Covid19 en Corse : qui peut vacciner ?

Le gouvernement a fixé à 20 millions le nombre de primo-vaccinés à la mi-mai. Ainsi les professions autorisées à administrer les vaccins contre la Covid19 se multiplient. France 3 Corse ViaStella fait le point.

Depuis ce lundi 15 mars les pharmacie sont autorisées à administrer le vaccin AstraZeneca contre le Covid19.
Depuis ce lundi 15 mars les pharmacie sont autorisées à administrer le vaccin AstraZeneca contre le Covid19. © Thomas Samson / Pool / AFP

Accélérer la vaccination contre le Covid19. C'était la volonté du gouvernement en autorisant, ce lundi 15 mars, les pharmacies à administrer le vaccin AstraZeneca. Objectif affiché : atteindre 10 millions de primo-vaccinés à la mi-avril et 20 millions à la mi-mai. 

Problème, alors que les officines ont à peine commencé à s'organiser, Emmanuel Macron annonce en fin de journée, quelques minutes après l'Allemagne, suspendre l'utilisation du vaccin anglo-suédois par précaution, "en espérant la reprendre la plus vite possible si l'avis de l'agence européenne du médicament est favorable." Un choix pris par une douzaine de pays et justifié par des cas de caillots sanguins qui pourraient être liés au vaccin. Pour l'heure, la stratégie nationale de vaccination ne devrait pas être impactée. 

En Corse, 86 % des pharmacies sont aptes à administrer le vaccin AstraZenaca. Mais face aux retards d'approvisionnement, chacune a pu commander deux doses, "ce qui représente 20 possibilités de vacciner", précise l'agence régionale de santé (ARS) de Corse. Pour Christine Quastana, pharmacienne à Bastia, l'annonce de la suspension, est logique. "Il y a quand même eu deux décès et il y a eu des effets secondaires comme des tromboses donc c'est une sage décision", estime-t-elle. 

Pourtant, la patientèle visée, les personnes de plus de 75 ans et les personnes de 50 à 74 ans présentant des comorbidités, était en demande de vaccination. ""Nous avons déjà reçu une trentaine de rendez-vous", reprend la pharmacienne bastiaise. 

"Les pompiers sont déjà très occupés"

Toujours dans cette volonté d'intensifier la cadence, en plus des centres de vaccination et des médecins généralistes, le gouvernement autorise, depuis le 12 mars dernier, les sapeurs-pompiers à administrer tous les vaccins -Pfizer BioNTech, Moderna et AstraZeneca-contre le Covid19.

Si en Corse les modalités ne sont pas encore connues, cette annonce surprise inquiète les soldats du feu. Pour l'heure, seuls les pompiers ayant effectué une formation médicale seront autorisés à vacciner. En Haute-Corse, quelques dizaines de personnes sont concernées sur les 1.400 pompiers professionnels et volontaires.

Des formations devront être menées au risque d'empiéter sur les missions quotidiennes. "Les pompiers sont déjà très occupés, le service d'incendie et de secours de Haute-Corse a déjà réalisé plus de 1.000 interventions Covid en un an. Les sapeurs-pompiers sont sur le front pour porter secours et délivrer un service public de qualité auprès de notre population. Nous sommes des professionnels du secours et à ce titre nous voulons rester des professionnels du secours et non pas des professionnels médicaux", estime Fabrice Riolacci, représentant Haute-Corse CGT Sapeurs-Pompiers.

Les infirmiers libéraux prudents

Pourtant habitués à vacciner contre la grippe, les infirmiers libéraux ne sont, pour l'instant, pas autoriser à vacciner contre le Covid19 à domicile. Si le président de l'ordre national des infirmiers, Patrick Chamboredon, parle d'une "incohérence", en Corse les infirmiers libéraux se veulent prudents.

Ils pointent notamment du doigt "une procédure complexe". "Les vaccins qui sont à dispositions ne sont pas faciles à utiliser, soit parce qu'il faut les conserver au froid ou parce qu'ils nécessitent plusieurs injections. Nous ne sommes pas contre la vaccination à domicile, mais pas dans les conditions actuelles, nous attendons notamment le déploiement du vaccin Johnson & Johnson qui fonctionne comme celui de la grippe", explique Marie-Claude Milhau, présidente de l'union régionales des professionnels de santé (URPS) infirmiers de Corse.

Pourtant, parmi ses patients, quelques-uns sont dans l'incapacité de se déplacer. "Il faut leur trouver une solution et parvenir à les protéger comme cela a été fait dans les Ehpad", souligne la présidente de l'URPS Infirmiers de Corse.

Selon le dernier bilan de l'agence régionale de santé (ARS) de Corse, 36.667 personnes ont reçu une première injection et 16.376 personnes une seconde. En tout, 4.6 % de la population insulaire a été vaccinée.

Alors que certains centres de vaccination ont dû fermer leurs portes faute de doses, l'ARS annonce une forte augmentation de commandes des trois vaccins disponibles – Pfizer, Moderna et AstraZeneca- dans les semaines à venir.

 

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