A Bastia, union sacrée et course aux micros pour les élus

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Restés discrets à Ajaccio ou dans d'autres cortèges, à Bastia beaucoup d'élus ont joué des coudes pour être au premier plan. Regrettable dans ce grand moment de recueillement et de mobilisation. 

Le pas cadencé, ils fendent sur plusieurs centaines de mètres la foule immense qui s’est massée devant le palais de justice de Bastia.

Certains ont choisi de ceindre l’écharpe tricolore - même ceux qui n'y sont pas autorisés par la loi comme le conseiller municipal et président de la CAB, François Tatti- comme pour mieux se distinguer. La plupart jouent des coudes pour avoir une place sur la photo et tenir la banderole.

Devant les jeunes musulmans, les représentants des cultes, la LDH, les anonymes… les élus n’ont jamais avancé aussi vite !

Les mises en garde contre tout risque de politiser l’événement, contre toute récupération ont pourtant résonné fortement ces quelques jours, mais l’appel des micros et des caméras semble plus fort pour certains. 

Ils ont passé leur temps à essayer de s’insérer dans le protocole au mépris souvent du respect imposé par ce grand moment de recueillement.

Ôte toi de là que je m'y mette... 

Sur la place Saint Nicolas, l’heure est à l’émotion quand les représentants des différentes religions s’expriment.
Pourtant en coulisse le jeune bloggeur qui organisait – avec d’autres - l’événement est l’objet de toutes les sollicitations et la valse des élus n’observera pas le temps du respect dû à ces prises de paroles.


On parlemente, on négocie pour avoir sa place au micro, sur la photo. Président de la Cab, maire, certains conseillers généraux ou municipaux, leaders de partis…. sont de cet affligeant ballet pour savoir qui va parler à la foule. 

Calcul politique ou vrai agacement, le maire de Bastia déclinera tout compte fait l’invitation à s’exprimer "pour laisser place à la société civile". 

In fine seul le président du conseil général de la Haute-Corse par intérim Jean-Jacques Padovani prononcera un discours avec derrière lui l'ensemble des élus. Mais là aussi c’est la course pour trouver une place sur l’estrade et sur la photo... 

C’est dans ces moments là que Cabu, Charb et les autres nous manquent… ils auraient à coup sûr su croquer avec humour ce triste manège.
Nous rappeler que la politique ne connaît jamais de trêve.