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Grève à la SNCM : paroles de salariés

Ils sont 700 en Corse et souvent, leurs organisations syndicales parlent à leur place. Ils, ce sont les salariés de la SNCM. Comment vivent-ils ce nouveau conflit social ? Quelles sont leurs craintes ? Leurs espoirs ? Parole aux salariés, en toute liberté.
Grève à la SNCM : au 7ème jour du conflit à la SNCM, des salariés livrent leurs sentiments
Grève à la SNCM : au 7ème jour du conflit à la SNCM, des salariés livrent leurs sentiments © FTViaStella
Ils s'appellent Marc-Antoine, Dumè, Raphaël ou Alexia... Salariés de la SNCM, CDD, syndiqués ou non, au septième jour d'une énième grève, ils disent leurs inquiétudes, leur usure aussi.

Me dire que je vais aller pointer au chômage, c'est surtout ça qui me fait très, très peur

Beaucoup disent rester déterminés, mais ils sont de plus en plus nombreux à ne plus taire leurs craintes, comme Alexia. Après treize ans dans la compagnie, elle a mis un mot sur sa crainte. "Me dire que je vais aller pointer au chômage, rechercher un travail en Corse, alors que l'on sait qu'il y a un taux de chômage plus important qu'ailleurs, c'est surtout ça qui me fait très, très peur" témoigne-t-elle.

Les gens qui nous invectivent, doivent se mettre à notre place

Une peur partagée par des centaines de familles de salariés de la compagnie. Des employés parfois blessés par le regard de l'opinion corse: c'est le cas de Marc-Antoine, entré à la SNCM il y a seize ans. "Les gens qui nous invectivent, doivent d'abord se mettre à notre place. Imaginez que demain eux-mêmes, ils risquent de perdre leurs emplois. A partir de là je pense qu'il nous comprendrons" justifie-t-il. 

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Grève à la SNCM : paroles de salariés

 

Au bout de trente ans de navigation, on se sent usé mais déterminé

Certains de ses salariés naviguent depuis trois décennies. Mais après une vie de marin, si la grève l'affecte, Dumè ne pense plus vraiment à lui. "Au bout de trente ans de navigation, on se sent usé mais déterminé pour l'avenir des jeunes derrière et en l'occurence pour cette jeunesse corse qui aspire à avoir un travail correct".

Je ne veux même pas imaginer l'avenir sans la SNCM

Mais comment parler d'avenir à Raphaël ? Il fait partie des 460 CDD de la SNCM. Son emploi menacé, il y pense dit-il "nuit et jour", sans nier pour autant les erreurs du passé. "C'est vrai que notre image a pris un coup avec toutes les grèves qu'il y a pu avoir (...). Moi, je me vois à la SNCM, je ne veux même pas imaginer l'avenir sans la SNCM".   

Navigants ou sédentaires tous se disent prêts à lutter pour leurs emplois, sans voir pour l'instant beaucoup d'espoir à l'horizon.
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