Grève des infirmiers anesthésistes : au centre hospitalier d'Ajaccio, le mouvement se durcit

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Écrit par A.Altimare
À l'appel de la CGT Santé, un mouvement de grève national des infirmiers anesthésistes est prévu jusqu'au 11 novembre.
À l'appel de la CGT Santé, un mouvement de grève national des infirmiers anesthésistes est prévu jusqu'au 11 novembre. © Pascal Pochard-Casabianca / AFP

Les infirmiers anesthésistes sont en grève, au niveau national, jusqu'au 11 novembre. Entrés dans le mouvement le 4 novembre dernier, les professionnels du centre hospitalier d'Ajaccio sont tous en grève ce lundi.

Il s'agit de leur second mouvement de grève en moins de deux mois. À l'appel de la CGT Santé, les infirmiers anesthésistes sont mobilisés jusuqu'au 11 novembre.

Au centre hospitalier (CH) d'Ajaccio, Thierry Patton, infirmier anesthésiste et secrétaire de section CGT, a annoncé, le 4 novembre dernier, "un mouvement dur en écho à ce qu'il se passe au niveau national."

Quatre jours plus tard, suite à un conflit avec la direction de l'établissement, selon le syndicaliste, le mouvement s'est accentué. Ainsi, un seul bloc opératoire, sur les sept que compte le centre hospitalier d'Ajaccio, fonctionne. "La semaine dernière, nous souhaitions des pour-parlers avec les chirurgiens afin d'assurer certaines opérations comme en cancérologie. Face à l'opposition de la direction qui ne respecte pas notre droit de grève, plus aucune opération n'est assurée", précise Thierry Patton. 

"Seuls les chirurgiens peuvent évaluer l'urgence d'une opération"

Des accusations que Jean-Luc Pesce, directeur du CH Ajaccio, réfute. "Je respecte le droit de grève. Mais la santé est un secteur sensible, et ce droit ne peut pas s'appliquer comme dans d'autres secteurs. Nous sommes un service public et nous avons aussi des devoirs. Nous ne pouvons pas reporter sine die des opérations. Cela peut être dangereux pour les patients et personne d'autre que les chirurgiens ne peuvent évaluer l'urgence d'une intervention. D'autant plus que nous risquons d'entrer dans une 5e vague de Covid et je ne peux pas me permettre de dire nous opérerons plus tard", explique-t-il. Le mouvement est reconductible mardi et mercredi. 

L'objectif des infirmiers anesthésistes protestataires est toujours d'"obtenir une véritable reconnaissance à la hauteur de (leurs) compétences", c'est-à-dire une prise en compte dans la loi, les décrets et les salaires de leurs deux années de spécialisation, en plus des trois ans de formation initiale en école d'infirmières. "Pour pallier au manque de médecins anesthésistes, souvent, l'infirmier gère. Et ces compétences ne sont toujours pas actées, nous sommes toujours catalogués comme des exécutants et nos salaires n'évoluent pas", précise le secrétaire de section CGT.

Selon lui, la différence salariale entre un infirmier anesthésiste, grade master, et un infirmier, grade licence, est de 50 euros en début de carrière et de 200 euros en fin de carrière.

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