Football : la dénonciation du "racisme anti-corse", un "grand classique" pour des spécialistes

Les réactions politiques s’enchaînent suites aux incidents qui ont émaillé les rencontres de l’AC Ajaccio et le Havre AC. Des réactions qui selon certains spécialistes sont un « grand classique » et qui s’explique par un « phénomène victimaire ».

« Racisme anti-corse », « lynchage médiatique », « insultés par le plus grand quotidien français ». La classe politique insulaire est montée au créneau suite aux réactions aux incidents qui ont émaillé les rencontres entre l’AC Ajaccio et Le Havre AC vendredi et dimanche derniers.

Dans ce contexte, plusieurs spécialistes ont livré leurs analyses à l’AFP. Selon eux, ces prises de position liées à des rencontres sportives sont un « grand classique » en Corse. Car la discipline est, notamment, un vecteur identitaire fort en Corse.

Cette levée de bouclier de la part des élus insulaire s’explique en un point majeur selon Didier Rey, historien et professeur à l’université de Corse : le phénomène victimaire.

« Vous avez la partie continentale et la partie insulaire, les deux se sentent agressées. L’une sur le terrain, et par rapport au comportement réel ou supposé des supporters ou des équipes insulaires. Les Corses se sentant dénigrés systématiquement et pensant que les incidents sont grossis systématiquement et que les sanctions sont différentes en fonction du présumé coupable », souligne-t-il.

« Le foot permet de jouer sur la victimisation »


Une thèse que soutient Thierry Dominici, docteur en sciences politiques et spécialiste de la Corse à l’Université de Bordeaux. « La force du foot, c’est que ça permet de jouer sur la victimisation, et ça marche très bien pour les mouvements politiques qui jouent eux-mêmes sur une revendication victimaire », complète-t-il.

Le week-end dernier, les rencontres entre l’AC Ajaccio et Le Havre AC ont été marquées par de nombreux incidents. Vendredi, le car des joueurs de l’équipe normande a été la cible de projectiles de certains supporters acéistes. Des actes ayant entraîné le report de la partie au dimanche.

Ce jour-là, d’autres débordements ont été constatés par le camp havrais, notamment des insultes racistes. La députée de Seine-Maritime, Agnès Firmin le Bodo, ainsi que le président du Havre, Vincent Volpé, ont dit avoir été exfiltrés d’une tribune du stade François-Coty à Ajaccio. Vincent Volpé affirme aussi avoir été agressé physiquement.