Couvre-feu : le désarroi des patrons de bars face à la fermeture obligatoire

Malmenés par la crise sanitaire et économique, les débits de boisson doivent désormais faire face à une fermeture totale et obligatoire de 6 semaines suite à l'annonce du couvre-feu. Une trentaine de patrons ont manifesté leur mécontentement ce vendredi devant la préfecture d'Ajaccio.

Les patrons et gérants de débit de boisson manifestent ce vendredi devant la préfecture d'Ajaccio.
Les patrons et gérants de débit de boisson manifestent ce vendredi devant la préfecture d'Ajaccio. © Yann BENARD
C'est un véritable "coup de massue" pour les bars et cafés insulaires. Déjà durement touchés par la crise sanitaire, le confinement et la baisse dramatique de la fréquentation touristique, ils doivent désormais fermer leurs portes pendant 6 semaines. 

Dominique Casanova est la patronne du bar-tabac Le Royal à Ajaccio depuis 15 ans, après en avoir hérité la propriété de ses parents. Pour elle, l'annonce survenue jeudi de la fermeture totale et obligatoire pour les débits de boisson est une très mauvaise surprise : "on s'attendait à l'annonce du couvre-feu, mais nous pensions pouvoir rester ouverts jusqu'à 21 heures, quitte à servir quelque chose à manger."
 
Les patrons de bar manifestent devant la préfecture d'Ajaccio

"On s'était préparé à un couvre-feu, mais on pensait au moins pouvoir travailler jusqu'à 21 heures, pour maintenir les emplois et payer les loyers", abonde Christophe Martinetti, propriétaire du bar à vin le 1755 à Ajaccio. Une situation d'autant plus dramatique, alors qu'il affirme avoir déjà dû licencier 4 salariés depuis le début de la crise sanitaire, faute de rentrées d'argent.
 
Christophe Martinetti, patron du 1755, devant la préfecture d'Ajaccio
Christophe Martinetti, patron du 1755, devant la préfecture d'Ajaccio © Yann Benard

"Nous travaillons 8 mois de l'année avec des locaux, et 4 mois avec les touristes français et étrangers. Sans touristes et avec moins de locaux, on ne peut pas continuer", déplore Christophe Martinetti. Un sentiment partagé par Dominique Casanova, dont le bar-tabac, à la clientèle essentiellement locale et habituée, a enregistré une baisse "de 20% à 30% de la fréquentation, en fonction des mois."
 
Pour la patronne, c'est l'incompréhension qui prédomine, alors qu'elle estime avoir mis en place un protocole sanitaire strict, à même de protéger la clientèle et ses employés : "nos serveurs portent le masque, on désinfecte régulièrement les tables. Ici, les clients sont surtout des habitués, ce n'est pas un bar de jeunes où tout le monde est debout et fait la fête."

Si aucun secteur économique n'est épargné par la crise, les débits de boisson ont particulièrement souffert de la crise sanitaire et du confinement. Une situation qui pourrait encore durer, le premier ministre Jean Castex ayant reconnu le 19 octobre que les effets de la crise devraient "s'amplifier" au cours des prochaines semaines.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie coronavirus/covid-19 santé société