Ajaccio : la police municipale s'arme de revolvers, l'opposition sceptique

Depuis une semaine, la police municipale d'Ajaccio est équipée d'armes de poing. La mairie veut ainsi revaloriser ses agents. L'opposition s'interroge sur cette décision.

Illustration. Les policiers municipaux d'Ajaccio sont dotés de Manhurin 357, depuis mi-avril.
Illustration. Les policiers municipaux d'Ajaccio sont dotés de Manhurin 357, depuis mi-avril. © Michael Esdourrubailh/MaxPPP

Depuis quelques jours, un nouvel équipement s'est ajouté à la ceinture des policiers d'Ajaccio. Et pas des moindres. Les agents de la ville sont désormais munis d'armes de poing.

Un changement voulu par la municipalité : "C'est le résultat d'un processus entamé il y a un an et demi. Nous voulions revaloriser notre police et renforcer leur capacité à agir sur le terrain", explique Stéphane Sbraggia, premier adjoint au maire, en charge des questions de sécurité. Il tient à souligner qu'il ne s'agissait toutefois pas "d'une priorité".

"Nous sommes une ville de 70 000 habitants. 90 000 pendant la période estivale. Nous n'avons pas assez de policiers pour la population totale. Nous voulions donc qu'ils soient équipés comme il faut", précise l'adjoint au maire.

Pour Stéphane Sbraggia, il s'agit aussi d'une mesure préventive : "Quand les policiers municipaux procèdent à des contrôles, ils peuvent parfois retrouver des couteaux, des barres à mine... On ne peut pas envoyer nos policiers sur le terrain avec des matraques en mousse", ajoute l'élu.

Ce ne sont pas des cow-boys.

Stéphane Sbraggia, premier adjoint au maire.

Un équipement "obsolète" ?

La trentaine d'agents de la police municipale ont, au préalable, passé des examens physiques et psychologiques à l'armement. Puis, ils ont suivi des formations : "Ce ne sont pas des cow-boys, ils savent se servir de leurs armes", précise Stéphane Sbraggia.

Tous les agents ont passé ces différentes étapes et sont équipés, depuis une semaine, de Manhurins MR73. Un don de la police nationale, qui utilise désormais un pistolet Glock semi-automatique.

"On a accepté un don, mais cet équipement paraît obsolète. Si vous avez des terroristes devant vous, ils auront des armes automatiques. Pas des revolvers", réagit Jean-André Miniconi.

Le membre de l'opposition (Femu Aiacciu) assure ne pas être farouchement opposé à la mesure : "Mais, le concept de sécurité ne s'arrête pas à armer la police. Il faut agir sur le terrain, déployer des médiateurs dans les quartiers. Il faut un travail de fond. Et cette mesure, c'est davantage un coup médiatique."

Un renforcement des effectifs à venir

L'élu d'opposition aurait également souhaité que la priorité soit axée sur le renforcement des effectifs et sur le renouvellement des caméras de vidéo-surveillance.

Ce à quoi répond Stéphane Sbraggia : "Nous avons un projet de renforcement des équipes dans les 3 à 5 prochaines années. Nous allons aussi rétablir et renforcer le parc existant de caméras de vidéosurveillance."

Jusqu'ici, seuls 3 policiers municipaux en Corse-du-Sud étaient équipés d'armes de poing, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Aucun agent municipal en Haute-Corse ne bénéficie d'un tel équipement.

Au niveau national, 13 692 policiers municipaux étaient dotés d'une arme à feu de poing, au 1er janvier 2020. Un chiffre en hausse de 12% par rapport à l'année précédente.

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