Octobre 2012: l'assassinat d'une figure du barreau corse, l'avocat Antoine Sollacaro

Le 16 octobre 2012, l'avocat Antoine Sollacaro était assassiné dans un station service d'Ajaccio au volant de sa voiture / © PASCAL POCHARD CASABIANCA
Le 16 octobre 2012, l'avocat Antoine Sollacaro était assassiné dans un station service d'Ajaccio au volant de sa voiture / © PASCAL POCHARD CASABIANCA

C'était il y a tout juste un an. Le 16 octobre 2012, l'avocat Antoine Sollacaro était assassiné à Ajaccio. Cet homicide avait provoqué une réaction du gouvernement sur la violence criminelle en Corse. Trois hommes, proches de la bande du Petit bar, ont depuis été mis en examen. 

Par Grégoire Bézie

"Être au coeur de toutes ces affaires était la source de crispations majeures", confiait un magistrat marseillais au sujet du célèbre pénaliste insulaire quelques jours après qu'il fut tué par balles, en octobre 2012, à l'âge de 63 ans, au volant de sa Porsche dans une station-service d'Ajaccio.

Me Sollacaro, connu pour sa défense d'Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998, était aussi l'avocat d'Alain Orsoni, ex-dirigeant nationaliste corse devenu président du club de football de l'AC Ajaccio en 2008, après douze années d'exil en Amérique latine et en Espagne où il travaillait dans le secteur des jeux.

Mais à peine revenu dans l'île, la PJ déjoue un projet d'assassinat à son encontre fin août 2008. A l'issue du procès en 2011, six hommes sont condamnés, dont Pascal Porri, qui fait partie des trois suspects mis en examen dans l'enquête sur l'assassinat de Me Sollacaro.
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Assassinat d'Antoine Sollacaro, un an après
Joseph Fabiani, propriétaire de la station service; Paul Sollacaro, avocat, fils d'Antoine Sollacaro

La bande du Petit bar en toile de fond​

Porri, 40 ans, est né sur le Cours Napoléon à Ajaccio, l'adresse du Petit Bar. Depuis les années 2000, des jeunes s'y réunissent autour de son propriétaire, Ange Marie Michelosi (assassiné en 2008), la gérance étant assurée par un certain Francis Castola, puis par Porri lui-même. A ses côtés, deux hommes, André Bacchiolelli, 45 ans, et Mickaël Ettori, 39 ans, présentés comme des "piliers" de la bande, sont interpellés.

Lors de son arrestation dans un hôtel luxueux de Porticcio, sur la rive sud du golfe d'Ajaccio, André Bacchiolelli a tenté de se débarrasser d'un pistolet automatique 9 mm en le jetant à la mer. Mais l'arme a été récupérée.

C'est en faisant "parler" une moto BMW 1200 GS découverte au fond d'un ravin que les enquêteurs avaient pisté les tueurs présumés. La moto avait été filmée par les caméras de vidéosurveillance,. Coup de chance pour les enquêteurs, l'engin n'avait pas été brûlée, livrant de nombreuses traces ADN et donnant lieu à un vaste coup de filet.

André Bacchiolelli et Mickaël Ettori ont été mis en examen pour assassinat en bande organisée, association de malfaiteurs et recel de vol aggravé en bande organisée. Pascal Porri a été mis en examen des mêmes chefs, exception faite de l'assassinat qui ne lui est pas directement reproché. Il a été libéré et placé sous contrôle judicaire en septembre, avec interdiction de se rendre en Corse. 

Tous les trois nient les faits qui leur sont reprochés.


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