"Je vais le tuer" : cette phrase de Franck Elong Abé toujours au centre des interrogations de la commission d'enquête

Comment se fait-il que les propos tenus par l'assassin d'Yvan Colonna, la veille des faits, n'aient pas été signalés ? Une question qui n'a toujours pas trouvé de réponse lors de l'audience du jeudi 23 mars.

L'audience d'aujourd'hui était pour le moins contrastée. Deux questions étaient au cœur des débats après les audiences précédentes. L'une d'elles a trouvé une réponse, l'autre reste plus que jamais d'actualité...

Indic ?

La séance s'est déroulée à huis clos. Le chef du renseignement pénitentiaire de Marseille et son délégué à la centrale d'Arles étaient entendus pour la deuxième fois, alors que lors de leur premier passage devant la commission d'enquête, ils s'étaient retranchés derrière le secret défense pour ne pas répondre clairement aux questionnements sur l'éventuel rôle d'indicateur de Franck Elong Abé. 

Cette fois, selon Laurent Marcangeli, rapporteur de la commission, la réponse ne laisse aucun doute. C'est non. "Si d'aventure nous avions eu la démonstration, d'une manière ou d'une autre, que franck Elong Abé était indicateur pour les services de l'Etat, cela aurait ajouté une gravité supplémentaire, et cela aurait ajouté à la thèse du complot".  

"Je vais le tuer"

L'autre question, c'est une discussion entre Elong Abé et deux autres détenus, entendue par une surveillance la veille de l'agression mortelle dont sera victime Yvan Colonna. Une discussion au cours de laquelle Elong Abé aurait prononcé la phrase "je vais le tuer"

Problème, le PNAT a indiqué que cette observation n'a jamais été inscrite dans la fiche carcérale de Franck Elong Abé. Et pourtant, les deux hommes entendus aujourd'hui ont confirmé que cette discussion avait bien eu lieu. 

En revanche, aucune explication sur le fait qu'elle n'ait pas été inscrite dans la fiche Genesis du détenu, alors que cette information aurait immédiatement entraîné une surveillance accrue de Franck Elong Abé. Une surveillance accrue qui n'a jamais été mise en place. 

"On est dans un embrouillamini et une fragilité énormes, à tout le moins, qui donne au doute une dimension très importante", selon Jean-Félix Acquaviva, le président de la commission, qui n'exclut pas que l'information ait été effacée a posteriori. "Il y a une extrême contradiction sur le logiciel. Si le PNAT, par anticipation de ce qui pourrait être investigué, fouillé, suite à des sollicitations judiciaires, de notre part ou de celle des parties civiles, dit qu'il n'y a pas de preuves, c'est une réaction que l'on juge défensive. Il n'y  pas de preuves aujourd'hui mais il y a un grand trouble sur la manière dont ça s'est passé".  

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Paul Salort plateau sur les nouvelles auditions de la commission d'enquête / Yvan Colonna / 23/03/2023 ©FTV
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