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Racket en Haute-Corse: Ouverture d'une enquête pour homicide volontaire en réunion  

Le parquet de Bastia a ouvert une enquête pour homicide volontaire en réunion après la mort d'un ouvrier agricole, abattu à son domicile d'Abazzia (Haute-Corse), dimanche 24 février. Les enquêteurs n'excluent pas un lien avec quatre affaires similaires en plaine orientale. 
Abazzia, 24 février 2013
Abazzia, 24 février 2013 © FTViastella

Enquête pour homicide volontaire et vol en réunion

Trois individus interpellés lundi en Haute-Corse après le meurtre la veille d'un ouvrier agricole marocain ont été remis en liberté mardi 26 février. Connus des services de police pour "vols aggravés", les trois hommes ont été libérés mardi avant le terme des 48 heures de leur garde-à-vue. 

Les perquisitions menées à leur domicile n'ont pas permis d'établir de lien avec la tentative d'extorsion de fond commise le 24 février sur deux ouvriers agricoles d'origine marocaine, deux frères, à Abazzia sur la commune de Prunelli di Fium'Orbu, au cours de laquelle l'un des deux hommes a été abattu. Aucune charge n'a été retenue contre eux par le parquet, qui avait exclu l'hypothèse d'un crime raciste, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête.

Dimanche soir, trois hommes cagoulés et armés ont fait irruption chez les deux ouvriers, leur réclamant de l'argent. Au cours du braquage, un coup de feu part, blessant mortellement la victime à l'aine. Tahid Ahmed Adaimé, 65 ans s'écroule à la sortie de son logement. Ses agresseurs fouillent le corps, et réalisant le décès, prennent la fuite, a-t-on indiqué de source proche de l'enquête.

Quatre affaires similaires en plaine o​rientale

Un crime crapuleux, qui n'est pas sans rappeler aux enquêteurs, quatre affaires similaires, commises ces derniers mois dans la région de Ghisonaccia et visant toujours des ouvriers agricoles, d'origine maghrébine. Des "cibles faciles", parfois "en situation irrégulière", qui ne peuvent donc pas systématiquement déposer plainte, a souligné le parquet de Bastia.

A chaque fois, les victimes sont violentées par deux ou trois individus, cagoulés et armés. Les témoignages parlent "d'armes différentes", fusil de chasse, arme de point et même "d'un pistolet mitrailleur type USI".

Les agresseurs repartent avec un maigre butin, quelques centaines d'euros, 2.000 dans le meilleur des cas. En août 2012, l'un des braquages fait un premier blessé, un homme touché à la jambe par balle de calibre 9mm.

L'enquête pour homicide volontaire en réunion a été confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie de la Haute-Corse qui a mobilisé d'importants moyens: vingt-cinq enquêteurs travaillent sur le dossier appuyés par l'IRCGN (l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) et un expert balisticien venu spécialement de Paris.

3ème homicide en Corse depuis début 2013
Après le meurtre d'un  jardiner tunisien tué à l'arme blanche à Porticcio le 28 janvier 2013 et l'assassinat de Dominique Laorenzi, un gérant d'établisement de nuit, le 12 février à Ajaccio, cet homicide est le troisième depuis le début de l'année en Corse.

Deux tentatives d'assassinats ont été également enregistrées depuis le début de l'année: l'une, le 25 janvier à Ponte-Leccia (Haute-Corse) sur Jean Gandolfi, parent d'une victime d'un triple assassinat en septembre 2012, et l'autre, le 21 février dans le Fium'orbu (Haute-Corse) sur Christophe Pieri, un ancien militant nationaliste.
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