Bonifacio : des manquements d’organisation et la fatigue d’un marin à l’origine de l’échouement du cargo Rhodanus

Selon un rapport consulté par France 3 Corse ViaStella, la généralisation de mauvaises pratiques en termes d’organisation des quarts et la fatigue accumulée par un marin ont contribué à l’échouement du cargo Rhodanus dans la réserve naturelle de Bonifacio, le 13 octobre 2019.

Le cargo Rhodanus s'était échoué à Bonifacio, sur la plage de Cala Longa, le 13 octobre 2019.
Le cargo Rhodanus s'était échoué à Bonifacio, sur la plage de Cala Longa, le 13 octobre 2019. © Stéphane LAPERA/France 3 Corse ViaStella

L’échouement du cargo Rhodanus dans la réserve des Bouches de Bonifacio, le 13 octobre 2019, aurait-il pu être évité ? Selon un rapport d'enquête consulté par France 3 Corse ViaStella, la "généralisation de mauvaises pratiques en termes d’organisation des quarts" et la fatigue accumulée par un marin sont à l’origine de l’échouement.

Le rapport d’enquête consulté tire des conclusions éloquentes. En plus de problèmes structurels d'organisation (absence sur la passerelle, repos pendant le quart, absence de veilleur...), le facteur humain a contribué à l’accident.

"Surcroît de travail et fatigue accumulée" par un marin

Le rapport souligne ainsi l’inexpérience d’un marin, engagé comme matelot mais finalement utilisé comme officier à bord du cargo. Ce même marin qui a fait abstraction de ses temps de repos s’est retrouvé en "surcroît de travail" pendant trois mois. Et la situation a entraîné une "fatigue accumulée" qui a contribué à l’accident, souligne le rapport.

Des conclusions qui confirment la thèse de manquements, qui avaient d'ailleurs abouti à la condamnation du chef de quart du cargo Rhodanus et de son capitaine à six mois de prison avec sursis et 3.000 euros d’amende par le tribunal de Marseille, en février 2020.

Les Bouches de Bonifacio, une zone particulièrement vulnérable et dangereuse.

Le procureur avait égrené une série de "manquements et de négligences" à bord d’un cargo composé de sept membres d'équipage qui avait fendu la nuit tel un "navire fantôme sans commandant". 

Parmi lesquels : le débranchement du dispositif "d'homme-mort", une alarme qui se déclenche en cas d'inactivité prolongée, l’endormissement du chef de quart ou encore la négligence du capitaine, qui n'avait pas mis de réveil pour aider au passage des Bouches de Bonifacio, une zone particulièrement vulnérable et dangereuse.

À la suite de l’échouement du cargo Rhodanus, le ministère de la Transition écologique avait pointé un "défaut de veille déterminant" dans la survenue de l'échouement du cargo Rhodanus dans la réserve naturelle de Bonifacio.

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