#InCasa : Quoi lire, quoi regarder pendant le confinement : les conseils de nos invités très spéciaux ! (Episode 1)

Philippe Jaenada, prix Femina 2017, a choisi Jacques le Fataliste de Diderot / © Raphaël Poletti
Philippe Jaenada, prix Femina 2017, a choisi Jacques le Fataliste de Diderot / © Raphaël Poletti

Chaque jour, des auteurs, corses, continentaux ou internationaux, des acteurs culturels, et des anonymes, concoctent un conseil pour nos internautes. Et le casting est de choix ! Premier à s'y frotter, Philippe Jaenada, prix Fémina 2017, qui nous vante les mérites de Diderot...

Par Sébastien Bonifay

Le conseil littérature de Philippe Jaenada, prix Femina 2017 pour La Serpe :

Philippe Jaenada / © YOAN VALAT/EFE/Newscom/MaxPPP
Philippe Jaenada / © YOAN VALAT/EFE/Newscom/MaxPPP


Jacques le Fataliste, de Diderot


"Alors alors…
Evidemment, j’ai pensé à pas mal de trucs, de livres, je veux dire, mais assez rapidement, je me suis dit : « Euh, t’es con ou quoi ? »
Il n’y a plus de librairies, il y a des gens qui n’aiment pas acheter sur le net, on ne sait pas si les livraisons sont bien maintenues, etc...
Bref, j’ai dû trouver une petite parade. Alors donc, je conseille la lecture de Jacques le Fataliste, de Diderot.

 
Le choix de Philippe Jaenada / © Le livre de Poche
Le choix de Philippe Jaenada / © Le livre de Poche
 

Diderot est un très bon roommate de confinement - Philippe Jaenada


D’abord, parce que c’est mon livre de base, c’est-à-dire le seul que je relise régulièrement, pour me rappeler ce qu’est la narration ; ensuite, parce que c’est un classique, et qu’on repousse toujours la lecture des classiques, puisque par définition ils seront toujours là, donc on a le temps, mais du coup on ne les lit jamais ; ensuite parce que ça change les idées, c’est le contraire du confinement, ce sont deux types qui n’arrêtent pas de marcher, on ne sait pas vraiment où ni vers où, eux non plus d’ailleurs, et tout le monde s’en fout ; deux types qui évoquent – sans en avoir l’air, juste en se baladant – les grandes questions de la vie, celles qu’inévitablement, on se pose quand on est coincé à la maison et qu’on a vu tous les films – Diderot est un très bon roommate de confinement  ; parce que c’est intelligent, drôle, qu’il y a de l’action, du suspense et de la tension sexuelle – ça ne fait jamais de mal ; et enfin parce que c’est dans le domaine public, et qu’on peut donc facilement le trouver gratuit, sur le net ou sur sa liseuse. 
Voilà voilà.

Phil."




Philippe Jaenada, la bio :

Peu importent l’époque, le sujet ou l’humeur de leur auteur, les livres de Jaenada sont toujours à forte teneur autobiographique. Mais on est loin de l’autofiction ou du nombrilisme. Son œuvre est incroyablement spirituelle.
Légère et débordante d’autodérision. Même lorsqu’il s’attaque à des sujets aussi sérieux, voire tragiques, que l’affaire Pauline Dubuisson dans les années 50, qui avait déjà inspiré le film La Vérité, de Clouzot, ou encore le parcours du légendaire braqueur Sulak dans la France des années 1970.

Dans La Serpe, son dernier ouvrage, il s’intéresse à l’histoire de Georges Arnaud, l’auteur du roman Salaire de la peur, qui donnera le film du même nom.
Un écrivain à succès qui, toute sa vie, sera soupçonné d’avoir assassiné sa famille à coups de serpe, en 1941, dans un château du Périgord…
Fasciné par cette histoire, Jaenada part sur ses traces, et mène l’enquête, à sa manière. Unique et irrésistible.


 
La Serpe, prix Femina 2017 / © Julliard
La Serpe, prix Femina 2017 / © Julliard



 

Avoir le temps de lire, pour une fois...

La phrase que les libraires, les bibliothécaires et les écrivains entendent le plus souvent, c'est "J'adore lire, mais j'ai jamais le temps !". 
Maintenant, et pour quelques jours au moins, nous l'avons. 

Vous êtes chez vous, et vous avez regardé mille fois tous les épisodes de Friends. 
Que l'on soit grand lecteur, lecteur occasionnel, ou pas du tout lecteur, c'est le moment où jamais de tenter des choses, de sortir de sa zone de confort, de prendre le temps de regarder des films, d'écouter des disques, de lire des livres, ceux qu'on laisse de côté, qu'on garde pour plus tard sans jamais y aller, ou dont on est persuadés qu'ils ne sont pas pour nous. 
Avoir le temps de lire, pour une fois.
Le risque, c'est celui d'avoir perdu quelques heures qui, de toute manière, ne vous manquent pas, si par malheur ça ne vous plaît pas.
Le pari, c'est de passer quelques heures formidables qui vous divertiront, vous ferons rire, bousculeront vos certitudes, vous ferons faire un pas de côté, et voir les choses un peu autrement. 
Ca vaut le coup d'essayer. 

On a demandé à des écrivains, des libraires, des artistes, des bibliothécaires de choisir un livre pour les Corses confinés chez eux, et de nous dire, en quelques mots, pourquoi ce choix. 
Et tous ont répondu favorablement. 
 

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