Ajaccio : un groupe de femmes colle des affiches pour dénoncer les féminicides 

Le groupe « Collages Féminicides Ajaccio » vient de se créer. Ses membres, des femmes parfois victimes de violences conjugales, collent des affiches sur les murs de la ville pour dénoncer les féminicides. / © Collages Fémincides Ajaccio / Facebook
Le groupe « Collages Féminicides Ajaccio » vient de se créer. Ses membres, des femmes parfois victimes de violences conjugales, collent des affiches sur les murs de la ville pour dénoncer les féminicides. / © Collages Fémincides Ajaccio / Facebook

Le groupe « Collages Féminicides Ajaccio » vient de se créer. Ses membres, des femmes parfois victimes de violences conjugales, collent des affiches sur les murs de la ville pour dénoncer les féminicides. Depuis le début de l’année, 11 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. 

Par A.A / France 3 Corse ViaStella

« Pas une de plus » ; « 150 féminicides en 2019 » ; « Déjà 10 féminicides en 2020 » … Ces phrases courtes et percutantes apparaissent sur les murs d’Ajaccio au petit matin. 

 


Elles sont le résultat d’actions d’un petit groupe de femmes qui agit discrètement la nuit. Leurs armes : un pot de gouache noire, des feuilles et de la colle. « Au niveau des colleuses, je tiens à ce qu’il n’y ait que des femmes. Certaines ont parfois été victimes de violences conjugales et donc je préfère qu’on reste dans une sphère féminine », Eva Diesel, initiatrice du groupe Collages Féminicides Ajaccio. 
 

« Il n’y a pas de petites violences, il y a seulement de la violence »


Toutes connaissent les risques : une verbalisation et une amende de 68 euros. « Mais ça vaut le coup », lance Eva Diesel. 
 
Ajaccio : un groupe de femmes colle des affiches pour dénoncer les féminicides
Intervenants - Eva Diesel, Initiatrice du groupe "Collages Féminicides Ajaccio" ; Carole, Membre du groupe "Collages Féminicides Ajaccio" ; Sarah, Membre du groupe "Collages Féminicides Ajaccio". Equipe - Céline Lerouxel ; Stéphane Lapera ; Vanessa Culioli

Pour leur troisième sortie, elles sont quatre. Parmi elles, des mères qui portent également leurs messages au sein de la cellule familiale. « Je dis à ma fille que l’amour ce n’est pas la violence, c’est tout le contraire », livre Carole, membre du groupe. « Et puis il n’y a pas de petites violences, il y a seulement de la violence », complète Sarah, une autre membre. 

En 2019, 150 femmes sont mortes, tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France selon le collectif féministe Nous Toutes. 

 


En novembre dernier, le gouvernement a annoncé la mise en place de 50 mesures (Une ligne d’écoute étendue ; plus d’intervenants sociaux dans les commissariats ; le suivi des auteurs de violences…) suite au grenelle sur les violences conjugales. Des mesures considérées comme insuffisantes par les associations féministes. 

La Corse a connu huit féminicides ces 10 dernières années. 


 

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