros… Mieux payés.

Pour l'exercice de son métier maintenant, Elisa continue avec sa méthode qui n'appartient qu'à elle. Elle gère tout.  De façon spontanée ou en apprenant au fil de l'eau. La communication numérique évidemment avec sa page Facebook, sa chaine Youtube, mais aussi le contact clientèle. « C’est trop important cet aspect pour ne pas s'investir. » Encore une histoire de liens.

Des poneys cabossés de la vie

Elisa prépare sa semaine parisienne avec simplicité et dans la confiance réciproque avec ces poneys qui ont tous des profils très différents. Outre le vétéran Pony et le petit Nuage, mascotte de l’édition 2018, les autres poneys de la cavalerie racontent également qui elle est. Elle a besoin de chevaux de caractère. « Ils ne peuvent pas être passifs. Ils doivent être forcément intéressés par ce qu’ils font ». Mais ils sont aussi très représentatifs de la variété avec des profils et des origines très diverses.

Car les choix d’Elisa sont également guidés, depuis longtemps, par la capacité à venir en aide aux chevaux en difficulté.  Aucun d’eux n’a de lignée connue ou réputée d’excellence. A côté de Maïka, 16 ans, une jument née chez elle que rien n’émeut vraiment, à l’existence facile, il y a Adéos… Un grisou bien cabossé par la vie. « Je l’ai récupéré, c’était un cheval battu. J’ai mis des mois et des mois à seulement pouvoir entrer dans son box sans déclencher des séquences de peur panique. Nous avons fait des progrès ensemble. »

Cette arche de Noë, en attendant que les marais soient inondés, a quitté les rives de la Seine pour venir poser sa capacité à faire rêver à deux encablures de Paris. 

avec ses horaires de passage


Elisa Laville est heureuse de ce début de semaine au Salon du Cheval de Villepinte. Ses chevaux sont géniaux et très généreux. Au salon, rien n'est simple ; avec le bruit et tout ce monde elle tente d’être au maximum présente avec ses poneys. Elle les sort en début et fin de journée, les laisse profiter des pistes chaque soir. 

Ils gèrent très bien!

Elle essaie d’alterner les moments où les chevaux travaillent pendant que d’autres se reposent. 

Je m’amuse beaucoup sur ce salon, comme d'habitude je m'y sens bien.

Elisa Laville au travail avec ses poneys / © FML / France Télévisions
Elisa Laville au travail avec ses poneys / © FML / France Télévisions


Retourner sur la piste de la Nuit du Cheval lui fait toujours un petit quelque chose au cœur. Ce salon c’est chez elle, c’est là qu'elle a commencé. Elle connaît bien les pistes et les gens.

C’est toujours un plaisir, une émotion d’être sur le Salon du Cheval. J'adore venir ici.

Le mercredi, jour des enfants, est important pour la Normande. Elle souhaite être proche de son public d’enfants. Pour cela elle a déguisé son poney Nuage en père Noël et celui-ci a fait le tour du salon.





 

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