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Torpille de cocaïne sous un navire: arrestation d'un intermédiaire corse

Un échantillon de cocaïne pesé lors d'une saisie (Illustration) / © MANOOCHER DEGHATI / AFP
Un échantillon de cocaïne pesé lors d'une saisie (Illustration) / © MANOOCHER DEGHATI / AFP

Un Corse, soupçonné d'avoir joué un rôle pivot dans l'affaire d'une torpille remplie de cocaïne fixée à la coque d'un pétrolier intercepté aux Pays-Bas en avril 2013, a été écroué vendredi 18 juillet à Bastia, selon la police judiciaire de Nice.

Par Grégoire Bézie avec AFP

100 kilos de cocaïne cachés dans une torpille​

L'homme de 55 ans, François-Marie Berard, vivait depuis 2009 dans la région de Pereira en Colombie. Rentré au printemps en France, il a été interpellé mardi sur la voie publique dans sa ville natale de Bastia et entendu en garde à vue, avant d'être déféré dans les prochains jours devant un juge marseillais.

Il est soupçonné par les enquêteurs de la PJ de Nice d'avoir recruté les Français chargés de réceptionner les 100 kilos de cocaïne cachés dans la torpille et d'avoir joué un rôle d'intermédiaire auprès des fournisseurs de drogue, des narco-trafiquants vénézuéliens et colombiens.

Berard, qui avait des échanges par téléphone ou internet avec ces Français impliqués dans le trafic, a été identifié et localisé avec l'aide de la police colombienne. Il était soupçonné depuis 2010 d'être impliqué dans des trafics de stupéfiants.


Une cargaison d'une valeur d'au moins 3,5 millions d'euros​

La torpille orange et sa précieuse cargaison d'une valeur d'au moins 3,5 millions d'euros, avaient été saisies le 19 avril 2013 dans le port de Rotterdam.

Huit personnes avaient été mises en examen au printemps 2013 dans ce dossier, confié au juge Christophe Perruaux, de la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs, chargée des affaires de grand banditisme) de Marseille. Sept personnes avaient été écrouées et une autre placée sous contrôle judiciaire.

Parmi elles, l'un des plus célèbres braqueurs de France: Marc Armando, cerveau présumé il y a vingt ans du "casse du siècle" à la Banque de France de Toulon en 1992. Armando, 56 ans, s'était toutefois pendu dans sa cellule de la prison des Baumettes, au lendemain de son arrestation.

Est notamment écroué dans cette affaire le Corse Jean-Michel Dominici, frère d'Ange-Philippe Dominici, cerveau présumé du vol de 668 kilos d'or en Suisse en janvier 2004 dans la société Metalor qui lui avait valu une condamnation à 14 ans de prison.

Des exercices de plongée nocturne​

L'enquête avait commencé dans la nuit du 16 au 17 juin 2012, sur la zone portuaire de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône).

Des employés du port, avisant un plongeur muni d'un propulseur défectueux, avaient appelé les gendarmes maritimes. L'homme avait rejoint entre-temps trois autres complices munis de matériel de plongée et d'un radeau pneumatique. Un contrôle d'identité avait révélé la présence parmi eux de plusieurs anciens malfaiteurs connus de la police.

La police judiciaire de Nice, la Jirs de Marseille et la gendarmerie maritime avaient alors été saisies de l'enquête et avaient commencé à surveiller tous les déplacements des suspects, ainsi que de leurs fréquentations, dont Marc Armando. Les compères faisaient notamment des exercices de plongée nocturne du côté d'Antibes (Alpes-Maritimes).

Trois suspects, dont Armando, se sont finalement retrouvés aux premières loges aux Pays-Bas, où ils ont été repérés observant le Laguna D, pétrolier battant pavillon néerlandais parti du Vénézuela le 23 mars et dont la précieuse cargaison fut récupérée par les douaniers néerlandais.

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