Archéologie : cette année, l’épave de Paragan a dévoilé de nombreux secrets

La troisième année de fouille de l'épave de Paragan vient de s'achever aux environs de Bonifacio. Les archéologues ont fait cette année de nombreuses découvertes d'objets, confirmant une datation du bateau vers le début du XVIIIe siècle.

Par France 3 Corse ViaStella

Troisième année de fouilles aux environs de Bonifacio, sur une épave datant probablement du début XVIIIe siècle. Jusqu'ici, les archéologues n'ont trouvé que quelques rares fragments de céramique. Et alors que la campagne est sur le point de s'achever, ils font une découverte inattendue.

Un pichet presque entier et de très nombreux morceaux de faïences ligures et provençales préservés plus de trois siècles à quelques mètres seulement de la plage. « On a au moins sept ou huit pichets. On en a presque intacte, il faudrait qu’on commence à le vider et à le nettoyer. Peut-être que le bateau a cogné contre le rocher et après, il s’est enfoncé par l’avant. Toute la partie avant a un peu explosé dans le naufrage. À cette profondeur, la mer a travaillé. Tout ça se trouvait quand même sous un mètre et demi de sable et de bois », explique Franca Cibecchini, responsable de la fouille.




Inscriptions romaines


Les archéologues ne sont pas au bout de leur surprise. Dans la foulée, ils découvrent de nombreux objets en bois, comme une pelle. Des inscriptions romaines, gravées sur la quille, servaient probablement à jauger la cargaison du bateau. « On a trouvé au moins un tonneau. Là, il y a plusieurs éléments encore en place dont des choses assez rares comme les bouchons qui se trouvaient à l’extérieur. On a trouvé énormément d’objet en bois très bien conservés qui nous font penser à une zone de vie à l’avant du bateau », continue Franca Cibecchini.

De nombreuses découvertes qui permettent d'en savoir bien davantage sur l'épave. « Le fait que ce soit un bateau assez plat tend à faire penser à un bateau lié au commerce, de même que la cargaison. Un commerce qui se tiendrait entre Marseille, Gênes, Pise et donc la Corse », indique Hélène Botcazou, archéologue, encadrante pour l’architecture navale.

La fouille 2018 se termine. L'an prochain, une quatrième campagne devrait permettre de révéler les tous derniers secrets de l'épave.


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