Autonomie de la Corse : Olivier Faure, Éric Ciotti, Sandrine Rousseau, Eric Coquerel, Nicolas Dupont-Aignan les politiques réagissent à l’accord trouvé entre les élus insulaires et le gouvernement

Un accord sur un projet d'écriture constitutionnelle sur l'autonomie de la Corse a été trouvé entre le gouvernement et des élus insulaires, dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mars. Un accord qui fait réagir la classe politique nationale.

Vers la fin du processus de Beauvau. Dans la nuit du lundi 11 au mardi 12 mars, un accord sur un projet “d’écriture constitutionnelleprévoyant “la reconnaissance d’un statut d’autonomie” de la Corse “au sein de la République” a été trouvé entre le gouvernement et les élus insulaires.   

Le texte qui a obtenu un “consensus large” selon le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, va désormais être soumis à l’Assemblée de Corse afin d’être voté par l’institution.  

Comme après chaque grande étape de ces discussions, la classe politique nationale a commencé à réagir dès le début de matinée, mardi. Invité de la matinale de France Info, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, souligne que ce “précédent” aura “certainement des conséquences ailleurs sur le territoire”.  

Sur la question des grands principes, je suis plutôt favorable à une forme d’autonomie. Je souhaite que nous puissions aller plus loin dans l’exercice qui permet à des entités qui ont des identités très fortes de pouvoir l’exprimer et de ne pas agir comme si nous étions tous métropolitains, même si la Corse fait partie de la métropole, comme si nous étions tous à l’identique. Il y a des territoires avec des spécificités dont il faut tenir compte”, poursuit-il.  

“Constitutionnaliser le communautarisme” 

Un accord de principe partagé par Éric Ciotti, président des Républicains, qui “s’oppose” néanmoins “à ce que le pouvoir législatif soit transféré du Parlement français à l’assemblée territoriale corse”. Il précise au micro de Sud Radio : “Pour nous, la ligne rouge, c’est la délégation du pouvoir législatif. On ne délègue pas le pouvoir législatif, même si j’entends qu’il y ait cette possibilité d’aller plus loin vers une forme d’autonomie en Corse. 

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, écrit dans une publication sur X - anciennement Twitter : "Contrairement aux proclamations officielles, le projet sur la Corse revient bien à constitutionnaliser le communautarisme. Reconnaître « une communauté historique,linguistique et culturelle » revient bien à reconnaître la notion de peuple corse comme l’affirmait le 25/2 dernier Gilles Simeoni dans La Tribune Dimanche. Un pas dangereux à franchir."

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale de nombreux députés ont donné leur avis sur cet accord au micro de France 3 Corse ViaStella. Franck Allisio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône, indique : "Nous, notre limite c’est l’inscription dans la Constitution. On considère que c’est inutile. La priorité c’est résoudre les problèmes des Corses au quotidien. Nous avons des solutions là-dessus."

"Que la collectivité de Corse fasse son travail avant de vouloir toujours plus"

Président de Debout la France et député de l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, estime, quant à lui, que "la collectivité de Corse a suffisament de compétences qu'elle n'exerce pas avant de vouloir en dévorer d'autres".

"Il y a dans un cette histoire de processus beaucoup d’hypocrisie de la part tant de l’État, qui pourrait adapter certaines choses, mais aussi de la collectivité qui se sert de la métropole et de l’État comme un bouc émissaire de ce qu’elle ne fait pas. Alors que la collectivité fasse son travail, utilise toutes les opportunités qu’elle a avant de vouloir toujours plus, sans faire correctement ce qu’elle a déjà", poursuit-il.

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Images et interview : Yann Benard ©France Télévisions

"C'est une évolution qui va dans le bon sens"

À gauche, le député La France Insoumise, Éric Coquerel, rappelle que son parti "a toujours été favorable à une telle évolution". Dorénavant il faut attendre la loi organique et devra prendre en compte, selon lui trois priorités : " Cela ne doit pas être quelque chose qui doit se généraliser à titre d’exemple et qui pourrait disloquer la République avec tous les territoires régionaux qui demandent la même chose ; qu’il y ait une consultation de la population corse ; que soit inscrit dans la loi organique un principe de non-régression sociale et écologique. Autrement dit que quand il y a adaptation, voire création de normes, ça soit en tenant compte de ce cadre-là."

La députée écologiste Sandrine Rousseau évoque "une évolution qui va dans le bon sens". "Les écologistes prônent depuis de nombreuses années un plus grand pouvoir aux régions et je pense que c’est une question qui renvoie à la transformation écologique. C’est-à-dire que des mesures prises de Paris, de manière uniforme sur le territoire, ne sont pas acceptables et acceptées par nos concitoyens. Donc donner du poids aux régions, ça permet de donner de l’autonomie. La Corse est évidemment demanderesse de cette autonomie depuis bien longtemps maintenant", détaille-t-elle.

Lundi soir, huit élus insulaires ont une nouvelle fois été conviés à un dîner à la table du ministre de l’Intérieur, Place Beauvau, à Paris. En plus de Gilles Simeoni et Marie-Antoinette Maupertuis, respectivement président du conseil exécutif de Corse et présidente de l’Assemblée de Corse (ADC), se trouvaient aussi un sénateur et un député insulaires de droite et quatre présidents de groupe à l’ADC.  

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