Les deux partis indépendantistes ont tenu chacun leur conférence de presse à Bastia et à Ajaccio pour critiquer la visite du président jugée « pathétique » et ses discours « haineux ».
Corsica Libera a réuni une cinquantaine de militants devant l’Alb’Oru à Bastia, samedi matin, pour dénoncer les « discours haineux, provocateurs et méprisants » d’Emmanuel Macron, lors de sa venue en Corse le 6 et 7 février dernier. Parmi les militants, Jean-Guy Talamoni, le président de l'Assemblée de corse, qui n'a cependant pas pris la parole, ainsi que les autres élus indépendantistes au sein de la majorité nationaliste à la Collectivité territoriale unique de Corse.
Dans un communiqué, Corsica Libera a analysé le fond du discours du chef de l’Etat, pour dénoncer des « affirmations totalement fausses ou volontairement déformées dans une tentative évidente de manipulation de l’opinion ». Le parti rappelle notamment que le statut de résident n’est pas une impasse juridique, comme l’a dit Emmanuel Macron, mais existe bel et bien en Europe, citant les cas de Bruxelles, du Danemark, de Malte, etc.
On est venu dans notre pays nous expliquer que nous n’étions ni un peuple, ni une nation, et que la démocratie, le respect du suffrage universel, ne s’appliquaient pas aux Corses. Conf de presse samedi, 10h00, l’Alb'Oru à Bastia en réponse au mépris et aux manipulations affichés. pic.twitter.com/BFPVzS8vhp
— CORSICA LIBERA (@CORSICA_LIBERA) 9 février 2018
Corsica Libera pointe également du doigt « la volonté affichée de décrédibiliser les institutions de la Corse en cherchant à infantiliser et à vexer […] les élus de la majorité territoriale ». Une référence à la réaction du président à l’absence des élus nationalistes lors de sa visite de l’INRA à San Giuliano : « Il y a un peuple, il y a une souveraineté, et ensuite il y a des élections locales », avait-il déclaré.
Une référence également au discours d’Emmanuel Macron à l’Alb’Oru où il avait insisté : « Comment souhaiter une autonomie fiscale et en même temps demander encore plus à la solidarité nationale ? ». Chose que ne demandaient pas les nationalistes mais qui, estime le parti, laisse penser que « les Corses usent et abusent de la "solidarité nationale" ».
Un « déni de démocratie » pour Core in fronte
Même esprit contestataire du côté de Core in fronte, qui s’est réuni à Ajaccio samedi à 11h, autour de Paul Félix Benedetti. Le parti a qualifié le discours du président de « non acceptable et néocolonial » et s’est notamment offusqué du possible aménagement des loi littoral et montagne « visant à anihiler le peuple corse ».
« On a eu un discours passéiste, rétrograde avec des incongruités économiques, des incohérences culturelles et historiques », énumère Jean-Marc Lanfranchi.
Lui aussi critique la condescendance et du président lors de sa venue. Et il ne mâche pas ses mots :
Conclusion de Core in fronte dans son communiqué : « La Corse doit définir son propre rapport au monde, sans passer par le prisme français. »C’est ce petit monsieur monté sur ses ergots qui aujourd’hui est méprisable. Se comporter de la sorte alors qu’il y a une majorité qui est venue exprimer des souhaits, c’est un déni de démocratie.
"La position de @EmmanuelMacron confirme la justesse de l'analyse de #CoreInFronte depuis plusieurs mois : Il n'y a rien à attendre d'un Etat qui, depuis tout le temps, s'est comporté en Etat colonial".
— Core in Fronte (@coreinfronte) 10 février 2018
Custruimu a Corsica #DaPerNoi #CunferenzaDiStampa pic.twitter.com/22JUluZ5Th