Ajaccio : première édition du festival Notte Sacre

Du 9 au 11 juillet, l’association Notte Sacre organise à Ajaccio son premier festival dédié au chant et à la musique sacrés. Pendant trois jours, des concerts seront proposés dans différents lieux de la ville.
Parmi les têtes d’affiche, A Filetta ouvrira les festivités le 9 juillet.
Parmi les têtes d’affiche, A Filetta ouvrira les festivités le 9 juillet. © Nic Bothma/EPA/Maxppp

Si certaines manifestations culturelles n’auront pas lieu cet été pour les raisons que l’on connaît, d’autres, en revanche, ont décidé de voir le jour. C’est le cas du festival Notte Sacre qui débute ce vendredi 9 juillet à Ajaccio.

"Ça faisait très longtemps que j’avais en tête de faire un événement musical, confie Sabine Rognoni, présidente de l’association Notte Sacre. Je voulais faire quelque chose qui n’existait pas. Jean-Jacques Ottaviani – qui fait lui aussi partie de l’association - m’a fait remarquer qu’il n’y avait pas en Corse de festival consacré au chant et à la musique sacrés. Or, ils font partie intégrante de notre culture depuis toujours. On a donc creusé l’idée et c’est notamment grâce à cette discussion que tout a commencé…"

Du 9 au 11 juillet, l'association Notte Sacre organise à Ajaccio son premier festival dédié au chant et à la musique sacrés.
Du 9 au 11 juillet, l'association Notte Sacre organise à Ajaccio son premier festival dédié au chant et à la musique sacrés. © Association Notte Sacre

Jusqu’au dimanche 11 juillet, polyphonie, musique classique et même fado vont donc résonner dans différents lieux de la cité impériale : la paroisse Saint-Jean Baptiste, la place d’Austerlitz, les églises Saint-Erasme et Saint-Roch, le Palais Fesch. Autant de sites choisis pour également mettre en valeur le patrimoine historique et culturel de la ville. "On a travaillé plus que main dans la main avec l'Office intercommunal de tourisme du pays ajaccien, indique Sabine Rognoni. L’office et sa présidente nous ont tout de suite suivis dans le projet. C’est vraiment une co-organisation."

A Filetta en ouverture

Pendant le festival, trois représentations sont programmées chaque jour : une le matin à 11 heures (gratuite) "avec une pointe un peu plus classique et des ensembles instrumentaux", une à 19h30 avec "des formations un peu plus importantes" et, enfin, la dernière à 21h30 avec le "grand concert nocturne" au théâtre de verdure du Casone.

Côté programmation, les organisateurs l’ont voulue à la fois "ancrée dans la « corsité » mais aussi variée et ouverte sur l’international". Avec comme leitmotiv de rappeler que le chant et la musique sacrés sont universels et largement répandus dans le bassin méditerranéen. "Notte Sacre fait donc réellement se confronter diverses esthétiques : le chant polyphonique corse, une grande artiste internationale et plusieurs formations de musique classique. Un soutien à l’émergence est encouragé puisque la programmation fait la part belle à de nombreux jeunes artistes insulaires, ainsi qu’à la création artistique originale."

Parmi les têtes d’affiche, A Filetta ouvrira les festivités le premier soir. "C’est le groupe emblématique corse en matière de polyphonie, de transmission et de création contemporaine. D’ailleurs, A Filetta a spécialement préparé une création pour l’événement autour du chant sacré. On ne se voyait pas solliciter un autre groupe pour ouvrir le festival."

Le samedi, l’ensemble musical Cameratta Figarella d’Ange Sierakowski et ses nombreux musiciens insulaires venus des plus grands orchestres d’Europe revisiteront "Les sept dernières paroles du Christ en Croix" de Joseph Haydn. Là aussi, il s’agit d’une création originale pour l’événement.

Katia Guerreiro, star du fado

Le dimanche, la scène du Casone changera de langue et de registre avec Katia Guerreiro. Considérée comme l’une des plus importantes interprètes actuelles de fado, cette chanteuse portugaise mondialement connue incarne mieux que tout autre la voie originelle de ce chant mélancolique et nostalgique. "Comme A Filetta et Cameratta Figarella, Katia Guerreiro a tout de suite adhéré au projet."  

Productrice dans l'audiovisuel, Sabine Rognoni avait notamment déjà travaillé avec la chanteuse portugaise dans le cadre de l’émission « Mezzo Voce. "À la seconde où on a fait la visio pour lui expliquer notre projet, Katia a dit oui instantanément."

Katia Guerreiro est considérée comme l’une des plus importantes interprètes actuelles de fado.
Katia Guerreiro est considérée comme l’une des plus importantes interprètes actuelles de fado. © J.J.Guillen/EPA/Maxppp

En marge des trois "grands concerts nocturnes", d’autres formations insulaires se produiront tout au long des trois jours : l’ensemble Sull’Aria, le groupe Spartimu, le Duetto Tamaci et ses guitares romantique sou encore le duo Lodica.

"Susciter l’envie"

Avec cette première édition, les organisateurs souhaitent rendre hommage à cet art liturgique tout en rappelant son caractère universel :  "Tout le monde peut y trouver son compte. Ce n’est pas religieux au sens strict, explique Sabine Rognoni. On veut susciter l’envie, mettre en valeur les artistes corses et aussi donner à entendre des esthétiques vers lesquelles on ne va pas forcément. Là, cette année, c’est le fado. L’an prochain ça pourrait être du chant amazigh ou du negro spiritual."

Une manière de dire que ce nouveau festival est voué à perdurer dans le temps. Avec, pour les prochaines éditions, d’autres festivités qui n’ont pu être mises en place cette année en raison de la crise sanitaire.

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