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La machine à cash du cercle Wagram devant le tribunal correctionnel de Paris

Jean-Angelo-Guazzelli, au Palais de Justice de Paris, le 16 septembre 2013 / © FTViastella
Jean-Angelo-Guazzelli, au Palais de Justice de Paris, le 16 septembre 2013 / © FTViastella

Fausse comptabilité, enveloppes de billets et parrains corses, le tribunal correctionnel de Paris juge, à partir du lundi 16 septembre, l'ancienne équipe dirigeante du cercle Wagram, un établissement de jeu parisien dont elle aurait détourné plusieurs millions d'euros.

Par Grégoire Bézie et Jean Crozier avec AFP

Sous la coupe du gang corse dit de "la brise de mer"​

Un premier volet de l'affaire a déjà été jugé à l'automne 2012, devant la même juridiction. Il concernait un "putsch" qui avait permis à une équipe rivale de celle dont le procès s'ouvre lundi de reprendre en main le cercle, en janvier 2011.

Etablissement de jeu de l'avenue de Wagram (XVIIe arrondissement), principalement dédié au poker, le cercle Wagram a compté, au plus fort de son activité, plus de 21.000 adhérents.

L'enquête a permis de déterminer qu'il a été placé durant au moins une dizaine d'années, sous la coupe du gang corse dit de "la brise de mer". Il en était de même pour un autre établissement de jeu parisien, le cercle Eldo (situé dans le IIIe arrondissement).

Trois membres de la "brise de mer", Richard Casanova, François-Antoine (dit Francis) Guazzelli et son frère Jean-Angelo Guazzelli sont soupçonnés d'avoir placé, à la tête du cercle, des hommes de confiance.

De ces trois hommes, seul Jean-Angelo Guazzelli comparaît devant le tribunal correctionnel, les deux autres ayant été tués par balles en Corse, respectivement en 2008 et 2009. Il était le seul des 16 prévenus encore détenu mais a été libéré mi-juillet.
La machine à cash du cercle Wagram devant le tribunal correctionnel
Me Marie-Hélène Fabiani, avocate de la Défense

90.000 à 350.000 euros détournés par mois​

Le système mis au point par cette filière corse a fonctionné comme une horloge suisse durant de nombreuses années, facilité par une législation peu contraignante, datant de 1947, et des contacts au sein de la police.

Concrètement, des prélèvements étaient effectués directement sur les tables de jeu, échappant à toute comptabilité. S'y ajoutaient les pourboires versés aux employés du cercle, dont une partie était détournée, le reste revenant au personnel dans des enveloppes.

Selon les estimations, le produit de l'ensemble de ces détournements aurait rapporté au gang de la brise de mer entre 90.000 et 350.000 euros par mois. Le cercle Wagram a été fermé en 2011, de même que le cercle Eldo.

Jean-Angelo Guazzelli et les principaux prévenus comparaissent pour association de malfaiteurs. S'y ajoutent, pour M. Guazzelli, le chef de recel d'abus de confiance et, pour ses hommes de main supposés, ceux d'abus de confiance et de travail dissimulé.

Les chefs de blanchiment et d'extorsion de fonds, initialement retenus lors de l'information judiciaire, ont finalement été écartés.

Le procès doit durer trois semaines, jusqu'au 4 octobre.
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Wagram: première journée d'audience
Jean Casta Maire de Pietralba Me Sophie Botaï Avocate de Jean Testagnière Reportage: Marie Françoise Stefani et Sylvie Françoise


Les auteurs du "putsch" de 2011 seront, eux, rejugés mi-novembre, le parquet ayant fait appel.

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