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Banditisme corse: un prévenu décrit une vie en sursis

Palais de Justice de Marseille / © GERARD JULIEN/AFP
Palais de Justice de Marseille / © GERARD JULIEN/AFP

Personnage central d'un procès corse pour trafic de drogue et détention d'armes à Marseille, Ange Marie Michelosi, qui a perdu père et tante dans des règlements de comptes, a décrit lundi 24 février, un quotidien passé à échapper à d'éventuels assassins.

Par POC avec AFP


"Tous les matins quand je me lève, je ne sais pas si ça va être mon dernier jour": depuis le meurtre de son père en juillet 2008 et de sa tante Marie-Jeanne Bozzi, ancienne élue tombée sous les balles en avril 2011, le prévenu de 25 ans, originaire du village d'Albitreccia (Corse-du-Sud), vit dans la peur d'être pris pour cible à son tour.


Une vigilance de tous les instants, de multiples "précautions", "pas de lieu de vie attitré", des changements de voiture en cours de trajet, des "coups de sécurité" selon son expression, pour tromper l'ennemi, des perruques pour se grimer: Michelosi, physique banal et fort accent corse, a livré, souvent provocateur, le récit d'une existence "conditionnée" par les décès de ses proches. 

Seule échappatoire, des déplacements sur le continent pour "se promener et boire un café en terrasse", autant d'activités interdites car trop risquées à Ajaccio. "Les réponses sont compliquées parce que ma vie est compliquée. Des faits qui peuvent paraître suspects à vos yeux, c'est ma vie", relève-t-il, niant toute implication dans un quelconque trafic de drogue, malgré la découverte de courriers compromettants, d'un arsenal ainsi que d'une dizaine de kilos de cannabis et 500 grammes de cocaïne. 


Ange-Marie Michelosi réfute tout lien avec la bande du" Petit Bar"

"Vous me dites que je suis un chef de clan, c'est pas vrai!", s'emporte le jeune homme, longuement interrogé par la présidente du tribunal correctionnel, Emmanuelle Bessone, sur la base des surveillances menées pendant plus d'un an jusqu'à son interpellation le 14 février 2012. "La drogue, j'y ai jamais touché, j'y toucherai jamais, j'ai pas été élevé comme ça", insiste-t-il.

Se tournant vers ses coprévenus - huit hommes et une femme, âgés de 24 à 50 ans -, il explique les connaître pour la plupart "depuis tout petit". "J'ai grandi avec eux, on a vécu ensemble, on a partagé le même lit. C'est plus que de l'amitié, c'est de la famille. C'est grâce à eux si je suis vivant aujourd'hui", affirme Ange Marie Michelosi, surnommé "le gros". - 'Bronzés' et 'Mentalist' -

Condamné par le passé pour détention et transport d'armes, Ange Marie Michelosi a également réfuté tout lien avec la bande du "Petit Bar", du nom d'un ancien café d'Ajaccio propriété de son père, qui était présenté comme le leader de ce groupe criminel. Lui a "refusé la succession" et ironise-t-il, "je ne suis pas un observateur du banditisme corse, je ne suis pas Jacques Follorou", auteur d'ouvrages de référence sur la mafia insulaire. 


Un ami de Guy et Alain Orsoni

Quant à ses relations avec l'ancien militant nationaliste Alain Orsoni et son fils Guy, sur fond de règlements de comptes, elles ne lui causent "aucun souci". "Guy Orsoni, quand on se croise en prison, pas plus tard que samedi, on se dit bonjour, il n'y a pas d'inimitié entre nous", raconte-t-il.
Pressé de s'expliquer par la présidente sur des agissements douteux, l'homme, dépeint comme "courtois et cultivé", s'agace, prenant à témoin ses compagnons de box: "j'ai pas mémoire de ce que j'ai fait trois ans en arrière.
C'est comme si je vous demandais ce que vous avez mangé le 21 janvier 2011!
". Il met en doute aussi les procès-verbaux des policiers,  raille les suppositions des enquêteurs - "ça c'est le travail du +Mentalist+ qui, je savais pas, était en poste à Ajaccio", s'amuse-t-il en référence à la série américaine.

Les cagoules et gants en latex retrouvés? Ange Marie Michelosi a réponse à tout: pour se protéger du froid en moto, pour bricoler... "On ne tourne pas un épisode des bronzés font du banditisme", lance-t-il à la présidente du tribunal, qui entendra les réquisitions mardi 25 février.

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