Administration : à quoi servent les maisons France services et où se trouvent-elles en Corse ?

Le Premier ministre a annoncé, hier, la création de 300 nouvelles maisons France services sur l'ensemble du territoire. Fondées en 2019, ces structures entendent renforcer la présence des services publics de proximité, et simplifier le quotidien des usagers en regroupant sur un même site plusieurs administrations. La Corse en compte déjà une trentaine.

Délais à rallonge, procédures floues, manque d'information des usagers sur les dispositifs d'aide et d'accompagnement... Comment améliorer l'efficacité de l'administration française sur l'ensemble du territoire ?

Alors que les critiques sur la complexité des démarches administratives sont légion depuis des années - voire des décennies -, le Premier ministre a annoncé, hier, mardi, sa volonté de simplifier le quotidien des administrés. Ceci, notamment, en mettant l'intelligence artificielle (IA) "au service" des usagers et des fonctionnaires, et en développant le réseau des maisons France Services, avec la création de 300 structures supplémentaires dans des villes moyennes (qui comptent entre 20.000 et 100.000 habitants) d'ici 2026.

À ce jour, le réseau France services dispose de 2700 guichets, déployés sur l'ensemble du territoire. Avec ces nouvelles implantations, le territoire national en comptera ainsi autour de 3000. Chacune sera subventionnée en 2024 à hauteur de 40.000 euros, a détaillé Matignon. Le montant de subventions de l'Etat pour les années 2025 et 2026 n'est en revanche pas arrêté.

La promesse du retour du service public "au cœur des territoires"

Créé en 2019, le réseau France services s'est vu attribuer un objectif : permettre aux usagers d'effectuer diverses démarches administratives dans un lieu unique. Une manière, estime le gouvernement, d'assurer le "retour du service public au cœur des territoires", avec l'ambition d'avoir accès à une de ses maisons France services à moins de 20 minutes de chez soi, quel que soit l'endroit où l'on se trouve sur le territoire national.

En Corse, il existe à ce jour 34 maisons France services (15 en Corse-du-Sud, 19 en Haute-Corse) ; 3 structures France services multi-sites, et un bus France services dans le Centre Corse.

Dans chacune des maisons France services peuvent être sollicités neuf services de l'Etat ou partenaires de l'Etat : la direction générale des finances publiques (DGFIP), l'agence nationale des titres sécurisés (ANTS), Point-Justice, La Poste, Pôle emploi, la caisse nationale des allocations familiales (CAF), l'assurance maladie (CPAM), l'assurance retraite, la mutualité sociale agricole (MSA) et France Rénov' et le chèque énergie.

Les collectivités peuvent aussi choisir de déployer des offres de services complémentaires.

Concrètement, les agents France service sont formés pour apporter des réponses adaptées aux situations personnelles des usagers, rappelle le gouvernement. Ils peuvent ainsi être sollicités pour une question, un accompagnement dans une démarche administrative comme sa déclaration de revenus, par exemple, des renouvellements de papiers d'identité... Ils peuvent également apporter, pour ceux qui en auraient besoin, un accompagnement au numérique.

Cinq ans après son déploiement, le réseau France services remplierait en tout cas ses objectifs : les enquêtes de satisfactions menées auprès de ses usagers indiquent que 80% des démarches seraient "entièrement résolues" dès le premier passage dans une de ses structures.

Vers un déploiement de l'intelligence artificielle dans l'administration

Autre point abordé mardi par le Premier ministre : le déploiement de l'IA "au service des Français". Une annonce avancée, justement, après la visite par Gabriel Attal de la maison France Services de Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, qui utilise déjà une IA générative 100% française.

L'administration fiscale devrait ainsi déployer une intelligence artificielle 100% française. Nommée "Albert", celle-ci a été conçue par la direction interministérielle du numérique (Dinum), "pour rédiger les réponses aux 16 millions de demandes annuelles en ligne", a précisé le Premier ministre. 

Chaque réponse sera néanmoins validée ou modifiée le cas échéant par un agent. "Mais l'analyse de la réglementation sera automatisée, les réponses drastiquement accélérées, et le travail des agents rendu moins pénible et plus intéressant", a-t-il fait valoir.

De même, 4.000 projets environnementaux déposés chaque année dans les directions régionales de l'environnement seront désormais "pré-instruits par une IA", comme des projets de parcs éoliens ou d'aménagement urbain. 

Cette IA servira aussi "dès la fin de l'année" à automatiser la retranscription d'audiences judiciaires, le dépôt de plaintes ou les comptes rendus médicaux. Elle sera également mise au service de la détection des feux de forêts ou de la gestion RH des fonctionnaires.

Reste néanmoins un point souligné par Gabriel Attal : l'IA n'aura pas vocation à "remplacer les agents publics". "L'IA et la présence humaine sont hautement compatibles et vont même pouvoir se renforcer: à l'IA les tâches rébarbatives, et aux agents publics le lien avec nos concitoyens", a-t-il affirmé.

Devant la complexité de l'administration, il a aussi annoncé le lancement d'un audit, "ministère par ministère, pour passer en revue l'intégralité des contenus en ligne et des formulaires" et rendre le langage administratif "intelligible et accessible".
Le chef du gouvernement a enfin confirmé que la procuration de vote en ligne, possible aux prochaines élections européennes, serait étendue aux autres scrutins.

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