• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Regard(s) sur la Corse

© IP3 PRESS/MAXPPP
© IP3 PRESS/MAXPPP

Dans la collection Tema,  Corsica Sera présente, durant la semaine  du 9 au 13 septembre, une série d'entretiens réalisés par Antoine Albertini et Philippe Villaret. Rencontres avec des personnalités. Elles ont en commun d'avoir en Corse, des ports d'attache et des regards à écouter-voir.

Par Antoine Albertini et Philippe Villaret édité par Jean Crozier

Léo Scheer

 / © FTViastella
/ © FTViastella

Port d’attache : San Firenzu.

La rencontre de Léo Scheer avec la Corse, c’est d’abord à Saint Florent qu’elle se déroule il y a une trentaine d’années. Davantage qu’un simple « coup de cœur » : une immersion dans cette Méditerranée dont l’apatride revendiqué, enfant des convulsions du XXème siècle totalitaire (il est le dernier représentant d’une famille en grande partie exterminée dans les camps nazis), ne soupçonnait pas les conséquences : « J’y ai découvert les notions de racines, d’attachement à la terre, d’importance de la nature, quelque chose qui ne me parlait pas de prime abord. »
S’il confesse « mal connaître le reste de l’île », Léo Scheer ne vit pas pour autant dans un bunker inaccessible. Pour s’en convaincre, il suffit de l’observer à Saint Florent, navigant entre mains serrées tous les trois mètres et petites habitudes qui signent l’intimité avec un lieu. Au Bar Le Passage, où il fait pratiquement figure de meuble, sa camomille est servie à 10h00 du matin sans qu’il ait besoin de la commander. On le macagne, il répond sur le même ton : un habitué parmi des dizaines d’autres. En feuilletant « le seul et unique journal » qu’il lise désormais – le Corse-Matin,  forcément – Léo Scheer avoue son dernier projet en date : « s’installer définitivement en Corse ».
DMCloud:102777
Rencontre avec Léo Scheer

1947 : Naissance à Pöcking, dans un camp de réfugiés au sud de Münich (Allemagne), de Ben Aaron Scheer. Sa famille, originaire de Cracovie, en Pologne, a été déportée par les Nazis.

1972 : soutien de sa thèse « Essai d'une sociologie de l'absurde », sous la direction de Gilles Deleuze et Louis Vincent Thomas.

1981 - 1988 : Numéro 2 de Havas puis pilier de Publicis, participe à la création de Canal+et TV6 qui deviendra M6.

1998 – 1999 : Divers postes de consultant en nouvelles technologies pour le gouvernement luxembourgeois ou Aérospatiale. Egalement producteur de télévision, notamment avec sa compagne Nathalie Rheims.

2000 : après, prend sa retraite et crée les Editions  Léo Scheer.

     

François Lenglet

 / © FTVinfo - FTViastella
/ © FTVinfo - FTViastella

Ports d’attache : Bastia, Guagnu.

Il s’étonne encore de sa subite notoriété, qui éclate en 2012 à l’occasion des débats télévisés de la présidentielle. Face aux candidats, la France endormie découvre un journaliste à la voix de basse qui semble imperméable au clin d’œil de connivence et harcèle poliment ses interlocuteurs jusqu’à les pousser dans leurs derniers retranchements. François Lenglet a beau dérouler un parcours journalistique sans faute depuis trente ans, son acte de naissance médiatique n’est paraphé qu’à ce moment-là et l’intéressé avoue n’avoir « toujours pas compris pourquoi… » Conséquence : les Bastiais peuvent enfin mettre un nom – et un pédigrée – sur cette silhouette discrète et familière qu’ils croisent chaque été dans les rues de la vieille ville et sur la place Saint-Nicolas depuis des années. Avec François Lenglet, pas besoin de préciser que le lieu de rendez-vous est le « troisième café en partant du haut de la place ». Sans s’agacer, il répond simplement : « Oui, oui, Les Palmiers, pas de souci ».
La Corse, il la découvre grâce à sa femme, bastiaise pur jus, il y a vingt-cinq ans. S’il « adore » l’ancienne cité génoise et les ruelles du Marché – mention spéciale, toutefois, « pour la Citadelle, un endroit que les Bastiais ne se sont pas encore appropriés » - il parcourt cependant l’île de long en large : une partie de la famille est fixée à Guagnu, l’autre point de ralliement estival. Cet été, les vacances ont été légèrement perturbées par les corrections du prochain opus de l’intéressé. Un essai dans lequel il explique que la mondialisation connaît ses derniers soubresauts. Iconoclaste ?
DMCloud:103393
Rencontre avec François Lenglet


Novembre 1961 : naissance en région parisienne, dans une famille originaire du nord de la France.

1983 : Après une double maîtrise de lettres modernes et de philosophie, débute comme journaliste.

1986 – 1989 : professeur de Français à Shangaï (Chine), correspondant en Chine pour divers titres de la presse française.

2000 – 2008 : directeur de la rédaction d’Enjeux-Les Echos.

2008 : entre au quotidien La Tribune, en devient directeur de la rédaction.

2011 : rejoint la rédaction de BFM Business.

Juin 2012 : nommé rédacteur en chef du service France au sein de la rédaction de France 2.

Septembre 2013 : anime une chronique quotidienne sur RTL, parution de son prochain livre « la Fin de la Mondialisation » (Fayard).

Pierre Noël Luiggi

 / © FTViastella
/ © FTViastella

Ports d’attache : marine d’Albo (Cap corse), Bastia

Le Marché de Bastia et la minuscule marine d’Albo, dans le Cap corse, forment la capitale sentimentale de son royaume, qui s’étend de Paris à Palo Alto (Californie) en passant par la Norvège où vit une partie de ses enfants. Fondateur visionnaire d’Oscaro.com, le leader mondial de la pièce détachée d’automobile sur Internet, Pierre Noël Luiggi n’a jamais rompu les attaches avec son île. A l’entendre, son incroyable aventure – qui prend sa source dans un rétroviseur brisé : écoutez son interview ! – aurait même raffermi les liens qui l’unissent à ses origines. Que de chemin parcouru à la vitesse grand V pour ce patron qui l’assure : une entreprise n’est constituée que… d’entrepreneurs ! Vendeur de fax dans le Sentier, dirigeant d’une PME familiale dans le BTP, il reçoit désormais les hommages du gotha économique.
Quand d’autres tirent la langue pour s’attirer une ébauche de commentaire favorable dans la presse spécialisée, Pierre Noël Luiggi, lui, peut sourire en parcourant les colonnes de l’intransigeant quotidien économique Les Echos, qui voit dans son entreprise « la nouvelle pépite de l’e-commerce français ». Pas de quoi lui faire prendre la grosse tête pour autant : assis à la terrasse du café de la Marine à Albo, le boss ressemble toujours à l’ado qu’il était. Et si jamais il s’avisait de perdre pied, la mère de ses deux derniers fils, elle aussi dans le top management de l’entreprise, veille au grain. Tout le monde sait que derrière la réussite d’un homme, se cache souvent… une femme !
DMCloud:102781
Rencontre avec Pierre-Noël Luiggi

>> Écoutez l'interview intégrale de Pierre-Noël Luiggi en cliquant ci-dessous : 

DMCloud:102785
Entretien avec Pierre-Noël Luiggi


Roberto Battistini & Stéphanie Prunier

Ports d'attache: Nebbiu, Pianottoli Caldarellu

De la Corse, il a conservé ses souvenirs d’enfance dans le Haut-Nebbiu, entre Soriu et Pieve. Elle a découvert l’île grâce à lui. Roberto Battistini, photographe, et Stéphanie Prunier, « partner » du géant de la com Havas WorldWide ont un pied au nord de la région et un au sud, à Pianottoli-Caldarellu. Du coup, habitués aux voyages (il a réalisé des reportages aux quatre coins du monde, elle conseille ses clients à l’international), ils ne sont pas dépaysés. Si Roberto vit la Corse de manière « viscérale, comme on aime quelqu’un », Stéphanie y a découvert l’authenticité d’une région où identité et valeurs « veulent encore dire quelque chose » et mise sur l’identité comme une force de développement. Leur « home sweet home » se mérite : un ancien pagliaghju restauré, niché à flanc de coteau au bord d’une route serpentine du Haut-Nebbiu, comme un poste de vigie surveillant les vallonnements d’une des plus belles – et des plus méconnues – microrégions de l’île. Ces deux dernières années, la Corse est devenu davantage qu’un lieu de villégiature et de souvenirs : la destination d’un pèlerinage de mémoire, que Roberto a entrepris pour le soixante-dixième anniversaire de la Libération de la Corse. Son grand-oncle, résistant, a été fusillé par l’Occupant après avoir été arrêté les armes à la main en 1943. En partant sur ses traces, il a retrouvé les acteurs connus ou non de cet épisode mythique de l’histoire de l’île, pour en tirer un livre et une exposition retraçant les exploits des libérateurs. Parce que « sa » Corse est aussi cela : un territoire au carrefour de souvenirs, de destinées et d’espoirs.
DMCloud:102793
Rencontre avec Stéphanie Prunier et Roberto Battistini
Crédit photos (c) A. Vittini / Cavallu corsu

Stéphanie
Mai 1968 : naissance à Chinon (Indre-et-Loire)
1992 : DEA de Droit privé, puis enseignement à la Fac de Tours
2003 : directrice de la communication du CNFPT
2007 – 2010 : conseillère en communication d’Hervé Morin, ministre de la Défense
2011 : Partner associée chez Havas WorldWide

Roberto
1959 : naissance à Bastia
1981 : Licence de cinéma à Paris VIII
1984 : entre à l’agence photo Viva
1985 : reporter à Médias Magazine, réalise des portraits de personnalités (dont la célèbre photo de Serge Gainsbourg grimé en Salvador Dali
1989 – 2000 : pendant dix ans, parcourt le monde pour le Figaro Madame et d’autres titres de la presse
2000 – 2013 : divers reportages, expos et travaux photographiques à découvrir sur le site robertobattistini.com

Sur le même sujet

Plaine orientale : un drone « intelligent » pour adapter le travail sur les exploitations agricoles 

Les + Lus