[Corse] Confinement et grignotage : les liaisons dangereuses...

Le gouvernement a annoncé le confinement généralisé, mardi, pour limiter la propagation du Coronavirus. Ainsi depuis deux jours, chacun a le même réflexe : ouvrir les placards et le frigo. Les conseils de Célia Sarossy, diététicienne nutritionniste pour limiter la prise de poids. 
Télétravail, baisse de l'activité physique et du lien social, la période de confinement obligatoire peut être source de stress ou d'ennui, et la tentation est grande, de céder à la gourmandise.
Télétravail, baisse de l'activité physique et du lien social, la période de confinement obligatoire peut être source de stress ou d'ennui, et la tentation est grande, de céder à la gourmandise. © Mandel NGAN / AFP
Télétravail, baisse de l'activité physique et du lien social, la période de confinement obligatoire, en Corse comme ailleurs, peut être source de stress ou d'ennui, et la tentation est grande, de céder à la gourmandise.

 

Pourquoi le sucre est-il source de réconfort ? On fait le point avec Celia Sarossy, diététicienne nutritionniste, elle vous donne quelques conseils pour limiter la prise de poids, et rester en bonne santé.
 Célia Sarossy : Depuis la petite enfance, le goût sucré est source de réconfort. Et en période de stress, le premier réflexe, c'est le grignotage. Il va permettre de sécréter de la sérotonine, communément appelée « hormone du bonheur ». Naturellement présente dans le corps, en particulier dans le tube digestif, c'est un antidépresseur naturel. Cette hormone est sécrétée lorsqu'on fait du sport. Alors en période de confinement, le piège, c'est d'être tenté à la vue des placards bien pleins... Essayez de conserver une activité physique, même à la maison. 
 
C.S. :  L'angoisse, le stress, la tristesse, l'ennui... Et au risque de vous saper le moral, le confinement entraînera une diminution de l'activité physique, donc une baisse des besoins caloriques : en clair il faudra manger moins. Mais ce n'est pas une raison pour déprimer, sinon gare au cercle vicieux ! Il faut donc cultiver la bonne humeur. Ecoutez de la musique, lisez, faîtes des activités avec vos enfants...  Garder le moral, évitera le grignotage. 

   C.S. :  C'est le moment de sourire : oui, c'est aussi valable pour la gourmandise, mais, de temps en temps.  Accordez-vous des pauses gourmandes, idéalement deux fois dans la semaine. Attention, le danger c'est quand on se laisse aller quotidiennement, à ce moment là, c'est de la gloutonnerie,  il n'est plus question de plaisir. 
 C.S. : Et si vous mettiez le temps du confinement à profit ? Il serait malin de réfléchir aux menus de la semaine, en fonction de ce que vous avez dans vos placards, et d'ajuster vos courses en fonction des menus établis. Ça peut être ludique de préparer ces menus en famille. Gardez en tête une alimentation équilibrée quand vous élaborez vos idées de repas... »

 
 C.S. : Il faut manger en « pleine conscience ». Vous allez comprendre : ça peut être s'amuser en famille, prendre le temps d'observer son alimentation, les couleurs, les parfums, les arômes, les textures... Jouer avec la mémoire gustative, essayer de partager des anecdotes « ça me fait penser aux gâteaux de mamie ». Une fois en bouche, essayer de décrire les textures, pourquoi j'aime ou j'aime moins... ça va permettre de se concentrer, de prendre conscience de ce qu'on mange, et d'éveiller tous les sens plutôt que grignoter en faisant autre chose. C'est le principe de la slow food ».
 C.S. : Je reconnais que ce n'est pas tous les jours facile. Moi par exemple, en ce moment mes légumes s'abiment donc j'essaye de trouver des idées pour ne pas les jeter ! Ca peut être des assaisonnements avec des épices, ou alors faire une quiche aux légumes. D'ailleurs, faire la pâte soi-même, c'est bon, et c'est une façon de s'inscrire dans une logique « anti-gaspillage ». Parce que faire soi-même, ça permet de se responsabiliser et on est moins tenté de jeter. Et puis c'est ludique pour occuper les enfants. 
 C.S : Pour la baisse de moral, le remède ultime reste le chocolat, mais en mode « pleine conscience ». Privilégiez le chocolat à 75% de cacao (pas le plus facile à trouver) c'est le meilleur d'un point de vue nutritionnel. Mais de temps en temps, vous pouvez céder au chocolat aux noix ou noisettes, apport d'omégas 3, c'est bon pour la santé et le moral. Pour les plus courageux, voire ceux qui seraient nostalgiques, l'huile de foie de morue est aussi une grande source d'omégas 3, mais beaucoup moins sexy ... 

 
 C.S : Contrairement aux idées reçues, il n'y a pas de nombre idéal, il faut manger quand on a faim. On est tous différents, notre alimentation doit nous ressembler le plus possible. Il faut se demander de quoi on a besoin. Certains ne mangent que deux repas par jour, d'autres ont besoin de six repas. Le temps du confinement peut être mis à profit pour cette réflexion.
 C.S :  Pour les goûters des enfants : un verre de lait et une part de gâteau maison, ou un verre de lait végétal pour les intolérants au lactose et un ou deux carrés de chocolat en fonction de l'âge, pas plus. Pour les adultes : un fruit et quelques amandes (une dizaine), ou encore un yaourt un peu épais et des fruits secs à mélanger pour apporter un peu de croquant, ou enfin un morceau de pain et de fromage (pas le plateau!). La collation c'est quand on a faim, idéalement entre 16 et 18h, ça ne sert à rien de se retenir. Rappelez-vous : il faut manger quand on a faim, pas quand on s'ennuie, c'est la nuance. »


Sur les réseaux sociaux, beaucoup annoncent renoncer à leur « Body summer » en postant des photos de gâteaux maison. De nombreuses vidéos humoristiques circulent également sur les effets du confinement et des excès de nourriture. Ne vous avouez pas vaincus, et gardez le sourire. S'imposer un rythme, même en télétravail, permet d'éviter les mauvaises habitudes.

Prenez soin de vous, et restez #InCasa.





 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus/covid-19 santé société