Grève de la faim d'un militant nationaliste : Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni écrivent au ministre de la Justice

Les présidents du conseil exécutif et de l'Assemblée de Corse Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni ont interpellé dimanche le gouvernement sur la situation "très inquiétante" d'un militant nationaliste en détention provisoire et en grève de la faim depuis 12 jours.
Les présidents du conseil exécutif et de l'Assemblée de Corse Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.
Les présidents du conseil exécutif et de l'Assemblée de Corse Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. © CHRISTOPHE PETIT TESSON / MaxPPP
Le 11 octobre, neuf personnes, dont Jean-Pierre Santini, avaient été mises en examen pour "association de malfaiteurs terroriste", "destruction ou dégradation en réunion" et pour le "transport et l'acquisition d'armes de catégorie A ou B", le tout en relation avec une entreprise terroriste, dans une enquête sur des tirs visant le groupement de gendarmerie du quartier de Montesoro à Bastia (Haute-Corse), en juillet dernier.

Trois de ces personnes ont été placées en détention provisoire, parmi lesquelles Jean-Pierre Santini, militant nationaliste et écrivain né en 1944.

"Après échange avec la famille de Jean-Pierre Santini et le président du Conseil Exécutif, nous sommes convenus d'intervenir auprès du ministre de la justice, afin d'alerter sur cette situation très inquiétante", écrit Jean-Guy Talamoni dans un communiqué. De son côté, Gilles Simeoni précise que Jean-Pierre Santini, présentant "une santé fragile", s'affirme "innocent des faits qui lui sont reprochés" et que "s'estimant l'objet d'un traitement +injuste et absurde+"  il observe une grève de la faim "depuis maintenant 12 jours": "La situation actuelle met en danger sa santé et sa vie".

"J'ai adressé une lettre au garde des Sceaux, aux fins qu'à travers lui le gouvernement soit parfaitement informé de ce qui est en train de se passer, et que puisse être trouvée sans délai, dans le respect du principe de la séparation des pouvoirs et d'indépendance de la justice, une solution de nature à éviter toute issue dramatique", écrit-il encore. Les interpellations avaient été effectuées dans le cadre d'une commission rogatoire de juges d'instruction antiterroristes parisiens portant sur ces tirs d'armes à feu perpétrés dans la nuit du 13 au 14 juillet, ainsi que pour deux conférences de presse, dont celle du 14 juillet 2020 à l'occasion de laquelle l'acte contre la gendarmerie de Montesoro avait été revendiqué par un commando de quatre hommes armés et cagoulés se réclamant du Front de libération nationale corse (FLNC).

Après quatre décennies marquées par plus de 4.500 attentats revendiqués, la branche principale du FLNC avait pris la "décision historique" de déposer les armes en 2014, mais d'autres branches de l'organisation corse ont depuis revendiqué des actions violentes.
 
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