Un syndicat d'agriculteurs s'oppose à l'urbanisation des terres autour de la centrale de Chinon

Les terres autour de la centrale nucléaire de Chinon sont au cœur d'une polémique entre la Confédération paysanne et la communauté de communes. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP
Les terres autour de la centrale nucléaire de Chinon sont au cœur d'une polémique entre la Confédération paysanne et la communauté de communes. / © GUILLAUME SOUVANT / AFP

La Confédération paysanne s’oppose au classement de terres « naturelles » en terres urbanisables autour de la centrale nucléaire de Chinon. Une contestation infondée, pour le maire de la commune.

Par Sophie Maréchal

«Aujourd’hui tout le monde s’accorde sur la nécessité de préserver les terres agricoles», déclare la Confédération Paysanne dans un communiqué publié le jeudi 7 novembre. Tout le monde, sauf la communauté de communes de Chinon Vienne et Loire dans l’élaboration de son plan local d’urbanisme et d’habitat, ajoute en substance le syndicat d’agriculteurs.

«Dans le PLUI actuellement soumis à consultation c’est 130 hectares de terres classées "N" (zone naturelle) qui deviendraient "2AU", c’est-à-dire urbanisables au profit de la centrale nucléaire [de Chinon], sans qu’aucun projet d’aménagement ne soit défini, ce qui est contraire aux pratiques habituelles», reprend la Confédération, inquiète quant aux conséquences potentiellement néfastes pour l’environnement d’une telle urbanisation et pour la douzaine d’hectares de terres AOC Chinon servant à la viticulture potentiellement «sacrifiés».

90 des 130 hectares urbanisables déjà créés

Contacté, le maire de Chinon et président de la communauté de communes Chinon Vienne et Loire, Jean-Luc Dupont, tente de dégonfler la polémique : «Ce n’est pas du tout ça ! Autour de la centrale, 90 hectares de zone d’urbanisation différée, dite 2AU, ont déjà été créés depuis 30 ans. Le nouveau PLUI transformerait 40 hectares de "zone naturelle", et non pas 130 !»

L’exploitation actuelle des terres autour de la centrale nucléaire restera donc à court et moyen terme inchangée. «C’est une simple anticipation des besoins à long terme, poursuit Jean-Luc Dupont. L’urbanisation ou non de cette zone dépendra de la programmation pluriannuelle de l’énergie décidée par le gouvernement d’ici 2025 »

D’autre part, le PLUI en cours d’élaboration a prévu de transformer 60 hectares actuellement constructibles en terrains dits «naturels», pouvant être utilisés comme zones agricoles. «En moyenne 3 hectares sur chacune des 19 communes de la communauté Chinon Vienne et Loire sortiront de la constructibilité. Donc, au final, le nouveau PLUI sera plus équilibré que le plan actuel», insiste le maire de Chinon.
La carte des 19 communes de la communauté Chinon Vienne et Loire. / © CC-CVL
La carte des 19 communes de la communauté Chinon Vienne et Loire. / © CC-CVL
 

Une enquête publique en cours jusqu'au 4 décembre

Le PLUI de la communauté de communes a reçu des avis favorables de toutes les structures étatiques, sauf de la chambre d’agriculture, «défavorable par principe, et qui n’a pas pris en compte les 60 hectares redonnés à l’exploitation agricole», précise Jean-Luc Dupont.

Une enquête publique est en cours, depuis le 4 novembre et jusqu’au 4 décembre, pour permettre à chacun de s’exprimer sur la question. Des permanences du commissaire enquêteur sont assurées à Avoine, Chinon et Cinais.

L’occasion, pour la Confédération paysanne, d’inviter les habitants à exprimer leur désaccord dans les registres à leur disposition.

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