Corse : pour Jacques Follorou, "il y a une emprise criminelle sur la société insulaire"

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Écrit par A. Stromboni

Journaliste au Monde, Jacques Follorou est l’auteur d’un nouveau livre sur le grand banditisme insulaire qui sort ce jeudi en librairie. Intitulé "Mafia corse, une île sous influence" (Robert Laffont), l’ouvrage s’intéresse aux rapports entre les voyous et le monde politique insulaire.

Après deux décennies d’analyse du crime organisé corse, jalonnées par l’écriture de trois livres sur le sujet, le journaliste du Monde en a rédigé un quatrième qui paraît ce jeudi 2 juin.

Cette fois, Jacques Follorou "entend s’attaquer à la partie la plus complexe de ce monde occulte : la relation entre des voyous devenus mafieux et des élus", indique son éditeur, Robert Laffont, en guise de présentation de ce nouvel ouvrage au sujet duquel son auteur précise : "ce livre-là, je n’aurais pas pu l’écrire auparavant". Et d’expliquer : "pour la première fois, je me sens capable de travailler sur ce lien entre voyous et politiques. Ce que je ne pouvais pas faire avant faute de suffisamment de connaissancesC’est ça la nouveauté et l’originalité de ce livre."

Le résultat est une plongée dans les abysses d’une société corse dont, selon lui, "les mécanismes démocratiques, institutionnels, économiques et sociaux sont tous touchés" par ce fléau qu’il nomme "mafia".

À l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, le journaliste d’investigation a accordé un long entretien à France 3 Corse ViaStella.

France 3 Corse : Votre nouveau livre qui sort ce jeudi s’intitule "Mafia corse, une île sous influence" (Robert Laffont, 256 p.). À l'inverse de l'État et de plusieurs politiques, vous prononcez et écrivez le terme de mafia concernant la Corse…

Jacques Follorou : Oui. Pour moi, ce n’est pas une hypothèse théorique. C’est vraiment le fruit de plus de 20 ans d’observation qui m’ont fait considérer qu’il y a une emprise criminelle sur une société, une emprise des voyous sur la politique, sur l’économie et sur un territoire. Cependant, je suis régulièrement confronté à des gens soit en Corse soit du côté de l’État et de certaines autorités judiciaires et policières qui contestent le mot mafia. Pour moi, ils commettent une grave erreur d’analyse car la mafia ne définit pas un mode d’organisation mais un phénomène de violence organisée.

Ensuite, cette violence-là, très spécifique et singulière, se décline différemment selon le pays, la région, la culture, la relation des voyous avec l’État et la réaction de ce même État. Si on ne nomme pas correctement les choses, on laisse finalement le préjudice perdurer et les premières victimes de tout cela, ce sont les Corses et la société corse.  

Si l’on compare cet ouvrage à votre premier livre sur le milieu insulaire, Les Parrains corses (Fayard), écrit avec Vincent Nouzille en 2004, il semblerait ici que le terme de mafia ait pris le pas sur l’expression "grand banditisme". Est-ce une simple impression ?

Il y a des choses objectives. C’est un sillon que je creuse et un fil que je tire depuis longtemps. C’est vrai que le terme de mafia a surgi de temps en temps, notamment du côté de l’État. On se souvient qu’après l’assassinat de Jacques Nacer, alors président de la chambre de commerce et d’industrie de Corse-du-Sud, en novembre 2012, le Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, avait dénoncé l’existence d’un crime organisé et de son emprise sur une société. Son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait prononcé le mot mafia.

Après, du côté de l’État, c’est très inconstant. Christiane Taubira, qui était ministre de la Justice, rechignait à le prononcer. Pour Mme Chevalier, l’ancienne préfète de Corse, il n’existait pas de mafia. L’actuel procureur général de Bastia nie également son existence. Du côté de l’État, on voit donc que l’institution ne parle pas d’une seule voix, ne partage pas la même analyse et peut-être la même connaissance.

Du côté de la société civile corse, on a vu apparaître ce mot-là avec les deux collectifs antimafia qui se sont créés de façon concomitante en 2019. Ce sont eux qui prononcent le mot mafia.

Dans le prologue du livre puis dans l’épilogue, vous pointez la responsabilité de l’Etat. Néanmoins, celle-ci semble quelque peu disparaître dans le récit. Est-ce une manière de montrer que cette responsabilité s’estompe derrière un phénomène plus local dans lequel elle serait moins perceptible ?

Pour comprendre l’organisation de cette société, il faut descendre très bas. Et pour un tiers extérieur comme moi, qui a l’atout de ne pas être lié par tout ce maillage social, tout l’enjeu est aussi d’avoir suffisamment de capteurs et d’outils de compréhension pour décrire au plus près la réalité du fonctionnement de cette société-là.

Ce livre, je n’aurais pas été capable de l’écrire avant. À la différence des autres, je me suis davantage émancipé des procédures judiciaires et policières. J’ai pris plus de distance car je me suis davantage autorisé à décrire des personnages et leur parcours individuel au sein de la société corse. Je vais aussi plus profondément dans la description de la complexité des liens de dépendance, de sujétion.

Par exemple, j’ai mis beaucoup de temps à comprendre et à avoir assez d’informations pour décrire les bouleversements d’alliances politiques au sein du clan Giacobbi en Haute-Corse. Je me suis intéressé aux raisons pour lesquelles son proche conseiller, Dominique Domarchi (assassiné en 2011, ndlr), avait initié un changement d’alliances politiques sur la Plaine orientale qui, ensuite, allait entraîner en cascade des bouleversements, des affrontements et des règlements de compte sur toute la microrégion.

Vous évoquiez les collectifs antimafia. Peuvent-ils constituer un véritable rempart face au crime organisé ? Ou au contraire, leur action peut-elle s'essouffler ?

Ces collectifs, qui prennent part au débat public et politique sur l’île, constituent un mouvement résurgent qui est ancien. Tout cela se cristallise par un niveau de conscience et aussi de violence qui est supporté depuis très longtemps jusqu’au moment où le corps social dit non et réagit à des événements dramatiques ; cela peut être la mort de Maxime Susini ou l’incendie de la concession moto de Jean-André Miniconi. Cette expression-là est concomitante et se cristallise sur des faits précis. Après, la manière dont ces mouvements totalement nouveaux peuvent trouver leur place dans l’organisation du débat public en Corse est un autre problème. J’ai toujours été frappé par le fait que le vrai débat, la véritable opposition d’idées, était quand même relativement modeste, voire faible dans l’île. C’est dur d’y faire exister un vrai débat. Ces deux collectifs sont donc confrontés à des problèmes de positionnement, à d’autres inhérents aux questions de personnes, et aussi à l’État qui a été d’un soutien extrêmement faible et ne les a absolument pas encouragés à se structurer.

Depuis décembre 2015, les nationalistes sont au pouvoir dans l’île. Que pensez-vous de la position de l’Exécutif insulaire sur cette question de la mafia ?

Il y a un discours que l’on pourrait qualifier soit d’habile, soit d’un peu ambivalent des autorités politiques corses. Gilles Simeoni, dans un premier temps, avait dit publiquement sur France 3 "qu’il existe un problème mafieux ancien, qui concerne aussi les nationalistes". Les mots étaient forts. Il promettait ce jour-là un débat au sein de l’Assemblée de Corse afin de parler justement de l’emprise mafieuse sur la société corse. On était en 2019. Nous sommes en 2022 et, à ma connaissance, ce débat n’a toujours pas eu lieu.

Cela complique donc l’installation de ce discours-là et, finalement, le travail de ces collectifs car le message est brouillé. L’un des grands regrets, et je pense au discours que peuvent avoir les collectifs, est qu’en sept ans, le pouvoir autonomiste et nationaliste n’a en rien freiné ce parasitisme social et cette gangrène.

Le fait que les instances régionales et nationales aient du mal à se positionner peut-il être le révélateur d’une pression mafieuse sur des élus ?

La question de l’impuissance des autorités politiques locales ou nationales, de l’Etat, sur l’existence d’une emprise spécifique sur un bout du territoire, peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Il peut y avoir  en effet de la complexité locale. Si jamais on prend pour hypothèse qu’il y a un système mafieux spécifique qui a réussi à s’enraciner dans la société corse, de fait, les voyous exercent une forme de pression et de terreur sur le pouvoir politique local ; ils ont les moyens de faire pression sur les gens. En Corse, ce ne sont pas que des mots. Je le répète toujours à mes interlocuteurs sur le Continent : des gens qui n’ont rien de voyous, qui sont des fonctionnaires, des maires etc. ont payé de leur vie. En Corse, on peut mourir à cause de ça.

Vous le rappelez d’ailleurs dans le livre...

Il faut tout le temps le rappeler. C’est ce qui fait que c’est un vrai sujet et que ça a du sens pour moi de continuer à travailler dessus. Finalement, la raison de l’absence de réactivité ou de mobilisation est peut-être en effet liée aux espèces d’ambivalences, à des loyautés plus diverses qu’on ne le croit qui font qu’on va être moins offensif, moins réactif. Du côté de l’État, je vois aussi une forme de paresse intellectuelle, une forme de doctrine totalement inadaptée à la situation insulaire avec un État tout puissant dont l’autorité ne saurait être contestée par un pouvoir parallèle. Or, pour moi, c’est le cas en Corse.

L’emprise de la mafia insulaire est diffuse et ne se fait pas uniquement par l’acte de violence.  Elle se fait en amont sur l’influence des gens, sur celle des marchés publics. La mafia s’efforce toujours de ne jamais apparaître au premier rang. Selon moi, en France, le problème intrinsèque vient du fait que le cadre légal et les outils juridiques ne sont pas adaptés à la nature de cette violence organisée.

Le statut de repenti - officiellement en vigueur en France depuis 2014 - pourrait être l’un de ces outils. Or, pour l’instant, seul Patrick Giovannoni a témoigné aux Assises. Le statut a été refusé à Claude Chossat car il était accusé puis condamné pour un crime de sang. Cela témoigne-t-il d'un système pas assez efficace ? Inadapté ?

La question de la loi sur les repentis incarne le déni dans lequel se trouve non seulement l’État mais aussi la démocratie. C’est-à-dire que les élus de la République française ont légiféré sur la question du repenti non en fonction d’une efficacité - et donc en fonction d'une connaissance très concrète du fonctionnement du crime organisé corse - mais selon des considérations morales. Ils ont considéré que si un individu était directement lié à un crime de sang, on ne pouvait pas lui faire confiance. Finalement, cela tue dans l’œuf cette loi qui, au contraire, permettait de rééquilibrer un peu le rapport de force entre la justice, l’État et le crime organisé. Aujourd’hui, cela oblige les magistrats à jongler et finalement à affaiblir la procédure.

Vous consacrez toute une partie de votre enquête à l’assassinat de Jean Leccia (Directeur général des services du conseil général de Haute-Corse) sur fond de marchés publics pour les enrobés. Vous intitulez le chapitre "Jean Leccia, cadavre exquis". Cela signifie-t-il que le choix de la victime est destiné à faire passer un message au sein même du pouvoir politique ?

Je pense que c'est vraiment le propre d’un système mafieux. La violence n’est jamais gratuite. C’est évidemment un message adressé à plusieurs publics et à destination multiple. Cela peut être pour des affaires locales. Mais plus globalement, c’est un message adressé à la société corse. Les assassinats d’Antoine Sollacaro et de Jacques Nacer sont, pour moi, destinés à régler des rapports de force locaux et immédiats, mais ce sont aussi des actes transgressifs et fondateurs : c’est un message adressé à la société par les voyous qui disent : « écoutez, nous, on prend le pouvoir de cette manière-là. » C’est une prise de pouvoir sur les consciences qui crée un rapport de force avec le pouvoir politique local. Ensuite, il y a une autre caractéristique dans l’île : celle d’un système mafieux capable de tenir à distance la justice et la pression policière. Le crime organisé corse est définitivement capable d’organiser l’impunité. Même si la justice a pu connaître des succès, avec des condamnations très lourdes, il y a aussi eu des échecs.

L’ordonnance de non-lieu rendue récemment par un juge d’instruction de la Jirs de Marseille concernant l’enquête sur l’assassinat de Jacques Nacer en est-elle un exemple ?

Le non-lieu général dans cette affaire est d’autant plus désastreux que cet assassinat est le seul moment, à ma connaissance, où l’État a porté à un tel niveau la parole contre l’emprise mafieuse. Après l’assassinat de Jacques Nacer, et non pas après celui d’Antoine Sollacaro, Manuel Valls et Christiane Taubira atterrissent à Ajaccio et annoncent des renforts mais surtout une nouvelle circulaire de politique pénale pour lutter contre le crime organisé en Corse. Ils portent alors la parole du Premier ministre et du président de la République. Le Premier ministre de l’époque met des mots forts en disant qu’il y a une violence organisée spécifique en Corse. Et aujourd’hui, près de dix ans après, la justice avoue son impuissance en prononçant un non-lieu général sur une telle affaire.

En octobre dernier, vous révéliez dans le journal Le Monde un rapport confidentiel de la Jirs, soumis à la chancellerie début 2020 et visant notamment à demander la création d'un pôle antimafia. Les magistrats de la juridiction déploraient aussi l'absence de réponse du ministère et un "manque de volonté politique". Est-ce justifié ?

Ce rapport est très symptomatique de la grande difficulté qu’a l’État à adapter ses moyens dans sa lutte contre un crime organisé. Les magistrats de la Jirs sont ceux qui sont sur le front judiciaire de la lutte contre le crime organisé corse avec les personnes du BDLC (Bureau de liaison corse). Ce rapport-là a été adressé à l’interne, en voulant sensibiliser les autorités administratives et politiques du pays. En plus de leur travail, ces magistrats ont passé en revue dix ans de procédure sur la Corse - de 2009 à 2019 -. C’est donc exhaustif. À la faveur des examens de tous ces dossiers, ils disent qu’il leur faut un pôle antimafia corse, des moyens juridiques spécifiques, une police spécifique. Il faut réécrire le texte sur les repentis. On voit bien qu’il y a un chantier à mener. Et la réponse de l’institution est de dire qu’il n’y a pas d’urgence, qu’elle a déjà fait beaucoup et que la priorité n’est pas forcément là. Ça, c’est un autre élément de réponse. En effet, vu de Paris, la Corse n’est pas forcément une priorité. C’en est une quand on tue un préfet, mais ça ne l’est pas quand on tue quelqu’un suspecté d'être un voyou ou d’avoir des liens avec le milieu.

Les faits traités dans votre enquête s’échelonnent principalement sur la décennie 2010-2020. Quid du grand banditisme insulaire à l’heure actuelle. A-t-il, selon vous, la même composition et la même forme qu’il y a 3 ou 4 ans ?

Dans le dernier chapitre intitulé "Open Bar pour les mafieux", je relate des événements ayant eu lieu entre 2020-2021. Je commence notamment par une action qui n’a, a priori, rien de spectaculaire : l’élection du président du syndicat intercommunal d’électrification de Haute Corse. Il faut donc des éléments pour travailler là-dessus. Déjà, pour quelqu’un d’extérieur comme moi, je peux vous dire qu’il en faut des années pour arriver à mettre le curseur là où il faut et à définir assez finement comment s’exerce une influence du milieu criminel sur des élections qui paraissent totalement anodines vues de l’extérieur. Est-ce un sujet sensible vu de Paris ? A priori non. Alors qu’en fait, en décortiquant tous les enjeux et tous les rapports de force qui se jouent autour de cette élection-là, on s’aperçoit qu’on est au cœur du sujet. Si on tire la pelote, on arrive à des piliers de la pègre qui sont en prison. Honnêtement, je n’étais pas capable de faire ça avant et j’ai l’impression d’avoir progressé dans ma description du phénomène.

Vous revenez également sur la tuerie de Silvareccio en juillet 2013 qui avait fait trois morts sur le bord d’une route. Diriez-vous que le monde des voyous insulaires est plus violent qu’il y a 30 ans ?

Je pense que la violence est inhérente et reste le propre d’une mafia. Les voyous et les systèmes mafieux s’entretuent. La différence entre un crime désorganisé et organisé, c’est que pour le second, la violence est justement organisée. Avant de tuer, on va d’abord tenter de régler ça autrement parce que la mafia évite a tout prix d’attirer l’attention sur elle. Elle a cette capacité finalement d’interagir avec son environnement, ce qui n’est pas le propre de voyous qui vivent au ban de la société. La mafia corse ne vit pas au ban de la société, elle la gangrène et la parasite. Les voyous qui la dirigent ont cette intelligence collective, organisationnelle. On l’a vu sur Ajaccio, où des équipes rivales ont pu être capables de faire taire les armes car cela générait trop de pression sur un groupe ou l’autre. Cette organisation-là perdure.

Aujourd’hui, les jeunes voyous ne viennent pas de nulle part. Ils font leurs armes auprès de gens plus capés, plus anciens. Il y a donc une culture criminelle qui a commencé au milieu des années 1980. Que ce soit les barons de la pègre, dont certains sont actuellement en prison, ou de jeunes pousses qui veulent prendre la place, il est peut-être encore plus compliqué de lutter aujourd’hui contre cette mafia car ce sont des équipes, pour certaines atomisées, mais qui s’inscrivent toutes néanmoins dans une histoire criminelle ancienne. 

En écrivant ce nouveau livre, qu’avez-vous appris de plus sur la Corse et son crime organisé ?

Avec ce livre, j’ai pu vraiment visualiser le fait que la mafia corse naît au début des années 80 avec la Brise de mer et le retour de Jean-Jé Colonna sur l’île. Avant, c'étaient des grands voyous corses qui étaient sur le Continent ou à l’étranger. La mafia corse naît donc avec la décentralisation et est en fait assez jeune.

Grâce à ce travail-là, j’ai pu voir qu’à partir des années 80, notamment en Haute-Corse, comment la Brise de mer a pesé de façon lourde et sensible sur la désignation du patron de la chambre de commerce, sur celle du comité des commerçants puis enfin sur le Conseil général qui concentrait énormément de marchés importants. Après la disparition des piliers de ce système mafieux entre 2006 et 2009 pour des raisons diverses, on s’aperçoit que, 10 ans après, le système a perduré, en ayant sur la dernière séquence des autonomistes et nationalistes au pouvoir.

Aujourd’hui, la Corse est gravement malade parce que ce sont les mécanismes démocratiques, institutionnels, économiques et sociaux qui sont touchés. Que ce soit l’action de l’État, les nationalistes, la mandature précédente, la société insulaire, même l’opinion publique, rien n’a empêché ce système mafieux de s’enraciner et de parasiter la société corse.