Corse : les infirmiers des services de réanimation en grève pour la reconnaissance de leurs compétences

Ce mardi 11 mai, les soignants des services de réanimation des hôpitaux publics de Corse sont en grève. Comme au niveau national, ils réclament la reconnaissance et la valorisation de leurs compétences. Illustration à Ajaccio.

Ce mardi 11 mai, les soignants des services de réanimation d'Ajaccio et de Bastia sont en grève.
Ce mardi 11 mai, les soignants des services de réanimation d'Ajaccio et de Bastia sont en grève. © A.A. / FTV

"On est solidaires, ne vous inquiétez pas, on vous soutient", lance un homme à un groupe d'infirmières rassemblées, en blouse jaune, devant les portes d'un centre commercial ajaccien. Toutes en poste au service de réanimation du centre hospitalier de la ville, ce mardi 11 mai répondant à un appel national, elles sont en grève.

Munies de tracts, elles proposent aux passants de signer une pétition en ligne afin, notamment, de voir naître un statut particulier pour les soignants exerçant au sein de ces services ainsi qu'une revalorisation salariale. "Ce sont des compétences que l'on acquiert sur plus d'une année, qui nécessitent des heures supplémentaires de formation théorique et pratique. Il y a aussi une mobilisation assez riche et nous aimerions les faire valoir", explique Magalie.

Devant les portes de supermarchés de la région ajaccienne, des infirmières en réanimation proposent aux passants de signer leur pétition.
Devant les portes de supermarchés de la région ajaccienne, des infirmières en réanimation proposent aux passants de signer leur pétition. © A.A. / FTV

Des revendications défendues depuis de nombreuses années et qui se sont amplifiées avec la crise sanitaire du coronavirus. "Le Covid19 a augmenté la charge de travail et toutes les techniques de réanimation. Cela a aussi permis de nous mettre un peu en lumière et la population nous soutient", confie Delphine.

Soutiens politiques

En début d'après-midi, toutes ont rejoint leurs collègues déjà rassemblés devant l'entrée de l'Agence régionale de santé (ARS) de Corse. Après une photo de groupe sous une pluie battante, une délégation est reçue par la direction. Une première.

Simultanément, deux représentantes ont été reçues au conseil de surveillance de l'hôpital d'Ajaccio pour décrire le quotidien de leur service. L'instance est présidée par Laurent Marcangeli, également maire de la ville et candidat aux élections territoriales de 20 au 27 juin prochains. "Depuis le début de la crise sanitaire je m'efforce de faire entendre la voix de l'hôpital public qui ici, et ailleurs, fait l'objet d'une très grande pression. Je veux dire aujourd'hui toute l'admiration que j'ai pour l'ensemble des personnels soignants. Nous sommes très à l'écoute et très conscients des difficultés que vous rencontrez", déclare-t-il. Il promet de faire remonter les revendications locales des soignants auprès du ministre de la Santé.

Le message d'un des infirmiers mobilisés ce mardi 11 mai.
Le message d'un des infirmiers mobilisés ce mardi 11 mai. © A.A. / FTV

Quelques heures plus tard, devant les locaux de l'ARS, les soignants se regroupent autour d'un téléphone. Ils attendent l'appel de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse et également candidat aux élections territoriales. La conversation débute, le silence se fait. "On est avec vous. On sait très bien que l'on ne va pas pouvoir continuer comme ça, ça va être un bras de fer et un combat de longue haleine mais il est indispensable d'entendre ce que vous dites", déclare Gilles Simeoni.

En fin de journée, la pétition en ligne lancée par les soignants insulaires affichait près de 2.300 signatures.

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