CARTE - Découvrez les sites protégés par le conservatoire du littoral en Corse

En Corse, le conservatoire du littoral protège déjà 20.000 hectares répartis sur 72 sites. Et alors qu'il compte doubler ce périmètre d'ici à 2050, des extensions de périmètre ont d'ailleurs été actées lors du conseil des rivages qui s'est tenu mercredi à Bonifacio.

Illustration - Girolata fait partie des acquisitions du conservatoire du littoral. Ici, la structure compte étendre sa protection sur plus de 200 hectares.
Illustration - Girolata fait partie des acquisitions du conservatoire du littoral. Ici, la structure compte étendre sa protection sur plus de 200 hectares. © Pascal Pochard-Casabianca / AFP
Depuis plus de 40 ans, le conservatoire du littoral sanctuarise les trésors des côtes corses en multipliant les acquisitions de terrains.

Un objectif principal : protéger ces espaces, souvent menacés par l'urbanisation ou la surfréquentation touristique, les surveiller et les mettre en valeur. Et en la matière, la Corse a valeur d'exemple. 

Il y a un attachement des Corses à leur terre, donc il y a toujours eu une volonté de protection toute tendance politique confondue.

Michel Murraciole, délégué du conservatoire du littoral en Corse.

Depuis peu, un cap majeur vient d'y être franchi avec l'acquisition de 20.000 hectares répartis sur 72 sites littoraux ou arrières littoraux. Une fois acquis par le conservatoire du littoral, ces terrains sont inaliénables, inconstructibles et promis à un devenir naturel.

En tout, un quart des côtes insulaires sont protégées, c'est plus que dans n'importe quelle autre région française. "Cela a été rendu possible parce que la Corse a su garder un caractère naturel comparé à d'autres régions comme les Alpes-Maritimes où l'urbanisation a été beaucoup plus importante. Et puis, il y a un attachement des Corses à leur terre, donc il y a toujours eu une volonté de protection et de préservation et ce toute tendance politique confondue", explique Michel Muracciole, délégué du conservatoire du littoral en Corse.Il n'empêche que l'acquisition de ces terrains est un travail de longue haleine. "Parfois les discussions peuvent durer des dizaines d'années, actuellement nous avons des centaines de dossiers ouverts. Et tout peut se débloquer d'un coup lors d'une sortie d'indivision ou d'un héritage", précise Michel Muracciole.

Une difficulté à laquelle s'ajoute la question de la spéculation foncière. "Quand on touche au foncier, il faut régulièrement faire face aux appétits des autres acquéreurs. Ça peut être compliqué parce que même si les terrains laissés à l'abandon pendant des années ne valent plus grand-chose, les propriétaires y sont attachés sentimentalement et espèrent les vendre plus cher", reprend le délégué du conservatoire du littoral en Corse.

17.000 hectares supplémentaires d'ici à 2050

D'ici à 2050, le conservatoire du littoral compte presque doubler ses acquisitions en Corse avec l'obtention de 17.000 hectares supplémentaires. Si au début de son action, le conservatoire a pu compter sur l'achat de grands domaines fonciers, il "avance dorénavant au fur et à mesure" grâce à de petits terrains.

Les zones sont déjà identifiées, certaines d'entre elles ont d'ailleurs été actées, mercredi, lors de la réunion du conseil des rivages à Bonifacio. Elles concernent quatre extensions : 200 hectares à Galeria sur le site de l'embouchure du Fango ; 28,7 hectares à Castellare di Casinca et Penta di Casinca sur le site des rivages de Casinca ; 11,7 hectares à Solaro sur le site du Travo et 204,5 hectares à Osani sur les sites de Scandola, Girolata et Gradelle-Caspiu.

Une nouvelle acquisition a également été votée : 11 hectares à Pietracorbara sur le site d'Ampuglia. Il comprend l'arrière-plage, le marais et le boisement humide à l'ouest de la route départementale 81.

15 millions d'euros espérés

Le plan de relance annoncé par le gouvernement suite à la crise économique liée à l'épidémie de coronavirus pourrait aider le conservatoire du littoral à se lancer dans de "nouveaux challenges".

Ainsi, 25 millions d'euros ont été accordés à la structure au niveau national par la ministre de la Transition écologique et solidaire Barbara Pompili. Une somme qui permettra notamment de créer des emplois à travers l'environnement.

Au niveau local, Michel Murraciole espère débloquer 15 millions d'euros, cofinancés par le conservatoire du littoral, la collectivité de Corse et des investissements européens. Ils serviront à acquérir de nouveaux terrains mais aussi à développer certains projets de réhabilitation, comme les phares.
 
Les acquisitions du conservatoire du littoral en chiffres
  • 20.556 hectares protégés
  • 3.000 hectares loués à des exploitants agricoles
  • 49 sentiers de promenades ou de randonnée soit 217 kilomètres
  • 70 gardes du littoral
  • 1 gestionnaire principal : la collectivité de Corse
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