Vaccination obligatoire au Covid-19 : le point sur la situation des soignants du Centre-Val de Loire

Le vaccin contre le Covid-19 est obligatoire pour les personnels du secteur médico-social. A partir du 15 septembre, il faut avoir reçu au moins une dose, sous peine de suspension. A deux jours du premier ultimatum, les soignants se sont fait vacciner en grande majorité.
Image d'illustration d'un vaccin anti-covid.
Image d'illustration d'un vaccin anti-covid. © Guillaume Bonnefont - MAX PPP

La piqûre sinon rien. À partir du mercredi 15 septembre, l’obligation vaccinale contre le Covid-19 franchit une nouvelle étape. Le personnel des hôpitaux, des cliniques et des EHPAD, ainsi que les soignants libéraux, les pompiers, les ambulanciers, les employés à domicile. Ils devront tous avoir entamé leur parcours vaccinal. Autrement dit, avoir reçu au moins une dose. À partir du 15 octobre, il faudra les deux injections.

Pour l’instant, il n’y a pas de chiffre régional englobant toutes les professions. Mais en interrogeant les établissements de santé, on observe que cette obligation vaccinale est largement suivie. Les Hôpitaux de Chartres par exemple, se targuent d’un taux de vaccination de 99 % de son personnel, qu’il soit médical, non médical ou administratif. À Châteauroux, cinq médecins sur les 219 de l’hôpital n’ont pas envoyé leur justificatif. Sur les 1 101 salariés du paramédical, 91 ne l’ont pas fait. Au total, 7,3 % des salariés sont pour l’instant considérés comme étant non-vaccinés. Au Centre Hospitalier Jacques Cœur de Bourges, "une trentaine de situations à risque de suspension ont d'ores et déjà été identifiées (aucun médecin, 13 infirmiers, 8 aides-soignants et 10 personnels administratifs, techniques, logistiques)", indique la direction.

À Tours, les non-vaccinés représenteraient entre 50 et 80 personnes sur les 10 000 salariés du CHU. "On a des gens qui peuvent être vaccinés mais qui ne veulent pas transmettre leur certificat. Certains le feront au dernier moment. D’autres sont contre le fait de le donner aux employeurs", commente Samuel Rouget, le directeur des ressources humaines du CHU de Tours. Dans tous ces établissements, les chiffres pourront encore évoluer jusqu’au 15 septembre, une fois tous les documents reçus.

Hors hôpitaux, selon Santé Publique France, la vaccination pour le personnel des EHPAD est de 91 % en région Centre-Val de Loire.

 

Concernant les professionnels libéraux en région Centre-Val de Loire, 95,9 % d’entre eux sont vaccinés.

Manifestations le mardi 14 septembre

Pour les personnes n’ayant reçu qu’une dose, il faudra régulièrement, entre le 15 septembre et le 15 octobre, présenter un test négatif de moins de 72 heures. "Va-t-on vraiment les contrôler et exiger un test jusqu’à l’obtention du pass sanitaire ou pas ?", s’interroge Evelyne Poupet, directrice de l’hôpital de Châteauroux-le Blanc. "Si j’applique les textes, je dois le demander. À moins que l’ARS ne fasse preuve de souplesse jusqu’au 15 octobre". Une réunion est prévue ce mardi pour en discuter.

Mais sans les deux doses, impossible d’être au contact des patients. Pour les salariés, c’est la suspension sans rémunération, tant qu’ils ne transmettront pas les justificatifs à leur employeur. Si on ajoute les quelques personnes qui ont démissionné dans chaque établissement, il n’y aura pas assez de monde dans des services qui en manquent déjà, selon les syndicats. "Pour une région la moins bien dotée de France en personnel, ils [l'Etat, N.D.L.R.] vont encore démunir les services hospitaliers du médico-social. Ils vont encore aggravés l'accès au soins pour l'ensemble de la population", assure Sylvie Bertuit, secrétaire départementale de la CGT Santé/Action sociale du Loiret. Elle insiste par ailleurs sur ces salariés qui seraient en dépression grave "parce qu'on leur met la pression pour se faire vacciner".

"On se prépare à réorganiser comme on a l’habitude de faire quand on manque d’effectifs", prévient Evelyne Poupet, "en accord avec les professionnels, les médecins, les représentants du personnel. On regroupera sans doute les activités. En cardiologie par exemple, peut-être que l’on ne travaillera que sur un étage au lieu de deux". Fera-t-elle appel aux personnels soignants vaccinés pour remplacer les absents ? "Le personnel est épuisé. Il faut y aller avec beaucoup de précaution. C’est pour cela que l’on discutera. Notre souci commun, c’est de prendre en charge les patients qui vont se présenter. Si on met une pression supplémentaire, on aura des arrêts de travail sur lesquels on a aucun moyen d’action", souligne la directrice castelroussine.

 

 

À la veille de cette nouvelle étape dans l’obligation vaccinale, la CGT a lancé un appel national à manifester, ce mardi 14 septembre. Des rassemblements sont prévus devant les sièges de l’ARS de Bourges, Châteauroux et Orléans.

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