A fiera di u Casgiu : "on doit tout le temps s'adapter au rythme des chèvres et du fromage"

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Écrit par A.Altimare

Du 30 avril au 1er mai, se tient la 25e édition d'a fiera di u casgiu de Venaco. Une première manifestation après deux années marquées par la pandémie de Covid. Rencontre avec une bergère, installée à Bastelica.

Chez les Beaumont-Luciani l'élevage est une affaire de famille. Originaire de Venaco, Laurence s'est installée à son compte en 2015 à Bastelica. "Mes parents étaient bergers à Venaco. Au début, ils faisaient des chèvres puis sont passés aux brebis. Je travaille le fromage depuis que je suis petite, j'ai appris la traite", explique la toute jeune quarantenaire.


À 21 ans, diplômée d'une licence de biologie, elle décide "de suivre un garçon" qui rachète 80 chèvres à ses parents. Le couple s'installe à Bastelica et "augmente doucement le cheptel". Un cheptel qui compte actuellement 200 animaux. "Mon mari est aussi issu d'une famille de bergers. Ils étaient installés en plaine, à l'embouchure du Prunelli", précise Laurence.

"On a tout fait pour limiter la casse"

Comme la plupart des exposants, le Covid a eu des conséquences sur l'activité des Beaumont-Luciani. "Il y a eu une chute des ventes. Mes trois filles ont créé une page Facebook pour la fromagerie et nous avons aussi organisé un petit peu de vente directe. On a tout fait pour bien gérer et pour limiter la casse. Par exemple, nous avons fait des reports d'affinage sous vide", précise la bergère. Une méthode qui permet de "bloquer le fromage à quatre jours d'affinage" et ainsi "lisser les ventes".

Le métier a séduit une des filles, étudiante au lycée agricole. "Elle veut se lancer", sourit Laurence. Elle constate tout de même : "on a eu une grande conversation autour de la transmission. Personnellement, je trouve qu'il y a un certain confort, on n'essaye pas d'aller voir ailleurs et faire autre chose. Il n'y a pas de jugement de valeur, mais juste un état des lieux, on sait ce que ça entraîne et le temps que ça prend."

Laurence précise par exemple que la traite des chèvres se tient deux fois dans la journée, une fois tôt le matin et une seconde fois en fin d'après-midi. "On doit tout le temps s'adapter au rythme des chèvres et à celui du fromage."

Laurence Beaumont-Luciani est présente à la foire du fromage de Venaco jusqu'au 1er mai.